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Teri Moïse

autrice-compositrice-interprète américaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Terry Moise, dite Teri Moïse est une auteure-compositrice-interprète américaine francophone, d'ascendance haïtienne, née à Los Angeles le , et morte le (ou le selon l'index des décès de la sécurité sociale des États-Unis) à Madrid, en Espagne[1],[2].

Décès
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Madrid
Nom de naissance
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Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Teri Moïse
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Biographie
Naissance
Décès
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Madrid
Nom de naissance
Terry MoiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Mère
Odette Pasquet
Fratrie
Natalie Moïse
Conjoint
Patrick Houlez
Parentèle
Dadou Pasquet (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Distinctions
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Elle s'installe en France au début des années 1990 et sort deux albums avant de rompre définitivement avec l'industrie de la musique et cessant toute apparition publique.

En 1997, elle reçoit une Victoire de la musique et le prix Vincent-Scotto.

Jeunesse et formation

Fille d'immigrés haïtiens, Teri Moïse naît à Los Angeles. Ses oncles André "Dadou" et Claude Pasquet, fondateurs du groupe Magnum Band, sont déjà des musiciens reconnus[1].

Elle marque cependant la distance avec ses oncles, lorsqu'elle déclara en 1997 à La Presse : « Mes oncles, indique-t-elle, jouent dans le Magnum Band de Port-au-Prince. Je connais leur musique (le compas), mais je n'ai pas évolué essentiellement dans la culture haïtienne. À Los Angeles, nous avons grandi en anglais et en français. Je ne suis jamais allée en Haïti, d'ailleurs. Et je trouve dommage de n'avoir pu apprendre le créole. Il m'arrive de le reprocher à ma mère[3]... ». Son rapport imaginaire à Haïti sera incarné dans sa composition Comment aller là-bas ? (« Oh seras-tu comme je t'imagine / pays de magie de mes origines / tu me fascines / hey oh tes forêts sauvages tes champs / répandus / je me chercherai dans tes villages perdus / pour trouver mon identité »).

Elle grandit à Los Angeles, dans le quartier de South Central[4],[5]. Elle a été dans une école catholique, où elle était habillée en uniforme[6]. Après avoir étudié l'économie à l’université de Berkeley, elle s'établit à Paris en 1990 en tant que fille au pair. Elle apporte avec elle une basse électrique, que son père lui a offerte[7]. Elle y poursuit des études de lettres à la Sorbonne, mais se passionne également pour la musique. La jeune femme étudie le solfège, joue dans plusieurs groupes et décide finalement de rentrer à Los Angeles. Elle s'inscrit dans une école privée, le Musicians Institute[4],[8]. En , elle est fortement marquée par les Émeutes de Los Angeles, selon le musicien Guehu Sass, membre des Sanmélé, collectif qu'elle fréquente entre 1995 et 1997[9].

Débuts

Teri Moïse retourne à Paris en 1992 et y travaille comme choriste pour le chanteur et DJ Claude Sabbah. Dès son premier concert en 1994 à Montmartre, elle fait connaissance d’Étienne Wersinger, venu l'écouter sur les conseils de Marc Collin, du groupe Nouvelle Vague[9]. Avec Étienne Wersinger, elle commence à composer et réalise une maquette de trois de ses titres afin de les proposer à des interprètes, mais son entourage la convainc de les chanter elle-même[10]. Pendant cette période, elle est introduite par Étienne Wersinger dans le collectif musical Sanmélé, qui dispose de son propre studio de répétition[9]. Après quelques refus, Étienne Wersinger convainc en Philippe Ascoli, alors en train de monter le label Source chez Virgin[9]. À nouveau, elle est incitée à chanter elle-même, le label croyant en son potentiel d'interprète.

1996 : premier album et reconnaissance

Elle se fait connaître grâce à son premier single, intitulé Les Poèmes de Michelle[4]. C'est la composition Moïse/Wersinger qui ouvre l'album, pour laquelle Étienne Wersinger sollicite Nicolas Godin (qui connaîtra le succès avec Air) à la guitare acoustique. Le titre atteint la 11e place du classement des ventes en France, alors que son premier album, édité en 1996, se classe 12e[11]. Teri Moïse donne son premier concert en solo dans la salle intimiste du Réservoir, dans le 11e arrondissement de Paris[12].

