Tanella Boni

From Wikipedia, the free encyclopedia

Activité principale
écrivain, critique, professeur de philosophie
Distinctions
Langue d’écriture Français
Suzanne Tanella Boni
Description de cette image, également commentée ci-après
Tanella Boni au salon du livre de Genève en 2012
Naissance
Abidjan, Côte d'Ivoire
Activité principale
écrivain, critique, professeur de philosophie
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Matins de couvre-feu

Compléments

  • 2e Présidente de l'AECI (1991-1997)

Suzanne Tanella Boni, née en Côte d'Ivoire à Abidjan en , est une écrivaine (philosophe, poétesse, romancière, nouvelliste, essayiste, critique littéraire, critique d'art, autrice de livres pour enfants) et universitaire ivoirienne[1].

Origines et enfance

Tanella Boni naît en à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Elle a plusieurs sœurs[2].

Elle est mutique jusqu'à l'âge de 12 ans[2].

Études

Tanella Boni effectue sa scolarité dans le nord de la Côte d'Ivoire[3], puis des études supérieures[3],[4] à Toulouse et à Paris (Université Paris IV).

Elle soutient une première thèse sur « L’objet, le statut et la place de la théologie chez Platon et Aristote » en pour laquelle elle obtient un doctorat de troisième cycle en philosophie[5] et une seconde sur « L’idée de vie chez Aristote » en 1987[6] grâce à laquelle elle obtient un doctorat d'État[5].

Parcours professionnel

Elle est directrice du département de philosophie de l'Université de Cocody de 1982 à [5], puis rédactrice en chef des Annales de Lettres de à [5].

De à , Tanella Boni enseigne la philosophie à l'Université de Cocody à Abidjan (devenue université Félix Houphouët-Boigny), comme maîtresse de conférences d'abord, par la suite comme professeur titulaire[6],[7]. Parallèlement, elle est présidente de l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire[6],[8],[7] de à , et responsable de l'organisation du Festival international de poésie d’Abidjan jusqu'en [9]. Elle est en résidence à la Maison des auteurs des Francophonies en [10],[11], puis à l'Institut d'études avancées de Paris du au [5].

Elle est directrice de programme au Collège international de philosophie (Paris) de à [12]. De à , elle est directrice de la francophonie au ministère ivoirien de la Culture[5].

Autres fonctions

Elle est élue au comité directeur de la Fédération internationale des sociétés de philosophie en , puis vice-présidente en [13]. En , elle co-organise à Abidjan un colloque international majeur intitulé « Politiques de la dignité », réunissant des penseurs du monde entier pour débattre des enjeux existentiels et politiques contemporains[14]. Elle est membre de l'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines depuis , où elle succède à l'historien et anthropologue Yaya Savané, décédé en [15].

Carrière

Durant sa carrière, Tanella Boni est présidente de l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire de à [16], elle se distingue pour sa contribution à la littérature ivoirienne ainsi que pour son engagement en faveur du dialogue interculturel et de la tolérance[1].

Ambassadrice de la littérature africaine et des arts, Tanella Boni œuvre pour promouvoir un renouveau africain fondé sur ces valeurs[1],[16]. Son travail explore souvent des thèmes liés à l'identité, à la société et à la condition humaine en Afrique, tout en mettant en lumière les richesses culturelles et la diversité du continent[17].

Son influence s'étend également à travers ses nombreux écrits destinés aux enfants, contribuant ainsi à l'éducation et à la transmission des valeurs auprès des jeunes générations. Au-delà de son rôle d'écrivaine et d'universitaire, Suzanne Tanella Boni incarne un modèle d'intellectuelle engagée, œuvrant pour un monde plus ouvert et compréhensif, où les différences culturelles sont célébrées et respectées[18].

Pensée et engagements

La réflexion de Tanella Boni s'articule autour de la notion de dignité humaine et de la reconnaissance de l'autre. Elle s'inspire notamment du concept de « capabilités » de Martha Nussbaum pour défendre l'idée que chaque individu doit bénéficier des conditions politiques et sociales nécessaires pour donner le meilleur de lui-même[14].

La pensée de Tanella Boni se caractérise par une philosophie de l'action qui refuse de cantonner la discipline à une simple exégèse des textes classiques occidentaux. Elle plaide pour une réflexion ancrée dans les réalités africaines, où des concepts endogènes tels que l'Akwaba (l'accueil) ou la Teranga servent de fondements concrets au « vivre-ensemble » et aux enjeux de développement. Engagée pour la reconnaissance d'un dialogue « à armes égales » entre l'Afrique et le reste du monde, elle dénonce la marginalisation des intellectuelles africaines, souvent restées invisibles dans les grands courants comme la Négritude. Elle rappelle à cet égard l'importance historique de figures telles que les sœurs Nardal, Suzanne Césaire ou Christiane Diop, tout en luttant contre les rapports de domination qui persistent dans les espaces de débat internationaux[14].

Distinctions

Principaux thèmes dans ses œuvres

Ses poèmes et ses essais philosophiques portent notamment sur la manière dont les femmes et les hommes peuvent vivre « en humains » et conserver leur dignité face à la violence. Son ouvrage Que vivent les femmes d’Afrique ? s'intéresse à la place des femmes en Afrique, au féminisme et aux stratégies de résistance et de révolte féminines[21].

Les conflits et la violence au Rwanda et en Afrique ont inspiré plusieurs de ses poèmes, notamment Le silence est venu à reculons, Où trouver le mot juste et Nous étions des milliers de poussières, publiés en dans le recueil Il n'y a pas de paroles heureuses, un recueil qui « parle du silence, de la destruction, de l’exil, des réfugiés et des enfants soldats[7]. »

Œuvres

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI