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Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement

ensemble d'outils didactiques From Wikipedia, the free encyclopedia

Les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement ou technologies de l'information et de la communication pour l'éducation, plus connues sous l'acronyme TICE (prononcé [tis]), sont les technologies de l'information et de la communication (TIC) utilisées à des fins d'enseignement ou d'éducation.

Image qui représente des technologies éducatives
Symboles de différentes technologies éducatives.
Étudiants dans une classe de laboratoire multimédia.

L'éducation par le numérique inclut l'utilisation de logiciels, appareils et plateformes numériques. Les TICE regroupent un ensemble d'outils conçus et utilisés pour produire, traiter, entreposer, échanger, classer, retrouver et lire des documents numériques à des fins d'enseignement et d'apprentissage.

On distingue l'éducation par le numérique (par exemple un cours sur ordinateur) de l'éducation au numérique (qui peut se faire sans numérique). L'étude des méthodes d'enseignement intégrant les TICE est quant à elle l'objet de la technopédagogie.

Histoire

Entre le milieu du XXe siècle et le début du XXIe siècle, l'utilisation des médias numériques dans l'éducation se développe rapidement, concurrençant les livres, supports traditionnels d'éducation. On parle alors de numérisation de l'enseignement.

Le secteur éducatif suit en effet de prês l'évolution des techniques comme l'arrivée des radio et télévision scolaires (1950), de l'informatique et de l'ordinateur personnel (1970), du magnétoscope (1980), de la télématique et du multimédia (1990), d'internet et du web (2000), de la tablette tactile et des MOOC (2010)[1].

Aux États-unis, des cours sont diffusés en direct à la radio vers les années 1920, et le premier rétroprojecteur est utilisé comme outil pédagogique en [2].

Pendant la seconde guerre mondiale, les militaires américains ont souhaité construire simulateur de vol, pour former les pilotes de bombardiers. Le prototype n'est pas vraiment fonctionnel, mais il débouche sur la construction d'un des premiers ordinateurs, le Whirlwind I au Massachusetts Institute of Technology[3].

En 1964, les chercheurs John Kemeny et Thomas Kurtz conçoivent le langage informatique Basic qui permet à plusieurs étudiants le partage et l'utilisation d'un ordinateur en même temps[4].

En 1999, 99 % des enseignants des écoles publiques aux États-Unis ayant accès à un ordinateur dans leur école déclaré avoir accès à Internet, et 78 % d'entre eux déclarent l'utiliser à des fins pédagogiques[5].

En 2002, le Massachusetts Institute of Technology a mis ses conférences enregistrées à la disposition du public en ligne[6].

La plateforme YouTube, crée en , prend progressivement de l'ampleur et permet aux enseignants de mettre en ligne des contenus vidéos, utilisables comme support de cours en ligne ; tel est le cas de la plateforme Khan Academy, qui existe sur Youtube depuis [6].

En 2008 apparaissent les systèmes d’enregistrement de cours (en). La mise en ligne est facilitée par des sociétés comme Canvas Network et les premiers cours en ligne ouvert à tous (MOOC)[6].

En 2020, La pandémie de Covid-19 entraîne la fermeture des écoles pendant quelques semaines[7]. Cet événement a contribué a renforcé les usages numériques dans l'éducation, comme les espaces numériques de travail et les plateformes de médias numériques tel que Zoom[8], Google Classroom et Microsoft Teams, qui permettent alors aux élèves d'assister à leurs cours à domicile via leurs ordinateurs portables, tablettes ou téléphones[7],[9].

Dans les pays scandinaves, en 2017, l'ambition est d'adopter massivement les outils numériques dans le cadre éducatif. Cependant, à partir de 2023, constatant aux tests internationaux comme PISA, l'impact des écrans sur la concentration est pointé du doigt, et la dynamique s'inverse[10].

