Tahalat
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Les Tahalat (ou Thalat) sont une tribu de la confédération saharienne des Reguibat, située principalement dans le Sahara occidental et le sud marocain. Ils occupent une position de prestige au sein de la tribu, étant considérés comme aussi nobles que les descendants directs de Sidi Ahmad Reguibi, ancêtre éponyme des Reguibat[1].
Sédentaire/Nomade (Actuellement)
تهالات
| Échelon |
Tribu |
|---|
| Période d'apparition | |
|---|---|
| Mode de vie |
Nomade (Historiquement) Sédentaire/Nomade (Actuellement) |
| Fait partie du groupe tribal | |
| Nombre de fractions |
8 |
| Fractions |
Ahl Dkhil, Ahl Miyyara, Ahl Rasid, Ahl Hayfih, Ahl Abaydi, Ahl Muhammad Ahmad, Ahl Muhammad Salim |
| Langue principale |
|---|
Les Tahalat sont reputés ,avec les Souaâd, pour leur valeur guerrière[2]. C'est surtout à ces deux tribus que les Français ont souvent eu maille à partir des années trente[3], où ils furent reconnu pour leur qualité de pillards les plus hardis[4]. Ils sont considérés parmis les tribus du fusil comme les Izarguien ou les Oulad Dlim[5].Ils sont aussi connus pour leurs poètes et orateurs subtil qu'on utilisait souvent dans les sorbas entre tribus.
Étymologie
Organisation Tribal
Les Tahalat se subdivisent en plusieurs sous fractions ou lignages :
- Ahl Dkhil
- Ahl Miyyara
- Ahl Rashid (issus de Ahl Miyyara)
- Ahl Hayfih
- Ahl Abaydi
- Ahl Muhammad Ahmad
- Ahl Muhammad Salim (lignage de forgerons, parfois inclus chez les Ahl Muhammed Ahmad)[1]
| Nom | Période | Détails |
|---|---|---|
| Umar would at-Thali | 1796-1819 | Premier chef connu de la fraction, ancêtre de la branche principale. |
| Sidi al-Kawri wuld Umar | 1819-1844 | Dirigeant de la tribu, probablement fils ou proche parent d’ʿUmar. |
| Brahim wuld Muhammad wuld Umar | 1844-??? | Petit-fils d’Umar, sous son regne tribal les sous-fractions s’organisent plus formellement. |
Histoire
Des origines à nos jours
Les Tahalat tirent leurs origine de leur ancêtre Taleb Brahim, chérif idrisside qui quitta la tribu Boudrara des Tahala[7] (alors fraction des Ida Ou Semlal, Ida Oultit) au XVIIème siècle pour le pays de la Qibla (actuelle Mauritanie) où il se maria avec une femme des Iguemlilene (Tagounite), Maryam bent Brahim. Il ira de là à Chenguitti à Afrag Ida 'Ali où il mariera une femme des Ida Ou Ali. De la première naîtra Taleb Ahmed, ancêtre des Oulad Taleb Ahmed du Trarza et de la seconde naîtra Sidi Abderrahmane, ancêtre des Reguibat Tahalat. Taleb Brahim, accompagné de son fils Abderrahmane, sa fille et leur mère se dirigeront vers le Nord, dans leur patrie d'origine des Ida Oultit pour accomplir le pélérinage[8]. Néanmoins au cours de la route, il laissera ces derniers aux mains du cheikh Âmar fils de Sidi Ahmed Reguibi lors de sa rencontre avec lui à Chbika. Il mourra lors de la route du pèlerinage. Sidi Abderrahmane, quant à lui, mourra bien plus tard et son tombeau se trouve toujours à 'Azri Ouin Medkour chez les Tekna Aït Jmel où les Tahalat y font régulièrement un moussem.
Mokhtar Soussi mentionne leurs frères dans le Souss, en ces termes:
« Tout comme les gens du Haut-Tahala ont fondé cette mosquée appelée la médersa de la mosquée Irighen, les gens du Bas-Tahala ont également fondé leur médersa au-dessus de Tighmert entre les deux routes sur une vallée surplombant ces montagnes et vallées, dans une vue magnifique, et j’ai vu la date de sa construction en certaines de ses pierres, au-dessus de la terrasse sur laquelle les professeurs s’assoient pour enseigner, et la date de sa construction remonte à (effacé).
Grâce à sa miséricorde, cette médersa existe toujours, avec ses sources, ses monuments et ses maisons, et elle a des habous, des terres et des arbres, mais les savants qui y étaient établis se sont éteints, et avec leur extinction, les sciences ont disparus de la région […]. Leurs branches sont dans les deux villages de Tighmert et Tergalt, se rattachant à la noblesse des Idrissides, et leurs frères dans le désert du Sahara entre le Souss et le Soudan qui sont encore appelés Tahalat jusqu’à aujourd’hui. Il y eut de grands conflits entre ces deux villages, jusqu’à ce que cela mène une faction parmi eux à s’en prendre à leurs propres frères, les tuant tous jusqu’au dernier et s’emparant de leurs biens en l’an 1294 de l’Hégire (1877 de notre ère)[9].»
