Tchetniks (Histoire des Balkans)
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Le terme de Tchetniks ou Chetniks (serbe : Četnik, pluriel Četnici, alphabet cyrillique : четник ; du serbe četa, « compagnie », désignant une unité militaire ou paramilitaire) signifie « membre d'une unité » et désigne plusieurs groupes armés, ayant existé à diverses périodes de l'histoire des Balkans.
Selon la période, il peut s’agir :
- de rebelles orthodoxes s'opposant par la guérilla à la domination ottomane aux XVIIIe et XIXe siècles ;
- de résistants (en majorité serbes) de l'Armée yougoslave de la patrie (résistance non communiste, fidèle au gouvernement yougoslave réfugié à Londres et dirigée par Draža Mihailović), qui ont combattu contre l'occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale avant d'être à leur tour combattus par les partisans communistes de Tito. Cette organisation, du fait de l'importance et du caractère plus récent de la période historique, tend à être le plus fréquemment associée à la dénomination Tchetniks ;
- d'unités paramilitaires nationalistes serbes pendant les guerres de dislocation de la Yougoslavie.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le terme Tchetniks est principalement employé, en dehors des pays de l'ex-Yougoslavie, pour désigner les unités regroupées au sein de l'Armée yougoslave de la patrie.
Les premiers groupes à utiliser le nom de tchetniks furent des unités d'insurgés en lutte contre l'Empire ottoman apparues en Serbie au début du XIXe siècle, puis, à fréquence moindre, au nord de l'Albanie, les « tchétas ». Le mot « tchéta » (чета ou četa en serbe, çeta en albanais) provient lui-même du turc çete, signifiant « gang » ou « bande », vraisemblablement du fait de la récupération par les tchetniks eux-mêmes de la désignation que leur donnaient les soldats turcs.
Bien que les tchétas aient existé à la fois chez les Serbes et les Albanais, le terme « tchetnik » fut utilisé uniquement par les Slaves (le suffixe nominal -nik étant usuel en serbe, le mot se constitua naturellement). Par ailleurs, d'autres groupes d'insurgés chez les autres peuples des Balkans sous domination ottomane existaient à la même époque, en particulier les comitadjis bulgares. Ces différentes unités du début du XXe siècle sont à rapprocher des Robin des Bois balkaniques des siècles précédents, les haïdouks et les klephte
Les guerres balkaniques

Avant la Première guerre balkanique, en 1912, il y avait 110 détachements de l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne, 108 détachements grecs, trente détachements serbes, et cinq détachements valaques qui combattaient les troupes ottomanes. Lors des guerres balkaniques, ils furent intégrés dans les armées en campagne (les Macédoniens du côté bulgare ou serbe, les Grecs et les Valaques du côté grec). Après les guerres balkaniques, les Tchetniks disparurent, l'objet de leur lutte (la domination ottomane dans les Balkans) ayant disparu. Seules quelques unités de Komitadjis bulgares se maintinrent en Macédoine, en Thrace grecque et en Dobroudja du Sud[1], territoires que la Bulgarie revendiquait à ses voisins.
Seconde Guerre mondiale

Dans le contexte du théâtre d'opérations yougoslave de la Seconde Guerre mondiale, le terme Tchetniks désigne l’Armée yougoslave de la patrie (lire Serbe et non yougoslave), un ensemble d'unités de résistance armée Serbe contre les partisans. Le mouvement fut rapidement débordé par les Partisans communistes de Tito, mieux structurés, et, face à la puissance de ces derniers, les Britanniques décidèrent le roi Pierre II d'appeler l’Armée tchetnik de la patrie à se rallier aux partisans de Tito : devant pareil dilemme, certaines unités passèrent sous les ordres de Tito, tandis que la grande majorite des tchetniks resta fidèle a l'occupant[2].