Historique dans le système éducatif français

Le gouvernement français présente le Plan Informatique pour Tous, le [11]. L'État souhaite donner accès à un ordinateur aux 11 millions d'élèves des établissements publics français. Pour cela, il est prévu d'équiper les écoles avec 120 000 micro-ordinateurs supplémentaires (notamment le Thomson MO5 et le Thomson TO7) et de former 110 000 enseignants enseignants[12]. Avec un coût total de 2 milliards d'euro, l'objectif est ambitieux, mais permet soutenir de soutenir l'industrie française. Un an plus tard, seul 10% des enseignants sont formés[13] et le plan fut abandonné suite aux élections législatives de mars 1986 et la nomination d'un nouveau gouvernement[14].

À partir de 1983, l'arrivée du Minitel dans le paysage français est anecdotique. Les établissements, en tant qu'abonnés au téléphone, ont pu retirer gratuitement un minitel, lorsqu'ils sont situés dans une zone de distribution de l'annuaire électronique (71 % des lignes téléphoniques sont concernées)[15], mais l'usage est payant et ne semble pas avoir été exploité à des fins pédagogiques.

Utilisant les réseaux internationaux déjà développés (Bulletin Board System, réseaux des ambassades, etc.) le ministère de l'éducation nationale (bureau des innovations pédagogiques et des technologies nouvelles DLC15[16] puis direction de l'information et des technologies nouvelles, DITEN B2[17]) lance plusieurs expérimentations, dont « EDU 2000 » de 1991 à 1993[18], en partenariat avec le réseau de British Telecom. Il s'agit d'utilisations pédagogiques des liaisons « télématiques » (terme hérité de la période Minitel) entre la France et le Royaume-Uni.

À la suite de ces expérimentations le ministère lance en 1993 un plan de connexion des académies et établissements, avec le concours du réseau des universités, Renater[19].

En 1995, un certain nombre d'écoles françaises prennent l'initiative d'une connexion internet, et dès 1996, plusieurs académies proposent leurs sites web. C'est en 1997 qu'est lancé un plan national pour l’équipement et la connexion de tous les établissements de l’enseignement public, de la maternelle à l’université[20].

Au terme proposé, l'an 2000, les lycées sont équipés, mais les collèges et surtout les écoles devaient souvent attendre encore. Les efforts français peuvent également être placés dans le contexte de la vision de la société de l'information telle que définie par la Commission européenne et plus particulièrement des programmes eEurope qui fixent des objectifs ambitieux afin d'équiper et connecter l'ensemble des écoles européennes à l'Internet[21].

Pourtant, la France ayant un assez grand retard d'équipement par rapport à d'autres pays européens, comme le note le Rapport Fourgous[22] de 2010.

En 2015, François Hollande, présente le grand plan numérique. Ce dernier fait partie d’un des 34 plans qui permettrait à la France de se moderniser. Le grand plan numérique en particulier se donne pour objectif, de lutter contre les maux que connaît l’École française, notamment, le décrochage scolaire, et les inégalités sociales. Pour reprendre les termes de François Hollande, un enseignement d'exploration informatique et création numérique pour tout les élèves de seconde permettra de nouvelles formes d'apprentissage grâce au numérique avec un accès au savoir et à la culture[23].

Matériels et outils utilisés

Les tablettes interactives

Une tablette tactile est un ordinateur portable ne comportant aucun clavier ni souris. Les tablettes sont des ordinateurs mobiles très légers et maniables qui sont munies d’un écran tactile. Ce sont les doigts qui servent de souris afin de se déplacer dans les interfaces. La tablette peut être utilisée pour du traitement de texte, mais sa fonction première est de naviguer sur Internet et d’utiliser les applications proposées. L’utilisation de tablettes interactives en classe comporte plusieurs avantages. La tablette permet de réaliser une nette diminution des photocopies en classe, en proposant un accès aux versions numériques de manuels et de livres. Les élèves ont sur leur tablette personnelle tous les documents nécessaires à la progression de leurs apprentissages. Qui plus est, la tablette est mince et légère, ce qui permet une manipulation et un déplacement très aisé de l'objet. De plus, si l’école possède une connexion internet Wi-Fi, l’accès à Internet est très rapide.

