Syndrome de Mallory-Weiss
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| Spécialité | Gastro-entérologie |
|---|
| CIM-10 | K22.6 |
|---|---|
| CIM-9 | 530.7 |
| DiseasesDB | 7803 |
| MedlinePlus | 000269 |
| eMedicine | 931141 |
| MeSH | D008309 |
| Patient UK | Mallory-weiss-syndrome |
Le syndrome de Mallory-Weiss désigne une (ou plusieurs) dilacération(s), longitudinale(s), de la muqueuse du cardia, c'est-à-dire une ou plusieurs déchirure(s) superficielle(s) de la muqueuse à la jonction entre l'œsophage et l'estomac. Ces plaies sont provoquées par des vomissements répétés et prolongés, ou violents, qui induisent une hémorragie digestive haute parfois massive et mortelle (hématémèse). Une évacuation par l'anus de sang noir, pâteux et nauséabond (méléna) est parfois observée, mais l'hémorragie est habituellement peu grave (sans déglobulisation importante) ; elle s'arrête le plus souvent spontanément.
Ce syndrome a été décrit par George Kenneth Mallory et Soma Weiss (en) en 1929[1].
Symptômes
Le patient ou un soignant observent une hématémèse (présence de sang) dans le vomi (de quelques gouttes à un volume nettement plus important), après un ou plusieurs efforts de vomissements.
Causes
Dans un tiers des cas, le syndrome survient après une prise excessive d'alcool, ou plus rarement chez des patients victime de boulimie (trouble des conduites alimentaires, souvent associé à des vomissements provoqués suivant une séquence d'hyperphagie), ou chez des patients ne respectant pas le régime alimentaire obligatoire après la pose d'un anneau gastrique. Très rarement, chez la personne âgée, un syndrome de Mallory-Weiss peut être déclenché par des résidus alimentaires plutôt que par des vomissements violents[2].
Tout vomissement (même dans le cadre d'une gastro-entérite infectieuse) peut se compliquer d'un syndrome de ce type.
Prévalence, pronostic
Selon Lecleire, en 2010, ce syndrome correspondait à 3 à 10 % des hémorragies digestives hautes[3]. Le saignement peut être de type capillaire ou artériel.
En 2024, une étude[4] allemande, de 59 291 cas de syndrome de Mallory-Weiss (MWS) survenus entre 2010 et 2019, a conclu à une incidence de 7,5 pour 100 000 habitants/an, en baisse /constante. 62 % des patients étaient des hommes ; et des comorbidités fréquentes incluaient l'œsophagite par reflux gastro-œsophagien, la hernie hiatale et l'alcoolisme... avec une mortalité hospitalière globale de 2,7 % les mauvais pronostics comprenaient le choc hypovolémique, l'insuffisance rénale aiguë, la ventilation artificielle et être une femme[4]. Une autre étude rétrospective, sur 93 cas de syndrome de Mallory-Weiss, a révélé un taux de mortalité de 9,7 %, avec comme facteurs de risque de décès : l'âge avancé, une anémie sévère, un trouble de la coagulation sanguine, des enzymes hépatiques élevées et à la présence de méléna, quatre critères justifiant une surveillance étroite en soins intensifs pour réduire le risque de décès[5]. Une étude comparative conduite de 2005 à 2009 (sur 281 cas de syndrome de Mallory-Weiss et 1 530 cas d'hémorragie ulcéreuse avait conclu à une incidence respective de 7,3 et 40,4 pour 100 000 personnes/an, avec une mortalité à 30 jours similaire pour ces deux pathologies (5,3 % vs 4,6 %), sans variation significative sur la période étudiée ; le risque de mourir augmentait avec l'âge (plus de 65 ans) et la présence de comorbidités sévères[6].
Diagnostic
Le diagnostic du syndrome de Mallory-Weiss se fait par la fibroscopie œso-gastro-duodénale (FOGD) ; l'endoscopie retrouve alors une ou plusieurs déchirure(s) à la jonction des muqueuses œsophagiennes et gastriques.