Syndrome du héros
notion de psychologie
From Wikipedia, the free encyclopedia
En psychologie, le syndrome du héros (également souvent appelé complexe du sauveur ou complexe du héros), parfois classé comme un trouble psychique[1], est un complexe qui pousse une personne à rechercher la reconnaissance pour son héroïsme.
Définition et terminologie
Bien que le syndrome du héros ne soit pas reconnu par l'Académie américaine de psychiatrie en raison de son inconsistance avec la définition d'un syndrome[2], le phénomène qu'il décrit est généralement rattaché à la notion de complexe du héros. Par définition, le syndrome du héros est un complexe car les individus qui le présentent manifestent souvent des impulsions ayant une « tonalité émotionnelle commune et exercent une influence forte mais généralement inconsciente sur les attitudes et le comportement de l’individu »[3]. Cependant, dans les médias populaires et la littérature, on parle de syndrome du héros. Le terme est utilisé pour décrire des individus qui cherchent constamment des éloges pour des actes valeureux ou philanthropiques, notamment en créant une situation nuisible qu'ils peuvent ensuite résoudre[4],[5]. Cela peut inclure des actes illégaux, comme l'incendie criminel. Le terme a été utilisé pour décrire le comportement des agents publics, tels que les pompiers, les infirmiers, les policiers, les agents de sécurité et les politiciens[6]. Le comportement des individus atteints du syndrome du héros peut être préjudiciable à la vie de ceux qui les entourent, mettant des innocents en danger dans le but de créer une "victime". Les raisons de ce type de comportement varient souvent.
Le complexe du sauveur consiste en une attitude et un comportement dans lesquels une personne croit qu'elle est responsable d'aider les autres[7]. Une personne avec un complexe du sauveur expérimente souvent des épisodes d'empathie et prend des décisions impulsives telles que faire du bénévolat, faire des dons ou plaider pour une cause[8]. Une personne avec ce type de complexe tentera généralement d'aider ou de continuer à aider même si elle n'est pas utile ou est nuisible à la situation, aux autres ou à elle-même[9]. Il est souvent associé à d'autres troubles, tels que la schizophrénie et le trouble bipolaire, et est couramment utilisé de manière interchangeable avec le terme similaire de Complexe du Messie[10].
Histoire
Les termes « syndrome du héros » ont été introduits pour la première fois après la découverte d'une bombe dans le bus de l'équipe olympique turque de 1984 par l'officier de police de Los Angeles Jimmy Wade Pearson. Il s'est présenté comme le seul policier disponible sur les lieux après l'avoir "découverte". Pearson a arraché les fils de l'appareil avant de le transporter sur une piste. Il a été salué comme un héros par le public jusqu'à ce qu'il soit arrêté le lendemain pour avoir lui-même placé la bombe[11]. Cela a soulevé des questions sur le désir des gens de commettre ou simuler des crimes pour créer des scénarios dont ils peuvent être les héros.
En 2004, un policier de l'Arkansas a déclaré poursuivre à pied un suspect qu'il avait lui-même signalé. Il a ensuite affirmé avoir reçu une balle dans l'abdomen et a fourni un récit circonstancié des événements. Une enquête a été ouverte, au cours de laquelle des preuves et des témoignages ont été recueillis, ce qui a finalement amené l'officier à plaider coupable d'avoir fabriqué toute l'histoire: il s'était lui-même tiré dessus. Cette mise en scène visait à se faire passer pour une victime tout en apparaissant comme un agent blessé dans l'exercice de ses fonctions[5].
Étiologies et facteurs contributifs
Narcissisme
Les causes du syndrome du héros sont principalement enracinées dans des tendances narcissiques. Le narcissisme se manifeste généralement sous deux formes : vulnérabilité-sensibilité et mythomanie-exhibitionnisme. C'est cette seconde forme qui coïncide le plus souvent avec le syndrome du héros. Les individus qui en présentent les caractéristiques sont souvent décrits comme égocentriques et enclins à la vantardise, avec des niveaux élevés de manipulation et de dramatisation de soi. On observe chez eux un besoin marqué d'attention et une tendance à chercher à impressionner leur entourage. Un concept voisin, le narcissisme manifeste, désigne quant à lui une préoccupation constante pour le regard que les autres portent sur soi[12].