Ensuite, avec la tablette interactive, il y a une intégration des TIC qui peut favoriser la motivation des élèves. En effet, les jeunes d'aujourd’hui sont nés dans une ère de technologie et l’utilisation de tablettes interactives peut les motiver dans leur réussite scolaire. La tablette peut être également utilisée pour la lecture de textes, de romans et de magazines, mais peut également servir pour des ateliers préconisant l’écoute de texte puisque des haut-parleurs peuvent être branchés sur la plupart des tablettes.

Les tablettes possèdent souvent un appareil photo et vidéo, ce qui permet aux élèves de prendre des photos et d’enregistrer de courts vidéos et, subséquemment de travailler les montages vidéo. Ce qui est également intéressant avec les tablettes comparativement aux caméras, c’est que l’utilisation de cassette pour enregistrer n’est pas nécessaire. En effet, l’enregistrement des photos et vidéos se fait directement sur la mémoire de la tablette.

Finalement, des applications peuvent être téléchargées gratuitement ou à un coût minime comme, Dropbox, SkyMap, Zoho, SonicPicsLite et iAnnotate PDF, IBooks, Google Earth, iMovie. Aussi, les tablettes permettent de s’abonner à des journaux, tel La Presse afin d’être à jour dans les actualités. Les tablettes interactives ont également quelques inconvénients. En effet, sans connexion Wi-Fi, la tablette est presque inutile, sinon pour faire du traitement de texte. Qui plus est, si le but principal est l'utilisation en classe, la recharge des tablettes peut s'avérer compliquée[24],[25],[26],[27].

Le tableau blanc interactif

Le tableau blanc interactif est l'équivalent d'une tablette graphique blanche (le « tableau ») reliée à un ordinateur dont l’image est projetée sur cette surface par un vidéoprojecteur.

Scratch

Environnement de programmation de Scratch.

Scratch est un logiciel gratuit, développé par le Massachusetts Institute of Technology utilisé pour initier les jeunes à la Programmation informatique. Il est conseillé aux enfants de huit ans et plus[28], mais des essais révèlent qu'il pourrait être accessible aux plus jeunes élèves[réf. nécessaire].

En France, depuis 2017, les élèves qui passent le brevet des collèges ont une exercice d'algorithmique et de programmation basé sur l'environnement Scratch[29]

L'apprentissage en ligne

L'apprentissage en ligne est une modalité pédagogique et technologique qui concerne la formation continue, l’enseignement supérieur mais aussi la formation en entreprise, c’est-à-dire pour un apprenant adulte ayant une certaine autonomie dans l’organisation de son processus d’apprentissage

C'est une méthode de formation/d'éducation qui permet théoriquement de s'affranchir de la présence physique d'un enseignant à proximité. En revanche, le rôle du tuteur distant apparaît avec des activités de facilitateur et de médiateur.

Enjeux

Maîtriser de nouvelles compétences

L’apprentissage des médias et de l’information au lycée est obligatoire depuis la loi d’orientation et de programmation (2013)[30]. Cette éducation est alors inscrite dans tous les programmes de la scolarité obligatoire avec le brevet informatique et internet et du lycée, puis remplacé par la certification Pix[31]

L'objectif est de lutter contre le décrochage scolaire et les inégalités scolaires liées aux origines sociales, apprendre aux jeunes à se protéger face à l’exploitation des données personnelles ou sites pornographiques, d'escroquerie ou encore aux sites marchands plus ou moins déguisés[32]. Il s'agit également de lutter contre la fracture numérique, afin d'apporter à toutes les catégories sociales une approche des possibilités de l'outil numérique, lorsque l'on sait que les usages sont socialement très discriminés[33].

Fracture numérique

Par ailleurs, le développement de pratiques numériques a aussi des effets négatifs. D'après une étude de 2025, les techniques d’enseignement s’appuient plus fréquemment sur les outils numériques, mais leur appropriation reste marquée par les inégalités socio‑familiales : seuls 13 % des élèves de troisième de l’éducation prioritaire renforcée ont un niveau de maîtrise élevé des compétences numériques[34].

