Solution tampon
solution qui maintient approximativement le même pH
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En chimie, une solution tampon est une solution qui maintient approximativement le même pH malgré l'ajout de petites quantités d'un acide ou d'une base, ou malgré une dilution. Dans l'industrie agroalimentaire, on appelle agent tampon un composé ajouté aux aliments transformés afin de maintenir leur pH, par exemple de l'acide acétique, lactique ou citrique.

Une solution tampon est composée[a] :
- soit d'un acide faible HA et de son anion A−. Il s'agit par exemple du couple CH3COOH/CH3COO− ;
- soit d'une base faible B et de son cation BH+ comme le couple NH4+/NH3.
On trouve dans le sang humain une solution tampon physiologique formée par le couple H2CO3/HCO3− qui maintient le pH sanguin entre 7,35 et 7,45.
Il existe également des tampons redox qui fixent approximativement le potentiel d'oxydoréduction des solutions, et des tampons ioniques qui fixent approximativement la force ionique des solutions.
pH d'une solution tampon
Le pH est maintenu constant grâce à l'absorption ou à la libération d'un ion H+ par les espèces présentes dans la solution. Par exemple, l'acide acétique (qui est un des constituants du vinaigre) donne :
Cette réaction est réversible et en équilibre. Lorsqu'un composé de ce type est présent dans une solution, les deux espèces moléculaires CH3COOH et CH3COO− sont présentes. Ainsi, si on ajoute par exemple un acide à cette solution, une partie de celui-ci est consommée dans la réaction suivante :
La proportion des espèces CH3COO− et CH3COOH est donc modifiée, mais le pH, quant à lui, varie beaucoup moins que si ces molécules n'étaient pas présentes dans l'eau. C'est ce que l'on appelle l'« effet tampon ».
Évolution du pH
On prend, dans un premier temps, la définition du pH telle que donnée par l'équation de Henderson-Hasselbalch.
On considère donc que : , avec [A−] la concentration de la base conjuguée et [AH] la concentration de l'acide.
Une acidification (en apportant de nouveaux protons H+) ou une alcalinisation (en consommant des protons H+ existants) entraînera le changement de la quantité de AH (et celle de A−), changement dû au déplacement d'équilibre. L'effet de cette acidification ou alcalinisation peut ainsi être apprécié par la mesure de la variation de la quantité d'acide.
L'idée est d'exprimer la valeur du pH en fonction de la quantité d'acide, puis, de chercher la quantité d'acide pour laquelle le pH varie le moins : il s'agit de rechercher l'effet tampon.
À l'équilibre chimique, s'il y a na moles de AH, il y aura n–na moles de A−, n étant la quantité totale de l'acide AH et de sa base conjuguée A−.
Étant donné que l'acide et sa base conjuguée se trouvent dans le même volume, on peut simplifier l'équation de Henderson-Hasselbalch par ce volume et obtenir le rapport des quantités qu'on vient d'exprimer.
- .
Afin d'étudier la variation, il faut dériver cette première expression par rapport à et l'on trouve :
Une seconde dérivation permet de révéler un point d'inflexion de pH(na) : s'annule avec variation de signe :
Cela veut dire que la variation du pH (pH') admet un extremum (maximum) absolu.
Étant donné que pH(na) est décroissante, le maximum de la fonction dérivée correspond à une variation minimale du pH : c'est l'effet tampon.
Pour retrouver la valeur de na réalisant cet effet tampon, on résout : on trouve , donc n(AH) = n/2 = n(A−) et [AH] = [A−].
Cet effet tampon vérifie bien la relation pH = pKa.
Ceci explique pourquoi l'on doit choisir la solution tampon telle que son pKa soit aussi proche que possible du pH escompté.
Pouvoir tampon PT (ou τ)
On évalue la capacité d'une solution tampon à résister aux variations de pH par le pouvoir tampon (noté ou ).
Le pouvoir tampon maximal d'une solution est obtenu pour un mélange équimolaire entre (par exemple) l'acide faible HA et son anion correspondant A−. Dans ce cas, le pH est égal à la valeur du pKa du couple en solution.
En effet, d'après l'équation de Henderson-Hasselbalch : avec [A −] la concentration de la base conjuguée et [AH] la concentration de l'acide.
Or dans le cadre des solutions tampons, [AH] = [A−].
DoncLe pouvoir tampon maximal est d'autant plus élevé que la solution tampon est concentrée.
Comment démontrer la relation entre le pouvoir tampon maximal () et la concentration de la solution tampon équimolaire, , qui désigne aussi bien la concentration de l'acide faible que celle de l'anion correspondant ?
Le pouvoir tampon (PT) est la fonction qui montre la capacité de résistance de la solution tampon à des éléments perturbateurs.
On définit ce pouvoir tampon comme étant la fonction :
Le but est de la rendre maximale, c'est-à-dire d'apporter le plus d’éléments perturbateurs « y » possible à la solution pour une variation minimale du pH. C'est le cas où le système est constitué. On a donc [A-] = [AH]. On désigne cette quantité par la variable C.
On reprend la relation initiale :
- .
En dérivant cette expression, on obtient :
- .
On a posé que le pouvoir tampon est l'inverse de la dérivée calculée précédemment. On obtient donc :
- .
Pour trouver le maximum de pouvoir tampon, il faut dériver la fonction PT et résoudre PT' = 0. On observe que le pouvoir tampon est maximal lorsque l'on n'ajoute aucune espèce perturbatrice, c'est-à-dire pour y = 0.
Ainsi obtient-on la relation simple qu'il fallait démontrer :
- .
Utilisation
Les solutions tampons sont utilisées :
- comme milieu de conservation de différentes molécules : la majorité des échantillons biologiques utilisés dans la recherche est conservée dans une solution tampon, souvent une solution tampon phosphate salin (PBS) à pH 7,4 ;
- comme milieu réactionnel ;
- dans l'établissement des conditions appropriées pour les colorants utilisés dans la coloration des tissus ;
- pour l'étalonnage des pH-mètres.
Notes et références
- On évite le terme de base forte conjuguée car on prend en compte la théorie acido-basique d'Arrhenius et non de Brønsted.