Temps décimal en France
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Le temps décimal est utilisé en France entre et , durant la Première République, dans le cadre de la mise en place du système métrique et de l'uniformisation des mesures sur une base décimale amenées par la Révolution. La journée est alors divisée en 10 heures de 100 minutes de 100 secondes, au lieu de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes dans le système traditionnel duodécimal et sexagésimal. Bien qu'aboli en 1795, son utilisation a perduré jusqu'en 1800 (acte de mariage ci-contre datant de 1797).
Le temps décimal s'accompagne de la mise en place du calendrier républicain, dans lequel l'année est divisée en 12 mois de 30 jours[1].
Révolution française
Il est officiellement introduit en France par le décret du 4 frimaire an II ()[2] :
« XI. Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties ou heures, chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée. La centième partie de l'heure est appelée minute décimale ; la centième partie de la minute est appelée seconde décimale. »
La journée commençant à minuit, à midi il était donc 5 heures, et à la fin de la journée, à minuit, il était 10 heures et une seconde décimale durait 0,864 sexagésimale. Le 18 germinal an III () le décret rendant obligatoire la division décimale du jour est suspendu, dix ans avant l'abolition par Napoléon du calendrier révolutionnaire le [3].
Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la convention nationale :
- Comme elle n'offre à la presque totalité de la nation aucun avantage marqué, elle ne ferait que jeter de la défaveur sur le nouveau système des mesures et sur la méthode décimale, qui est cependant bien utile ;
- Comme le comptage des heures n'est pas un objet commercial ni susceptible d'un règlement de police, les anciens usages se maintiendraient par la force immense de l'habitude ;
- Cette habitude se consoliderait encore par la crainte de la confusion. Il faudrait pour la prévenir prendre des dénominations nouvelles qui n'ont pas encore été indiquées, et qu'il serait bien difficile d'introduire dans le langage vulgaire, pour tant de gens surtout qui n'écrivent, qui ne calculent point, et qui n'apprécient le temps que par une routine fondée sur l'opinion commune ;
- La dépense du changement des horloges serait énorme ;
- Enfin, les citoyens et les horlogers répugneraient infiniment, les uns à faire changer leurs montres, et les autres à perdre la faculté de vendre celles qui sont déjà faites. Cette vérité est acquise par le résultat du concours qui a eu lieu dernièrement, en vertu du décret relatif aux mouvements d'horlogerie.
Le XIXe siècle
Au XIXe siècle, l'ingénieur français Joseph de Rey-Pailhade s'inspire du temps décimal de 1793 pour créer le cémètre, une montre décimale qui découpe le temps en cinquante et exhorte la France à adopter le méridien de Greenwich comme point de départ des fuseaux horaires. Sa démarche de décimalisation du temps est soutenue par Ernest Pasquier[4].
Horlogerie
De nombreuses montres, pendules et horloges décimales construites à l'époque sont visibles dans de nombreux musées[5] : Musée des Arts décoratifs, Musée Carnavalet, Musée national des techniques de Paris, Musée international d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds, musée de la Révolution française du château de Vizille, etc.
Depuis , le musée de la Révolution française expose une pendule décimale dorée, qui était en fonction entre et , décomptant cent secondes dans une minute, cent minutes dans une heure et dix heures dans une journée[6].
Postérité
En , pour le Bicentenaire de la Révolution, différentes initiatives tentent de remettre la France à l’heure (décimale) de la Révolution. Ainsi, l'horloger Beuchat édite une série de montres décimales (La Marseillaise de Beuchat). Le , la ville de La Garde, dans le Var, inaugure devant l’entrée de la mairie une horloge décimale publique : Borne temporelle no 1 de Georges Perpes.