Les classes populaires sont celles qui disposent le plus, d’au moins un appareil de communication. D'après une étude de 2016, environ 87 % des élèves en réseau d’éducation prioritaire affirment avoir un ordinateur, 98 % affirment avoir le Wi-Fi chez eux, 80 % une tablette et 86 % affirment disposer d’un téléphone dont 94% d’un smartphone[35].

Selon la directrice déléguée de l’Afev, Eunice Mangado, la fracture n'est plus lié à l’équipement, mais à l’utilisation. . Le capital culturel et l’origine sociale sont les principaux facteurs des disparités et des inégalités dans la maîtrise correcte des outils numériques par les jeunes dans le cadre scolaire. En 2008, Éric George, chercheur en sociologie de la communication expose que « 72 % des utilisateurs d’internet en milieu ouvrier ont un objectif de divertissement, contre 36% seulement chez les cadres supérieurs »[36]. Ceux qui bénéficient le plus des pédagogies puisant dans la culture numérique (classes inversées, MOOC) sont souvent ceux les plus pourvus, dans leur milieu familial, en capital culturel, scolaire et numérique[37].

On arrive ainsi au constat qu'une simple dotation aux écoles d’outil numériques n'est pas suffisante, car elle peut conduire à creuser davantage les inégalités entre les élèves. Il faut un accompagnement et un suivi qui permet leurs bonnes utilisations dans le cadre scolaire.

Pour être efficace, l'enseignement numérique a besoin d'un suivi de la part des parents, au même titre que l’enseignement traditionnel. Philipe Bilhouix, ancien professeur et auteur de l’essai, Le désastre de l’école numérique, explique que par exemple, dans le cadre de la « classe inversée », où il s’agit de visionner une vidéo à la maison, puis de consacrer le cours lui-même à des approfondissements ou des exercices. Tous les élèves ne regarderont pas la vidéo de la même façon : certains seront concentrés, accompagnés par leurs parents ; d’autres la regarderont d’un œil, en surfant en parallèle sur les réseaux sociaux »[38].

Formation des enseignants

Au début des années 2000, l’enjeu de la formation des professeurs est très important, ceux-ci ne sont pas forcément tous compétents dans l'usage des TIC. Des réseaux d’enseignement numérique voient le jour et se développent. Plusieurs enseignants innovent dans leur manière d’enseigner en s’appropriant les nouveaux supports pédagogiques[39]. A partir des années 2010, les enseignants peuvent s’auto-former au fur et à mesure grâce aux plateformes MOOC. En France notamment, le réseau CANOPE propose du contenu en rapport avec l'éducation. Par ailleurs, en France, en , une certification le Certificat informatique et internet de niveau 2 devient obligatoire pour être nommé enseignant.

Arguments pour et contre

Impacts positifs

Des élèves passant une évaluation sur iPad.

L’un des avantages concerne le poids des cartables scolaire. Désormais, le cartable numérique (tablettes, ordinateurs…), plus léger, est la solution pour l’éducation nationale pour remédier au long débat sur le poids de cartable des enfants. Ce cartable numérique dispose de possibilité de partage et d’accès à des documents, des contenus variés. Les outils de communication numériques permettent aux étudiants de dialoguer avec leurs professeurs en dehors de la salle de classe sur les problèmes ou les questions qu'ils se posent. Aussi, le numérique sert à cibler les cas spécifiques pour mieux y répondre. D'une part, le numérique permet aussi de rattraper plus aisément les cours manqués par des élèves malades ou souffrant de handicap physique ou mentale grâce à des sites de partage des cours dédiés pour l’occasion. D'autre part, elle permet l’individualisation de l’apprentissage. D'après l’experte en nouvelles technologies Vawn Himmelsbach, les outils numériques ont la capacité de personnaliser les programmes puisque chaque personne peut apprendre à son rythme suivant ses compétences propres[40]. L’utilisation de quiz et sondages serait l’occasion de faire participer les élèves habituellement timides.

