Théâtre de la Renaissance (Nantes)
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| Type | Opéra |
|---|---|
| Lieu | Nantes |
| Coordonnées | 47° 13′ 09″ nord, 1° 33′ 50″ ouest |
| Architecte | Joseph-Fleury Chenantais |
| Inauguration | |
| Fermeture | (incendie) |
| Nb. de salles | 1 |
| Capacité | 3 094 (en 1868), 2 143 (en 1900) |
Le théâtre de la Renaissance était une importante salle de spectacle de Nantes (France), aujourd'hui disparue, et qui fut, durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe le plus grand théâtre de la ville.
Deux frères, Prosper et Joseph Touchais, marchands de fer commissionnaires, domiciliés place du Cirque, sont à l’origine de la construction du théâtre.
Ils font appel à l'architecte[N 1] Joseph-Fleury Chenantais et qui établit les plans d'une salle pouvant contenir 3 094 spectateurs, soit 1 000 personnes de plus que le théâtre Graslin, et pouvant être transformé en cirque par le simple arrangement du parterre en piste[1]. Ce type de salle est alors en vogue, vingt-quatre sont construits en France, dont un à Angers en 1866. La particularité de l'édifice nantais est d'être construit en pierre, moellons et fer, et non pas en bois[2].
Les travaux commencent en 1867 sur le côté nord de la place Brancas (actuelle place Édouard-Normand), situé non loin du Palais de justice d'alors (construit aussi par Chenantais une quinzaine d'années auparavant) et s'achève un an après. Le , le théâtre de la Renaissance est inauguré avec une représentation du Misanthrope de Molière[1].
Du théâtre privé à la salle municipale
À son ouverture, la salle bénéficie de deux avantages sur son concurrent, le théâtre Graslin, alors appelé le Grand Théâtre. Tout d'abord ses dimensions, permettant d'accueillir des spectacles de plus grande envergure[3], et un plus grand nombre de spectateurs[4]. Ensuite, les frères Touchais décident de confier la direction de la salle à M. Hubert[3], qui programme une troupe de chanteurs italiens, dont la nouveauté suscite l'engouement du public nantais. La « salle Brancas » peut compter sur la grande popularité du ténor Tombesi, dont le charme fait des ravages, du baryton Strossi, du contralto Demerio, et de la soprano Laura-Harris, qui interprètent Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi. Au début de la saison 1869-1870, Faust[N 2] et La Messe de Rossini sont des succès. Cependant, la nouveauté estompée, le style de programmation n'emporte plus l'adhésion du public. Les frères Touchais, déclarés en faillite par le tribunal de commerce de Nantes, sont contraints de se séparer du théâtre. La municipalité en profite alors pour l'acquérir en 1875[1].

Le théâtre de la Renaissance devient à son tour une salle municipale, au même titre que le théâtre Graslin, les deux lieux étant d'ailleurs administrés par le même directeur pour éviter toute concurrence. Ainsi, pendant la saison 1879-1880[5], les travaux de réfection dans le Grand Théâtre le rendant indisponible, l'ensemble des représentations ont lieu dans la salle de la Renaissance sous la direction de Jourdan-Blondel.
Les dimensions du théâtre lui permettent d'accueillir des artistes de prestige, au détriment du théâtre Graslin. C'est le cas en 1880 et 1895, lorsque la salle accueille Sarah Bernhardt[6]. Cependant, le théâtre de la Renaissance, utilisé irrégulièrement, est surtout voué à accueillir des représentations à tarif réduit, et est considéré comme une annexe de Graslin[4].
La salle est également utilisée pour l'organisation des réunions politiques, notamment celles liées au mouvement ouvrier. Le , Jean Jaurès s'exprime devant 2 000 personnes[7].
En 1900, à la suite des dégâts causés par un cyclone qui s'est abattu sur la ville[4], la salle perd en capacité, ne comptant plus que 2 143 places après rénovation.
L'incendie
Mais, le , la catastrophe survînt en pleine représentation de la pièce d'Alphonse Daudet intitulée L'Arlésienne. Le feu se déclara non seulement dans le théâtre, mais aussi dans le conservatoire de musique attenant, et embrasa le bâtiment. Les sapeurs-pompiers luttèrent de nombreuses heures pour venir à bout du sinistre. Mais ils ne purent pas empêcher la destruction quasi totale de ce haut lieu culturel nantais qui ne se relèvera jamais de ses cendres. L'incendie aurait été provoqué par le mauvais fonctionnement d'un appareil de chauffage.
La ville pensa bien reconstruire l'édifice, et l'architecte Étienne Coutan fut chargé d'une étude sur ce projet[8]. Une décision fut adoptée dans le sens de la reconstruction le , le jour de la déclaration la guerre de l'Allemagne à la France, qui entraîna le pays dans la Première Guerre mondiale, mais du fait du conflit, le projet est abandonné, et la nouvelle salle de spectacle ne verra jamais le jour.
Un square est aménagé durant l'entre-deux-guerres, après la démolition des ruines du bâtiment. Celui-ci est remplacé, après la Seconde Guerre mondiale, par des baraquements faisant office de lieu de culte de l'église réformée, à la suite de la destruction lors de bombardements du temple qui se trouvait alors place de l'Édit-de-Nantes. Ces baraquements laissent ensuite la place à un édifice définitif conçu par l'architecte Victoire Durand-Gasselin, et inauguré en 1958.
