Thalassiosira pseudonana
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Hasle & Heimdal 1970
Thalassiosira pseudonana (anciennement Cyclotella nana) est une espèce de diatomée marine du genre Thalassiosira, largement utilisée comme organisme modèle en biologie marine et en génomique. Initialement isolée en 1957 en eau douce en Allemagne[1], cette espèce a par la suite été observée dans une grande diversité de milieux, incluant des habitats saumâtres et marins. En plus de ce caractère euryhalin, T. pseudonana peut tolérer une large gamme de conditions environnementales[2].
En 2004, elle est devenue l’un des premiers phytoplanctons marins eucaryotes dont le génome a été entièrement séquencé[3]. Ce choix s’explique par caractéristiques favorables : une croissance rapide, une distribution cosmopolite et un génome relativement compact (34 mégabases ). Le séquençage a révélé un génome complexe, issu d’une histoire évolutive marquée par des événements d’endosymbiose et de transfert horizontal de gènes, ainsi qu’une grande diversité de voies métaboliques impliquées dans le métabolisme du carbone, la perception de la lumière et l’assimilation des nutriments[3].
T. pseudonana est l'un des organismes modèle pour l’étude des diatomées, notamment grâce au développement d’outils de manipulation génétique (transformation, interférence ARN, CRISPR/Cas9) permettant l’analyse fonctionnelle des gènes in vivo dans cette espèce[4]. Elle est particulièrement utilisée pour étudier la biominéralisation de la silice, processus par lequel les diatomées forment leur paroi cellulaire (frustule) constituée de structures siliceuses hiérarchisées[5]. La capacité de T. pseudonana à produire des structures de silice complexes suscite également un intérêt en biotechnologie, notamment dans les domaines des nanomatériaux, de la catalyse et des biosenseurs[6].
Plus largement, cette espèce à fait l'objet d'études portant sur la compréhension des réponses physiologiques des diatomées aux variations environnementales (lumière, nutriments, température, acidification des océans), contribuant ainsi à une meilleure compréhension du rôle du phytoplancton dans les écosystèmes marins et les cycles biogéochimiques globaux[2][4].

