Les deux tables datent apparemment du règne d'Hadrien. La première expose en détail le règlement des différentes fermes concernant le territoire minier (metallum Vipascense)[1]. La seconde concerne plus le règlement fiscal de l'exploitation et les mesures destinées à assurer la sécurité globale de l'exploitation[2].
L'exploitation et le territoire minier qui l'accueillait étaient placés sous l'autorité d'un procurateur affranchi. Le territoire ne dépendait donc pas d'une cité. L'exploitation était assurée par des exploitants individuels qui achetaient au fisc le droit d'exploitation et lui versait la moitié du minerai extrait. Ces exploitants (coloni), qui semblent avoir été assez modestes, utilisaient des puits jumeaux pour descendre jusqu'à la couche métallifère. Un travers banc assurait l'exhaure de l'ensemble de la mine et était placé sous la surveillance du procurateur.
La vie quotidienne sur le territoire minier était très encadrée par le fisc : nombre d'activités essentielles ne pouvaient être pratiquées que dans le cadre d'une ferme organisée par le fisc et contrôlée par le procurateur. Ces diverses activités (crieur public, gestion des thermes, cordonnerie, barbiers, etc.) étaient donc érigées en monopole plus ou moins absolu.