Le disque est réalisé par Étienne de Crécy et publié par Source, une filiale de Virgin Records (un laboratoire artistique créé et dirigé par Philippe Ascoli), un label appartenant au groupe EMI[1],[13]. Son enregistrement, fin 1995 au Studio Gang, met à l'épreuve le duo Moïse-Wersinger : Philippe Ascoli fait appel à Jean-Claude Ghrenassia et Etienne de Crécy pour la production. Des tensions et divergences artistiques se cristallisent et Étienne Wersinger est remercié avant la fin de l'enregistrement au Studio Gang[9]. Il est mixé au Studio Plus XXX (où Étienne de Crécy est ingénieur du son) et masterisé au Metropolis Studio (Londres)[14] L'album est certifié Disque d'or par le SNEP un an après sa sortie[15]. Teri Moïse s'inspire de la musique afro-américaine, mais interprète ses chansons en français[5]. Son style est décrit comme un « mélange de groove, de poésie folk et de spleen aérien »[16]. Son album mélange pop, blues, soul mais aussi le kompa haïtien avec la participation des musiciens guadeloupéens Jean-Philippe et Thierry Fanfant et du guitariste guyanais Patrick Marie Magdelaine, sur le titre enjoué Comment aller là-bas.[14]

L'autre grand succès de la chanteuse, le single Je serai là, atteint la 8e place du Top 50 début 1997. La même année, Teri Moïse est récompensée aux Victoires de la musique dans la catégorie artiste interprète ou groupe francophone et reçoit de la SACEM le prix Vincent-Scotto[4]. Elle n'est pas présente lors de la remise de cette Victoire de la musique[17].

Début 1998, elle participe au collectif Ensemble contre le sida en interprétant la chanson Sa raison d'être, composée par Pascal Obispo.

1998-1999 : deuxième album et éloignement médiatique

Son second album sort le , toujours sous la houlette d'Étienne de Crécy, mais l'équipe de musiciens est fixe tout au long de l'album. Le single Fais semblant lance l'album et en est le succès principal, suivi par Star et Il Sait. Étienne de Crécy a indiqué que ce titre, qui aborde le mépris vécu par un homme noir, caractérisait ce qui animait Teri Moïse[1]. Pascal Colomb signe les arrangements, la rythmique est assurée par le tandem basse-batterie Laurent Vernerey-Pierre-Alain Dahan[18]. L'enregistrement de cet album a été difficile pour Teri Moïse, car les cours de chants lyrique qu'elle suit au moment de l'enregistrement ne se prêtent pas aux compositions choisies[10].

Elle donne un concert acoustique et intimiste à l'Olympia de Paris le [19],[20]. Durant l'été suivant, elle se produit dans plusieurs festivals, dont les Francofolies de Spa le et de Montréal le [4]. Ce deuxième album mentionne l'agence de création TéMO dans son livret, société à responsabilité limitée créée par Teri Moïse enregistrée à l'INSEE le . Cette mention d'une agence artistique dans le domaine d'activité « Enregistrement sonore et édition musicales » peut être perçue comme une tentative de reprendre la main sur la direction artistique.

Sa dernière apparition publique connue est lors des premières parties de Francis Cabrel en . Cabrel déclare à son propos : «Je trouve, [...], que Teri Moïse a un début de carrière très prometteur. Certes il lui manque un peu de répertoire mais elle a les capacités qu'il faut pour devenir un personnage important dans la chanson. Et puis je préfère donner un coup de pouce à des gens qui ont déjà un pied dans la place plutôt qu'à des inconnus qui sont propulsés par un tube et pour lesquels en général il ne se passe pas grand chose par la suite»[21].

