Fils d'artisans tisserands de soie, Zaouche et son frère Hassan s'engagent dans les rangs de l'armée beylicale tunisienne pour en devenir les futurs cadres. Ils se font remarquer par Sadok Bey, qui les nomme respectivement officier et aide de camp. Tahar Zaouche est assigné au service du prince héritier Ali Bey et devient général de brigade et conseiller du bey lorsque celui-ci monte sur le trône en 1882.
Dans une lettre du , adressée à son gouvernement par le consul général du Danemark à Tunis, au sujet de l'insurrection menée par Ali Ben Ghedhahem en 1864, il est fait état selon Nazli Hafsia[2] de l'arrestation d'un serviteur du bey du camp, le futur Ali III, pour avoir été trouvé nanti d'une lettre du général Tahar Zaouche, adressée aux montagnards, les engageant à ne faire aucune concession au général Ahmed Zarrouk et d'attendre les ordres du prince Ali. Fidèle de ce dernier, Zaouche participe également à la bataille de Sfax contre les forces françaises en juillet 1881.
L'auteur et avocat anglais Alexander Meyrick Broadley(en), exilé à Tunis à la fin du XIXesiècle, apporte un témoignage sur l'engagement du général Zaouche aux côtés d'Ali Bey pendant la conquête française: il le qualifie comme l'un des hommes les plus habiles et les plus redoutables de la régence[4].
Grand propriétaire terrien, Zaouche acquiert également une importante fortune qui lui permet d'édifier et d'acquérir plusieurs immeubles d'importance dans la médina de Tunis et dans la ville européenne: palais du Cheikh El Médina Mohamed Asfouri[5], immeuble du Magasin général (avenue de France), palais Ben Ayed (rue Sidi Ben Arous) et palais Zaouche à La Marsa (rue Mohamed-Ali).
↑ Nazli Hafsia, Les premiers modernistes tunisiens: Abdeljelil Zaouche, 1873-1947, Tunis, MIM, , 253p. (ISBN978-9973736017).
↑ Paul Lambert, Dictionnaire illustré de la Tunisie, Tunis, C. Saliba aîné, , 468p. (lire en ligne), p.44.
↑ Sy Tahar Zouch dans (en) Alexander Meyrick Broadley, The last Punic war: Tunis, past and present; with a narrative of the French conquest of the regency, Édimbourg, William Blackwood and Sons, , 396p. (lire en ligne), p.308.
↑ Jacques Revault, Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles), Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, , 648p. (lire en ligne), p.403-426.