Séisme de 226 av. J.-C. à Rhodes
séisme à Rhodes, en Grèce
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Le séisme de Rhodes de 226 av. J.-C. , qui a touché l’île de Rhodes, en Grèce, est célèbre pour avoir renversé la grande statue connue sous le nom de Colosse de Rhodes. Après le tremblement de terre, la statue resta à terre pendant près de huit siècles avant d’être vendue par des envahisseurs. Bien que l’année 226 av. J.-C. soit le plus souvent citée comme date du séisme, les sources mentionnent diversement les années 226, 227 ou 228 av. J.-C. comme dates possibles de l’événement[2].
| Séisme de 226 av. J.-C. à Rhodes | ||||
| Date | 226 av. J.-C. | |||
|---|---|---|---|---|
| Épicentre | 36° 26′ nord, 28° 13′ est | |||
| Régions affectées | Rhodes, Grèce[1] | |||
| Géolocalisation sur la carte : Grèce
Géolocalisation sur la carte : Égée-Méridionale
Géolocalisation sur la carte : Rhodes
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Contexte
L’île de Rhodes se situe sur une partie de la frontière entre les plaques Égée et africaine. Le contexte tectonique y est complexe, avec une histoire néogène incluant des périodes de chevauchement, extension et décrochement. Actuellement, l’île subit une rotation antihoraire (17°±5° au cours des 800 000 dernières années) associée au système de failles de décrochement sénestres de la mer Égée méridionale[3].
L’île a également été inclinée vers le nord-ouest pendant le Pléistocène, un soulèvement attribué à une faille inverse située juste à l’est de Rhodes. Le séisme de 226 av. J.-C. est associé à un soulèvement de plus de trois mètres, et le mouvement le long de cette faille inverse est considéré comme le mécanisme probable de l’événement[4]. La localisation épicentrale de ce séisme est incertaine, les catalogues modernes donnant des positions soit près de la ville de Rhodes[1], soit juste au sud de l’île de Sými[5].
Certains catalogues suggèrent que ce séisme aurait provoqué un tsunami significatif[5]. Cependant, aucun lien clair n'a pu être établi à partir des archives géologiques[6].
Histoire

Au moment du séisme, Rhodes était une ville portuaire de la mer Égée, célèbre pour la grande statue de bronze qui se dressait près de son port[7]. Elle comptait parmi les principales cités commerciales de la mer Méditerranée, aux côtés d’Alexandrie en Égypte. Comme en témoignent les taxes perçues par la ville sous forme de droits portuaires, le volume d’échanges qui y transitait était considérable[8]. Ayant survécu aux menaces de voisins plus puissants, la cité avait acquis le respect du monde méditerranéen[2].
La statue, connue sous le nom de Colosse de Rhodes, avait été érigée avant 250 av. J.-C. pour remercier les dieux d’avoir protégé la ville lors d’un siège macédonien. Certaines représentations historiques ont montré le Colosse enjambant l’entrée du port, une prouesse qui aurait été impossible compte tenu des techniques de fonte du bronze de l’époque[7].
D’importants dégâts touchèrent de vastes secteurs de la ville, notamment le port et les bâtiments commerciaux, qui furent détruits[2]. Le séisme renversa le Colosse, qui se brisa et demeura en morceaux près du port pendant des siècles. Selon l’auteur antique Strabon, la statue s’était rompue au niveau des genoux. Strabon rapporte également qu’un oracle conseilla aux habitants de Rhodes de ne pas la reconstruire, et qu’une offre de Ptolémée III d’Égypte pour financer sa restauration fut refusée[7].
Le Colosse resta à terre jusqu’en 654 apr. J.-C., lorsque, selon la tradition, des envahisseurs Arabes vendirent ses fragments à un marchand juif d’Édesse[7]. Indépendamment de leurs dirigeants politiques ou de leurs formes de gouvernement, le respect pour la culture et l’importance économique de Rhodes était tel que plusieurs cités grecques de la région offrirent leur aide pour la reconstruction de la ville[2]. Au moins deux d’entre elles accordèrent à Rhodes une exemption de leurs propres droits de douane[8].