Malgré cette tournée, le disque ne rencontre pas le même succès que le précédent (100 000 copies contre 500 000 après promotion pour le premier) et Teri Moïse fait le choix de s'effacer de l'industrie musicale, en s'opposant frontalement à son label et en s'exilant ensuite à l'étranger[13]. Le , en pleine tournée, elle déclarait au quotidien Le Progrès de Lyon : « Les paillettes, ce n'est pas pour moi. J'ai beau être dans le show biz, je m'efforce d'être strictement la même sur scène que dans la vie : discrète. »[6]

2000 : procès contre Virgin et fin de carrière

En froid avec son label, la chanteuse cherche à se libérer de son contrat discographique, qui lui impose la création d'un troisième album. Elle se rapproche du manager Daniel Margules (manager de MC Solaar), qui s'est fait une spécialité de faire casser les contrats des artistes. Le , le conseil de prud'hommes tranche en sa faveur[22]. Elle était défendue par l'avocat Simon Tahar[10], qui lui permet d'obtenir un jugement en sa faveur et fera jurisprudence sur les abus des majors de l'édition phonographique concernant les contrats à durée déterminée des artistes[23].

Teri Moïse a indiqué dans plusieurs interviews vivre de façon très ordinaire à Bagnolet[24]. Les données publiques du Registre national des entreprises (RNE) indiquent qu'elle est inscrite sous son état civil « Terry Moïse » comme entrepreneur individuel (société MOÏSE), possédant un appartement à Bagnolet entre 1996 et 1997, puis une maison à Montreuil de 1997 à 2002[25].

C'est dans cette dernière période que Teri Moïse s'éloigne du paysage médiatique, elle s'installe à Barcelone avec son compagnon et vit de ses droits d’auteur[1]. Elle continue de composer, mais ses nouveaux titres ne sont pas enregistrés, ni déposés à la Sacem, dont elle est sociétaire[1],[13]. Le registre national des entreprises indique la fermeture de la société TéMO (société d'édition créée par Téri Moïse, après une phase de gérance attribuée à Patrick Houlez, son compagnon, en 2003), le , ce qui peut être considéré comme l'arrêt administratif de son activité artistique[26].

Elle rentre en 2008 aux États-Unis afin de prendre soin de sa mère, Odette Moïse (née Pasquet), demeurée en Floride dans la maison qu'elle lui avait offerte. Elle s'établit à Berlin après la mort de celle-ci en [1].

Son retrait de la scène médiatique est à mettre en rapport avec les propos sans équivoque qu'elle avait tenus dans son entrevue avec la journaliste québécoise Caroline Barrière en pour le journal Le Droit : « Je ne me dis pas que je suis devenu quelqu'un en étant chanteuse. De toute façon, je suis pas showbiz. J'aime rencontrer les gens sans être grégaire. Je ne vais pas dans les fêtes pour faire de grandes rencontres. Les gens superficiels t'aiment aujourd'hui et te jettent demain »[7].

Malgré sa relative réclusion et le terme mis à son contrat, Teri Moïse possède une page MySpace à partie de 2008, qui restera son dernier signal adressé à ses fans[27]. Aucun nouveau titre n'y sera publié. Cette page pourrait avoir été créée automatiquement en 2008 suite au rapprochement d'EMI et de MySpace, voulant proposer de diffuser de la musique en streaming, sans DRM[28],[29].

Décès

En 2013, Teri Moïse est récemment séparée de Patrick Houlez, avec qui elle a passé 19 ans. Elle quitte Berlin où ils ont vécu quelques années, dans le but de s'installer à Madrid[30]. Dans un dernier échange, elle demande par e-mail à Patrick Houlez de lui transmettre des papiers administratifs pour rendre son appartement à Berlin et retourner en Espagne[1].

Après trois jours de rumeurs suite à un message (sans source officielle) de l'animateur Claudy Siar le sur le réseau social Twitter, la mort de Teri Moïse est confirmée. Les autorités madrilènes, ayant constaté le décès, parviennent à identifier l'artiste et contactent la SACEM. Des communiqués de EMI et de la SACEM confirment son décès dans la soirée du [31],[32]. Retrouvée inanimée dans sa chambre d'hôtel, la chanteuse s'est suicidée le à Madrid en Espagne[13]. Emmanuel de Buretel, ex-président de Virgin France, contacte Jean-Noël Tronc, alors directeur général de la SACEM, de peur que l'artiste ne trouve pas de sépulture digne. Son compagnon et manager pendant 19 ans, Patrick Houlez, a dit que le racisme ambiant était l'une de ses grandes souffrances, mais aussi que le suicide avait été une option qu'ils avaient envisagée en tant que couple[33].

