Tentative de coup d'État au Burkina Faso en 1989
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| Date | 18 September 1989 |
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La tentative de coup d'État de 1989 au Burkina Faso est présentée comme un projet de putsch militaire planifié par Jean-Baptiste Boukary Lingani et Henri Zongo, avec d'autres conspirateurs non identifiés. Selon le gouvernement burkinabè, le complot visait le Blaise Compaoré. Celui-ci avait pourtant mené, avec Lingani et Zongo, deux précédents coups d'État dans le pays. Tous les auteurs connus du complot sont rapidement exécutés.
Compaoré, Lingani et Zongo se rencontrent à la fin des années 1970, dans ce qui est alors la République de Haute-Volta, en tant qu'officiers subalternes et membres du ROC, un mouvement clandestin de gauche. Un autre membre est Thomas Sankara, un ami proche de Compaoré. En 1982, les quatre hommes aident le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo à renverser le colonel Saye Zerbo. Après l'arrestation de Sankara, Lingani et Zongo par Ouédraogo en 1983, Compaoré lance un coup d'État militaire le 3 août pour sauver ses amis et camarades. Il renverse Ouédraogo et place Sankara à la tête du pays. Les trois autres deviennent les principaux membres de la junte au pouvoir. Ensemble, ils entreprennent une transformation radicale de la société, appelée la «Révolution démocratique et populaire».
Le 15 octobre 1987, Compaoré, Lingani et Zongo s'unissent pour renverser et assassiner Sankara. Une nouvelle junte est proclamée sous le nom de «Front populaire», et Compaoré devient président du Burkina Faso. Lingani et Zongo conservent leurs fonctions en tant que ministre de la Défense populaire et ministre de la Promotion économique[1]. Le triumvirat entreprend de défaire les réformes d'extrême gauche de Sankara, bien que leur coopération prenne fin après deux ans.
Les autorités burkinabè affirment que le 18 septembre 1989, alors que le président Compaoré est en visite d'État en Chine, une tentative de coup d'État est découverte par le capitaine Gilbert Diendéré, commandant du Régiment de sécurité présidentielle. Le complot, mis au jour juste avant le retour de Compaoré au pays, devait avoir lieu au moment où celui-ci atterrirait à Ouagadougou. Les sources divergent sur les modalités: certaines avancent qu'il devait être arrêté à son arrivée, d'autres que l'avion devait explosé[2]. Lingani et Zongo, respectivement numéro 2 et 3 du pouvoir, sont désignés comme les instigateurs de cette tentative et dénoncés comme fascistes. Un communiqué lu à la radio nationale déclare: «Notre peuple et sa révolution, ainsi que ses militants à tous les niveaux, viennent d'échapper, dans la nuit du 18 septembre 1989, à un complot lâche fomenté par des éléments militaires et fascistes dirigés par des personnes ambitieuses et antirévolutionnaires situées au sommet de la direction politique»[3].
Jean-Baptiste Boukary Lingani, Henri Zongo et deux comploteurs non identifiés sont rapidement arrêtés et exécutés sommairement après la découverte du complot[4]. Le pouvoir de Compaoré se maintient pendant vingt-cinq ans, jusqu'à son renversement lors de l'insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso.
Voir aussi
Références
- ↑ (en) « WORLD: Burkina Faso Coup Attempt Foiled », Los Angeles Times, Los Angeles, (lire en ligne)
- ↑ Political Handbook of the World 2014, Washington, D.C., CQ Press, (ISBN 148-333-327-2), p. 199
- ↑ (en) « Four Coup Plotters Executed in Burkina Faso », Associated Press, New York City , (lire en ligne)
- ↑ Countries at the Crossroads 2011: An Analysis of Democratic Governance, Lanham, Rowman & Littlefield, (ISBN 144-221-261-6), p. 111
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