Tell Balata

site archéologique situé en Cisjordanie From Wikipedia, the free encyclopedia

Tell Balata (en arabe : تل بلاطة) est un site archéologique situé en Cisjordanie, près de Naplouse, en Palestine, comprenant les vestiges d'une ancienne cité cananéenne, associée depuis 1913 à la ville biblique de Sichem[1]. La zone urbanisée de Balata, un village palestinien et faubourg de Naplouse, couvre environ un tiers du tell et surplombe une vaste plaine à l'est[2]. Le village palestinien de Salim se situe à 4.5 kilomètres à l'est[3].

Faits en bref Localisation, Pays ...
Tell Balata
Image illustrative de l’article Tell Balata
Localisation
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Cisjordanie
Coordonnées 32° 12′ 49,03″ nord, 35° 16′ 55,18″ est
Histoire
Époque Âge du bronze
Âge du fer
Époque hellénistique
Géolocalisation sur la carte : Palestine
(Voir situation sur carte : Palestine)
Tell Balata
Tell Balata
Géolocalisation sur la carte : Cisjordanie
(Voir situation sur carte : Cisjordanie)
Tell Balata
Tell Balata
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Le site est inscrit par l'UNESCO sur la liste des sites du patrimoine culturel et naturel d'une valeur universelle exceptionnelle potentielle en Palestine[1]. Les experts estiment que les tours et les bâtiments du site remontent à 5 000 ans, à l'âge du cuivre et à l'âge du bronze[1].

Nom contemporain

Tell est un vieux mot sémitique désignant une butte archéologique, utilisé depuis longtemps par les fellahs arabophones[4]. Balata est le nom d'un ancien village arabe situé sur le tell, ainsi que du camp de réfugiés palestiniens adjacent de Balata établi en 1950[5]. Le nom est conservé par les habitants et utilisé pour désigner à la fois le village ainsi que la colline (et plus tard, le camp de réfugiés)[6].

Une théorie soutient que balata est un dérivé du mot araméen Balut, signifiant gland ; une autre théorie soutient qu'il s'agit d'un dérivé de l'époque byzantine-romaine, du mot grec platanos, signifiant « térébinthe », un genre d'arbre poussant autour de la source de Balata[5][6]. La communauté samaritaine locale appelle traditionnellement ce lieu « le Chêne Sacré » ou « l'Arbre de la Grâce »[7].

Identification comme l'ancienne Sichem

Traditionnellement, le site est associé à la cité samaritaine biblique de Sichem, qui, selon Josèphe, a été détruite par Jean Hyrcan Ier ; cette hypothèse repose sur des preuves circonstancielles telles que sa localisation et des indices préliminaires d'habitation datant de la fin de l'âge du bronze et du début de l'âge du fer. Tell Balata se situe dans un col montagneux entre le mont Garizim et le mont Ebal, un emplacement qui correspond bien à la description géographique de Sichem dans la Bible[8]. Aucune preuve inscrite ne vient étayer cette conclusion sur place, et d'autres sites sont également identifiés comme étant le site possible de la Sichem biblique ; par exemple, Y. Magen situe cette ville à proximité, sur le mont Garizim, sur un site couvrant une superficie de 30 hectares[9].

Archéologie

Le site est fouillé pour la première fois par une équipe allemande dirigée par Ernst Sellin de 1913 à 1914. Après la fin de la première guerre mondiale, le travail de Sellin reprend en 1926 et dure jusqu'en 1934, les dernières saisons étant dirigées par G. Welter.

Dans l'étude du PEF sur la Palestine des années 1880, Balata est mentionnée. Naplouse y est présentée comme étant l'emplacement de Sichem biblique, contrairement à l'identification moderne avec Tell Balata.

Les fouilles sont réalisées à Tell Balata par l'American Schools of Oriental Research de l'Université Drew, ainsi que le séminaire théologique McCormick en 8 saisons entre 1956 et 1964 lorsque la Cisjordanie est sous domination jordanienne[10][11][12][13][14][15][16]. Les archéologues ayant pris part à cette expédition comprennent Paul et Nancy Lapp, Albert Glock, Lawrence Toombs, Edward Campbell, Robert Bull, Joe Seeger, et William G. Dever, parmi d'autres[17]. D'autres fouilles seront entreprises par des archéologues palestiniens en collaboration avec des étudiants de l'Université de Leyde aux Pays-Bas dans le cadre d'un effort conjoint financé par le gouvernement néerlandais[1].

Un rapport final publié en 2002 sur les preuves stratigraphiques et architecturales de Tell Balata indique qu'il existe une interruption d'occupation entre la fin de l'âge du bronze récent (vers 1150 av. J.-C.) et le début de l'âge du fer II (vers 975 av. J.-C.)[18]. Un petit autel quadrangulaire découvert au Tell Balata, similaire à ceux retrouvés sur d'autres sites de l'âge du fer comme Tel Arad ou Tel Dan, ont pu être utilisés pour brûler de l'encens[19].

Tell Balata

L'une des plus vieilles pièces de monnaie découvertes en Palestine est une pièce de monnaie grecque macédonienne en électrum, datée d'environ 500 av. J.-C., retrouvée à Tell Balata[20]. Il existe des preuves que le site était habité durant la période hellénistique jusqu'à la fin du IIe siècle avant J.-C[21]. Cette ville de l'époque hellénistique est découverte à la fin du IVe siècle avant J.-C. s'étend sur une superficie de 6 hectares. La structure urbanisée présente des traces de dommages considérables datant des années 190 av. J.-C., et attribués à la conquête d'Israël d'Antiochos III. L'habitation se poursuit jusqu'à la destruction finale de la ville à cet endroit à la fin du IIe siècle avant J.-C.

Tell Balata en 2022

D'autres fouilles ont été menées entre 2010 et 2011.

Notes et références

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