Sōhyō

syndicat de travailleurs japonais From Wikipedia, the free encyclopedia

Le conseil général des syndicats ouvriers japonais (日本労働組合総評議会, Nihon Rōdōkumiai Sōhyōgikai?), plus souvent simplifié en Sōhyō (総評?), est une confédération syndicale de gauche. Fondée en 1950, c’était la plus grosse centrale syndicale du pays pendant des décennies jusqu’à sa dissolution dans le syndicat Rengō en 1987[1].

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Sōhyō
Congrès général de la Sōhyō de 1956
Histoire
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Origines

Dans l’immédiat après-Seconde guerre mondiale, les forces d’occupation américaines publièrent plusieurs décret légalisant les syndicats qui furent ensuite entérinés par l’article 28 de la constitution (ja) entrée en vigueur en 1947. De nombreux syndicats se sont constitués, beaucoup sous le patronage du Parti Communiste Japonais. Cependant, dans le contexte de la Guerre Froide et prenant avantage de la soudaine Guerre de Corée, le gouvernement conservateur japonais, sous l’égide des forces d’occupation américaines, se lança dans une purge des communistes ou personnes soupçonnées de l’être dans l’administration et les entreprises. Dans le cadre de ces purges, les conservateurs implantèrent des « cellules démocratiques » au sein des syndicats sous l'égide de la faction anticommuniste (民衆化同盟, minshūka dōmei?, litt. faction de la fédération pour la démocratisation)[2]. Alors que les syndicats s’écroulaient sous les assauts de la purge, ces cellules émergèrent et joignirent un total de 17 syndicats affiliés à la Fédération japonaise du travail représentant un total de 3 700 000 membres pour former le Sōhyō en juillet 1950[1],[2].

Premières années

Les conservateurs espéraient que cette nouvelle fédération serait plus modérées que les syndicats contrôlés par le Parti Communiste, qui étaient particulièrement vindicatifs. Cependant, le Sōhyō se rapprocha rapidement du Parti Socialiste Japonais et prit la tête de mouvements sociaux de plus en plus importants au cours des années 1950, tout en s’impliquant de plus en plus dans les conflits politiques également[1],[3].

Le 1er mai 1952, le Sōhyō était à la tête d’une journée nationale de manifestations contre le traité de Paix qui mettait fin à l’occupation du pays. Bien que la plupart de ces manifestations furent pacifiques, des heurts violents entre les manifestants et la police dans le parc du Palais impérial de Tokyo firent plusieurs morts et des dizaines de blessés et constituent ce qu’on appelle l’Incident du Premier mai.

Pendant le reste des années 1950, le Sōhyō s’impliqua dans de nombreuses luttes sociales et politiques, notamment celles pour l’abolition des armes nucléaires et contre les bases militaires américaines au Japon. Il mena également de nombreuses grèves pour des hausses de salaires dans de nombreuses industries. Il atteint son pic de militantisme en 1960 en prenant un rôle majeur dans les manifestations contre l’Anpo et lors des grèves de la mine de Miike (en) dans le nord de Kyushu. Dans le cadre des manifestations contre le traité de sécurité avec les États-Unis, le Sōhyō organisa la grève de plus de 6,4 millions de personnes, ce qui reste la plus grosse grève de l’histoire du Japon. Cependant, autant les manifestations contre l’Anpo que les grèves de Miike n’aboutirent à rien et par la suite, le Sōhyō se concentra sur des actions syndicale de plus faible envergure[3].

Dissolution et fusion dans Rengō

Une grande partie de Sōhyō se rapprocha avec la Confédération japonaise du travail (全日本労働総同盟, Zennihon rōdō sōdōmei?, abbrégé en Dōmei), plus conservatrice[4],[5], et d’autres syndicats pour former Rengō en 1987. Rengō est formellement lancé en 1989. D’autres éléments de Sōhyō rejoignirent plutôt l’une des deux autres nouvelles fédération : la Confédération nationale des syndicats (全労連?) et le Conseil national des syndicats (全労協?)[6].

Direction

Présidents

  • 1950: Takeo Mutō
  • 1953: Totarō Fujita
  • 1956: Yukitaka Haraguchi
  • 1958: Kaoru Ōta
  • 1966: Toshikatsu Horii
  • 1970: Makoto Ichikawa
  • 1978: Motofumi Makieda
  • 1983: Takeshi Kurokawa

Secrétaires généraux

  • 1950: Zengorō Shimagami
  • 1951: Minoru Takano
  • 1955: Akira Iwai
  • 1970: Shogo Oki
  • 1976: Mitsuo Tomizuka
  • 1983: Makoto Eikichi

Notes et références

Liens externes

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