Synagogue de Zabłudów (1640-1941)

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La synagogue de Zabłudów

La synagogue de Zabłudów est une synagogue en bois, construite en 1640 et détruite par les nazis en juin 1941. La synagogue de Zabłudów peut être considérée comme ayant fait partie des plus grands trésors historiques de la culture juive en Pologne[1].

Zabłudów est une ville polonaise située à 20 km au sud-est de Białystok, peuplée avant la Seconde Guerre mondiale majoritairement par des Juifs. Actuellement la présence juive a été quasiment effacée.

Les Juifs sont arrivés à Zabłudów probablement dans les années 1620. Cette communauté est donc la plus vieille communauté juive dans la région de Białystok[2].

Les premiers Juifs sont arrivés dans la région après avoir émigré de Mazovie, de Grande-Pologne et de Petite-Pologne. La communauté devient rapidement très importante que les réunions du Conseil juif de Lituanie se déroulent dans la ville. Elle est aussi le siège du Beth Din régional.

Le prince Christophe Radziwiłł approuve l'installation des Juifs à Zabłudów et en 1638, il autorise la construction d'une synagogue dans la rue Suraska, à six blocs de la place du Marché. La fameuse synagogue en bois de Zabłudów va survivre jusqu'au , où elle sera détruite par un incendie allumé par les troupes d'occupation allemandes.

Le , Janusz Radziwiłł, alors propriétaire de Zabłudów, précise les droits des Juifs de la ville et les procédures judiciaires les concernant. Au cours des années suivantes, d'autres documents confirment des droits spécifiques aux Juifs. En 1662, en réponse à une plainte déposée par les sages de la Kahal (communauté) de Zabłudów, les commissaires chargés de la surveillance du domaine, permettent aux Juifs de ne pas apparaitre devant la cour du château avant la troisième citation. Cette loi est d'abord approuvée par Bogusław Radziwiłł en 1665, puis confirmée plus tard par la Louise-Caroline Radziwiłł, margravine de Brandebourg, la propriétaire subséquente de Zabłudów. Aussi en 1662, les commissaires examinateurs établissent des règles ordonnant les relations entre Juifs et Chrétiens dans la ville de Zabłudów. Des lois ultérieures publiées la même année, définissent les punitions applicables aux Juifs. En 1687, les trésoriers de Louise-Caroline Radziwiłł autorisent les Juifs à bâtir des halles sur la place du marché central de la ville.

La communauté juive est fondée officiellement en 1655 et approuvée par la communauté du district de Tykocin. Le quartier juif est situé dans la partie nord-ouest de la ville. La plus grande concentration de maisons juives se trouve dans le dénommé Coin juif, près de la synagogue. Des Juifs vivent aussi dans les rues Białystok, Suraska, Szkolna, Łaziebna et Przyrzeczna. En 1765 on recense 831 juifs et 922 en 1807.

Au XVIIIe siècle, l'industrie textile se développe à Zabłudów, et des guildes d'artisans juifs sont fondées pour les professions telles que tailleurs ou travailleurs du cuir. L'usine de textile de Nusbaun Sapir est fondée dans la première moitié du XIXe siècle, et dans la seconde moitié de nombreuses usines importantes se créent comme la fabrique de vêtements Asha, deux moulins à vapeur, cinq importantes tanneries et de nombreux ateliers de tissage plus petits. La petite industrie est majoritairement entre les mains des Juifs.

En plus de la synagogue, on trouve en ville quatre maisons de prière juives et des écoles chrétiennes et juives. La yechiva locale est très renommée pour son haut niveau d'étude[2]. Au tournant du XIXe siècle, un théâtre juif s'ouvre où la majorité des habitants de la ville assiste aux représentations et dont les fonds récoltés servent à financer la bibliothèque populaire juive. Le nombre de Juifs culmine en 1897 à 2 621 sur une population totale de 3 772 habitants, soit 68,8% de la population totale de la ville[2]. La politique devient particulièrement importante vers la fin du XIXe siècle. Les sionistes affiliés à Hovevei Zion (Amants de Sion) commencent leurs activités, et un mouvement de protestation se développe chez les travailleuses juives, exploitées dans les ateliers textiles.

Entre 1905 et 1925, de nombreux Juifs émigrent pour des raisons économiques, principalement aux États-Unis. L'émigration devient massive après la Première Guerre mondiale, et la population juive qui était de 1 816 en 1921, tombe à 152 en 1931[2]. Cet important déclin est provoqué par la crise économique précipitée par la perte du marché russe après la révolution bolchévique. Malgré tout, plusieurs partis politiques restent actifs à Zabłudów, comme le Poale Zion, le Mizrahi et le Bund, ainsi que les écoles juives. Joachan Mirski est le dernier rabbin de Zabłudów.

Dans les années de l'occupation soviétique en 19391941, les artisans et commerçants juifs sont soumis à une collectivisation forcée. De nombreux réfugiés du territoire polonais occupé par l'Allemagne trouvent refuge à Zabłudów[2]. D'après les statistiques, la population juive se trouve multipliée par dix.

Les Allemands entrent à Zabłudów le , et brulent immédiatement un grand nombre de bâtiments en bois de la ville. Ils forcent les Juifs à travailler dans les tanneries ou à la construction de routes et les regroupent dans un ghetto dirigé par un Judenrat (Conseil juif)[2]. Le , environ 1 400 Juifs de Zabłudów sont déportés tout d'abord à Białystok où ils sont logés dans une caserne de cavalerie avant d'être envoyés au camp d'extermination de Treblinka où ils sont immédiatement gazés le .

De nos jours à Zabłudów, il n'y a quasiment plus aucune trace de la présence juive d'avant-guerre, ni tanneries ni magasins juifs, plus de Mikvé (bain rituel) ni de synagogue. Seul reste de cette période au cimetière un Ohel (monument funéraire) d'un rabbin ou tsadik inconnu. Aussi les pinkases (registres de la communauté) datant des années 1650 à 1800 ont survécu jusqu'à présent[3].

La synagogue

Références

Liens externes

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