Associés aux descendants d'A'mar, troisième fIls de Sid Ahmad ar-Rgaybi, les Thâlat nomadisent sans doute, à l'origine, avec les awlad Tâlib et les awlad Shaykh. Ils apparaissent cependant dès la fin du XVIIIe siècle comme une unité autonome. A la fin du XIXe siècle, ils tendent à se scinder en deux unités de nomadisation. Bien qu'ils aient participé à toutes les guerres de conquête, ils ne semblent pas avoir acquis une zone de nomadisation très définie. Ils paraissent osciller d'un pôle à l'autre du trab ar-Rgaybat, de la haute Sagya al-Hamra aux dunes de l'Agchar. Ils ne sont pas très nombreux et, comme les al-Mouednin, sont de fervents disciples du sayh Ma al- 'Aynin. Certains marquent encore leur cheptel du « T» qu'utilisent les descendants du cheikh. Leurs terrains de parcours étant, comme ceux des Swa'ad, à cheval sur la frontière franco-espagnole, ils participent activement à la résistance. Ils perdent ainsi beaucoup d'hommes, pendant la lutte anticoloniale, et sont presque totalement ruinés par les ultimes assauts des unités méharistes en 1933. Ils seront les premiers, contraints par la misère et désarmés par la défaite, à amorcer une reconversion de leurs activités pastorales vers le commerce; reconversion qui, d'ailleurs, a été nettement suggérée puis encouragée financièrement par l'administration[1].
En 1956, les bandes de l'Armée de Libération commandés par Ben Hammou font leur apparition dans le Sahara où ils engagent des tribus sahariennes dans leur armée. Chez les Reguibat Legouacem Ben Hammou embauchera surtout des Lebouihat, tandis que chez les Sahel, surtout des Tahalat[10]. C'est alors que les premiers accrochages ont eu lieu à Oum el Achar et Merkala. Les Tahalat donneront de nombreux chefs à l'Armée de Libération tels que Hamdi Ould Meyara, chef guerrier des Reguibat de l'Ouest et neveu du prestigieux Abderrahmane would Dkhil tué en 1933 à Mijjek[11], ou encore Ali Bouya, caïd r'ha et héros de la bataille de Rghiwa où il infligera de lourdes pertes aux français. Les Tahalat sous le commandement de Hamdi n'eurent pas d'encadrement marocain contrairement aux restes des Reguibat et recevaient seulement fusils et munitions[12]. Des conflits entre les chefs de l'ALN et les tribus Reguibat poussa la majorité de ces derniers à se rallier à l'armée franco-espagnole lors de l'opération Ecouvillon. Les Tahalat et les Foqra, sous le commandement de Ali Bouya gardent leur position pro-marocaine et leur font face. Suite aux bombardements intensifs, les campements Thalat qui nomadisaient alors entre Smara, Bir Lahlou et Ain ben Tilli se réfugient à Tan-Tan. Parmis eux, la famille d'El Ouali Mustapha Sayed.
Personnalités
- Mohammed Ould el-Khalil: chef de résistance qui détruira le péleton du colonel Mouret à Lebouirat en 1913. A ne pas confondre avec Mohammed Ould el-Khalil des Oulad Moussa.
Bachir Dkhil - Ali Ould Meyara: Chef de la résistance Reguibat, sa mort lors de l'ultime bataille de Mijjek en janvier 1933 provoquera l'arrêt de la résistance dans l'Ouest Saharien.
- Hamdi Ould Meyara: cousin de Ali O. Meyara, il sera l'un des premiers à reprendre les armes dès 1956[13]
- Ali Bouya Ould Omar Meyara: caïd r'ha de l'ALN Sud, il dirige les unités Reguibat lors du combat d'El-Amar et affrontera les forces franco-espagnoles aux côtés de Nadel Hachmi et Salah Jazaïri lors de l'Opération Ecouvillon. Après la fin de la Guerre d'Ifni, il décide de rejoindre les FAR.
- El-Ouali Mustapha Sayyed, fondateur du Polisario.
- Bachir Mustapha Sayed
- Bachir Dkhil: Un des fondateurs du Polisario, aujourd'hui rallié au Maroc.
- Souidi Waggag
- Enaam Mayara
- Khalihenna Ould Errachid
- Sidi Hamdi Ould Errachid
- Mohammed Ould Errachid
- Moulay Hamdi Ould Errachid
- Mohamed Mayara