La SACEM parvient à entrer en contact avec Natalie Moïse, l’une des deux sœurs de Teri établie aux États-Unis. EMI (qui possédait Virgin) et la SACEM participent aux frais d'obsèques, la famille Moïse ayant choisi la crémation[10]. Son oncle Dadou Pasquet déplore que la famille ait appris la nouvelle de sa mort sur Facebook, il en est très affecté : le musicien et guitariste Magnum Band préparait un grand concert Teri-Dadev-Dadou-Magnum Band (Dadev étant la fille de Dadou Pasquet) pour que Teri, qui n'a jamais connu Haïti que par les histoires familiales, puisse découvrir le pays et y donner un concert[34].

L'attaché de presse suisse Michel May, qui avait témoigné en sa faveur à son procès en 2000, était un des rares amis proches de Teri[10].

Patrick Houlez, qui affirme avoir rencontré Michel May à Barcelone quelques semaines avant le décès de Teri Moïse, a discuté avec ce dernier de remotiver Teri pour reprendre la musique. L'ancien compagnon et manager affirme être en possession de morceaux inédits sur un vieil ordinateur, dont une version anglaise de Les Poèmes de Michelle[35]. Patrick Houlez décède peu après, en 2015[36].

Hommages

Dans un communiqué du , la SACEM lui rend hommage : «Cette femme du monde au répertoire poétique dont les plus belles œuvres, telles que Les Poèmes de Michelle, Je serai là et Fais Semblant marquent les mémoires»[37].

C'est du côté du RnB et du hip-hop que vient le premier hommage à Teri Moïse sur les ondes de Skyrock, dans l'émission Planète Rap du , avec une interprétation de Les Poèmes de Michelle par Djany[38].

Le , Les Innocents (J. P. Nataf et Jean-Christophe Urbain) interprètent en version acoustique Les Poèmes de Michelle dans l'émission Carte blanche d'Augustin Trapenard. Interrogé sur le choix de cette reprise, Jean-Christophe Urbain répond à Augustin Trapenard, « Justement, on a peur de ne pas être à la hauteur parce que ce titre nous renverse. C'est une très très belle chanson, très peu écoutée depuis longtemps [...] ça a été un énorme tube, mais je trouve qu'il n'existe plus, comme si cette chanson était nulle part et je trouve ça dommage [...] Cette artiste est partie un petit peu, je trouve, dans l'anonymat [...] si au moins on peut juste lui faire un petit coucou avec ça, c'est bien. »[39].

Le , pour les dix ans de sa disparition, la Fondation pour la mémoire de l'esclavage organise un hommage à la Flèche d'or à Paris. Il s'agit du premier hommage officiel à l'artiste disparue[40].

Le , la chanteuse brésilienne Flavia Coelho donne sa version de Les Poèmes de Michelle, dans l'émission radio Le Grand Dimanche Soir sur France Inter, au studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique[41].

Le , Imany déclare à France Inter, dans sa playlist où elle retient le titre Fais semblant : « Elle n'a pas eu les lettres de noblesse qu'elle mérite. »[42]

Première réédition

En , Warner Music France/Parlophone (qui a absorbé EMI en 2014) commercialise des éditions limitées du premier album (pressage orange) et du second album (pressage blanc)[43]. Il s'agit de la première exploitation de l’œuvre depuis 1999 (hors plateformes numériques).

Discographie

Albums

Singles

Concerts notables

 : Printemps de Bourges (Palais d'Auron)[44]

 : Béziers, parvis du théâtre (Fête de la musique)

 : La Cigale (avec Zap Mama)[45]

 : Olympia (Paris)

 : Limoges (avec Tonton David)

 : Le Transbordeur (Lyon)

 : Francofolies de Spa (Belgique)

 : Francofolies de Montréal (Québec)

 : Erbalunga (Corse)

15, 16 et  : première partie de Francis Cabrel à Bordeaux et Toulouse

Notes et références

Liens externes

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