En outre, les outils numériques ont un impact sur la bonne mémorisation et motivation des élèves. D’après l’étude Learning in One-to-One Laptop Environments de 2016[41], cela augmente « la créativité, l’autonomie et le plus important le plaisir d’apprendre c’est-à-dire cette envie d’être présent ». L’école numérique est davantage stimulante pour les élèves car les outils sont plus dynamiques par des interactions enseignant-cours et élèves-cours plus originales qu’auparavant[42]. L’élève n’est pas qu’un simple récepteur du cours mais il en devient aussi acteur, ce qui lui permettra de plus s’impliquer et maîtriser les leçons plus facilement. En effet, les supports visuels (écrans) stimulent plus la mémoire visuelle des étudiants. Cela explique pourquoi la tâche est plus captivante et agréable à réaliser. Aussi, ces outils permettent de faire varier les travaux et les tâches car il est possible de planifier des activités plurielles. En effet, ces supports donnent accès à des vidéos, permettent de préparer des travaux de groupes ainsi que des présentations d’exposés des élèves.

Enfin, les outils numériques[43] constituent un gain de temps précieux. C’est le cas de diverses applications rendant la tâche facile aux enseignants grâce à une gestion de temps optimisée. Certaines évaluations, par exemple, se corrigent plus facilement car l’application se charge de la corriger automatiquement, et ce, plusieurs fois. L’application est devenue le collègue du professeur[32]. Par ailleurs, en plus de la correction, les professeurs peuvent déléguer le rôle de la réalisation des évaluations grâce à des applications offrant une multitude d’exercices déjà préparée mais aussi remplir, en ligne, des formulaires administratifs.

Impacts négatifs

De jeunes étudiants interagissent avec un iPad dans une classe.

Les outils numériques peuvent être sources de distraction pour les élèves, impactant leur attention et concentration[44], il est probable donc que les enfants parviennent moins à agréger les informations lorsqu’ils sont devant un ordinateur.

Une étude de 2019 parue dans Le Point explique que les outils technologiques ont un impact sur la charge de travail des élèves (de la maternelle à l’enseignement supérieur). En effet, l’étude révèle un écart entre le temps investi réellement et le temps perçu : 59% des élèves pensent gagner du temps et 33 % pensent l’inverse[45].

Une étude de 2022 sur des enfants de CM2 montre néanmoins que lorsque les élèves prennent leurs notes manuscrites, leur performances de mémorisation semblent légèrement inférieure à ceux qui prenne leurs notes de façon tapuscrite (sans correcteur d'orthographe)[46].

En termes d’investissement, les outils technologiques sont moins rentables que les manuels. Les investissements ne font qu’augmenter, l’État dépense des millions pour les équipements pédagogiques, la formation des enseignants et pour l’accès au débit. En se penchant sur ses chiffres exorbitants, il est préférable de continuer avec des manuels scolaires dont l’investissement se réalise en une fois[47].

Selon une enquête diligentée par l'OCDE dans le cadre du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA)[48] : « Malgré des investissements considérables en ordinateurs, connexions internet et logiciels éducatifs, il y a peu de preuves solides qu'un usage accru des ordinateurs par les élèves conduise à de meilleurs résultats scolaires en mathématiques et lecture » et « les pays qui ont le moins investi dans l'introduction des ordinateurs à l'école ont progressé plus vite, en moyenne, que les pays ayant investi davantage. Les résultats sont identiques pour la lecture, les mathématiques et les sciences ». Enfin, « les associations avec l'utilisation/l'accès aux TICE est faible, et parfois négative, même lorsque sont examinés les résultats en lecture digitale et en mathématiques sur ordinateur ».

En résumé, les résultats des études PISA montrent que plus on utilise le numérique à l'école, plus les résultats en lecture, en mathématiques et en science baissent[49]. Contrairement aux buts affichés, l'utilisation des TICE à l'école échoue à améliorer l'apprentissage des compétences traditionnelles. Ceci peut s'expliquer par le fait que l'utilisation du matériel informatique détourne des interactions humaines et de l'engagement nécessaires à la compréhension et à la réflexion approfondies[50].