En raison d'une estime de soi à la fois élevée et instable, et d'une difficulté à reconnaître leurs propres erreurs, les personnalités narcissiques tendent à présenter les autres sous les traits de la victime ou du coupable afin de valoriser leur propre image[réf. nécessaire].
Différences culturelles
La catégorisation et la caractérisation des héros diffèrent entre les cultures, ce qui crée des disparités dans la manière dont le syndrome du héros peut se manifester dans différentes circonstances.[pertinence contestée]
Dans les cultures individualistes, la figure du héros est largement associée à l'idée de porter secours à autrui en s'exposant soi-même à un danger physique. Les qualités attribuées au héros dans ces cultures sont généralement le courage, la fiabilité et la force. Les critères permettant de qualifier quelqu'un de héros incluent : le sacrifice de soi, l'altruisme et le désintéressement[13]. En revanche, dans les cultures collectivistes, le héros est plutôt celui dont les actions servent un objectif collectif. Il est attendu de lui qu'il place les besoins et les intérêts du groupe avant les siens. Le sentiment d'appartenance national ou patriotique peut également jouer un rôle dans la construction de cette figure héroïque[13].
Ces différences entre les stéréotypes de 'héros' culturels[Quoi ?] peuvent également se traduire par la manière dont le syndrome du héros peut être présenté. Les crimes violents et les situations physiquement dangereuses peuvent donc être plus fréquents dans les sociétés individualistes en raison de l'élément de bravoure et de sacrifice impliqué[pas clair] [réf. nécessaire].
Syndrome du héros et pyromanie
Certains pompiers pyromanes constituent une infime minorité au sein de la profession ; il s'agit d'agents qui déclenchent délibérément des incendies afin d'intervenir ensuite pour les éteindre, cherchant ainsi à obtenir reconnaissance et considération[14]. Dans une étude fédérale portant sur plus de 80 pompiers auteurs d'incendies criminels, la motivation la plus fréquemment invoquée était le désir de vivre l'excitation de l'intervention, sans intention de causer des dommages ni de se venger[15]. Si ce schéma ne s'applique pas à l'ensemble des cas, nombreux sont ceux qui ont déclaré avoir agi par désir d'être perçus comme des héros aux yeux de leurs collègues et de leur communauté. Ce type de comportement est désigné dans la littérature spécialisée sous le terme d'incendie criminel par vanité.
Applications dans le monde réel[pourquoi ?]
Il existe déjà des controverses sur le dépistage de la santé mentale sur le lieu de travail et à l'emploi en raison des préoccupations éthiques soulevées concernant les biais, les faux négatifs, etc. Cependant, dans certains domaines où les gens affichent un comportement nuisible et risqué dans le but d'être perçus comme des sauveurs, l'éthique est également très pertinente en ce qui concerne la sécurité et le préjudice des autres[pas clair].
Services d'urgence et travailleurs de la santé
Le syndrome du héros présente une pertinence dans les métiers de premiers secours et les professions médicales. Ces carrières, souvent associées à une image héroïque, peuvent attirer des individus présentant ce syndrome, dans la mesure où elles offrent des occasions répétées d'accomplir des actes perçus comme courageux. Dans ces carrières où la relation intervenant-patient est centrale, les rôles de sauveur et de victime sont structurellement présents, ce qui peut favoriser l'émergence de comportements caractéristiques du syndrome[16]. La présence d'individus atteints de ce syndrome dans ces secteurs augmenterait le risque d'incidents auto-infligés[pourquoi ?], entraînant un gaspillage de ressources humaines et matérielles. Dans certains cas, l'environnement professionnel lui-même peut renforcer le syndrome, car les individus cherchent à démontrer les compétences nouvellement acquises pour obtenir la reconnaissance de leurs pairs[14]. Pour lutter contre ces comportements, de nombreux services d'urgence ont intégré dans leurs programmes de formation des modules portant sur les infractions susceptibles d'être commises dans ce cadre. Par exemple, les départements de pompiers ont déployé des enseignements spécifiques sur les crimes d'incendie criminel, visant à rappeler aux pompiers leurs obligations déontologiques envers leur communauté et les conséquences que de tels actes entraîneraient pour la réputation de leur cops[14].