Ainsi, selon Michel Desmurget[51], dans les faits, le numérique est avant tout un moyen de résorber les dépenses éducatives: les enseignants qualifiés sont difficiles à former et recruter, et le numérique permettra de les remplacer par des « guides, médiateurs, facilitateurs, metteurs en scène ou passeurs de savoir » moins formés et moins payés, tout en masquant la dégradation de la qualité de l'enseignement sous un discours officiel apaisant.

De nombreux chercheurs pensent que la surutilisation des plateformes de médias numériques dans les environnements éducatifs peut entraver la discussion et les débats intellectuels pour les étudiants ainsi que les membres du corps professoral[52].

Bibliographie

Rapports, actes

  • Jean-Michel Fourgous (député) Réussir l’école numérique - Rapport de mission parlementaire[22] ;
  • CEE. (1995). Enseigner et apprendre. Vers la société cognitive. Luxembourg :Office des publications officielles des Communautés Européennes.
  • Duchâteau, C. (1994a). Faut-il enseigner l'informatique à ses utilisateurs?. Actes de la quatrième rencontre francophone de didactique de l'informatique. Québec, avril 94. Montréal : AQUOPS.
  • OCDE. (1984a). Nouvelles fonctions des enseignants et implications en matière de qualification. In Conférence internationale sur l'Éducation et les nouvelles technologies de l'information. Paris : CERI, OCDE.
  • OCDE. (1984b). Les technologies de l'information et l'éducation. Choisir les bons logiciels. Paris : CERI, OCDE.

Livres

  • Madeleine de Jessey, L'école des illettrés, réapprendre à lire et à écrire, Albin Michel, septembre 2026. Plusieurs chapitres consacrés à la digitalisation
  • Philippe Bihouix et Karine Mauvilly (2016). Le Désastre de l'école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans, Seuil.
  • Philippe Binant, Éléments d'histoire du cinéma numérique, Paris, CST, (lire en ligne).
  • Derouet, J-L. (1988). La profession enseignante comme montage composite : les enseignants face à un système de justification complexe. Éducation permanente, 96.
  • Duchâteau, C. (1992). L'ordinateur et l'école ! Un mariage difficile ?. Namur : CeFIS, Facultés N-D de la Paix.
  • Duchâteau, C. (1994b).Socrate au pays des ordinateurs. Bulletin trimestriel de l'EPI, 74, 159-177. Paris : Éditions de l'Epi.
  • Duchâteau, C. (1995a). The computer : ally or alien. In D. Watson et D. Tinsley. (Eds.), Integrating Information Technology into Education, (p. 13-26). London : Chapman & Hall.
  • Duchâteau, C. (1995b). Enseigner l'informatique à l'université à de futurs utilisateurs. In 50 ans d'informatique. 25 ans d'informatique dans l'enseignement, (p. 1-12). Fribourg : Université de Fribourg.
  • ERTI, (1995). Une éducation européenne. Vers une société qui apprend. Bruxelles : The European Round Table of Industrialists.
  • Hodgson, B. (1995). The role and needs of mathematics teachers using IT. In D. Watson et D. Tinsley. (Eds.), Integrating Information Technology into Education, (p. 23-37). London : Chapman & Hall.
  • Lasfargue, Y. (1988). Technojolies, technofolies ?. Paris : Les Éditions d'organisation.
  • Lafontaine, D., Grisay, A., et Orban, M. (1987). Enseignement et enseignants : mutations et perspectives à l'heure des nouvelles technologies. Liège : Laboratoire de Pédagogie Expérimentale, Université de Liège.
  • Meirieu, P. (1989). Enseigner, scénario pour un métier nouveau. Paris : Éditions ESF.
  • Mœglin, P. (2010). Les Industries éducatives. Paris : Puf, Que sais-je ?

Notes et références

Voir aussi

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