The Deconstruction
album d'Eels de 2018
From Wikipedia, the free encyclopedia
The Deconstruction est le douzième album studio du groupe Eels. Il paraît le , quatre ans après The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett.
Genèse et contexte
Paru le 6 avril 2018 chez PIAS, The Deconstruction constitue le douzième album studio du groupe Eels, formation de rock expérimentale fondée en 1995 à Los Angeles par Mark Oliver Everett [1],[2]. Il succède à The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett (2014) et interrompt une période de quasi-retrait artistique de quatre ans durant laquelle Everett avait envisagé de mettre fin à sa carrière, épuisé par l'alternance incessante des tournées et des sorties discographiques [3],[4],[5].
La conception de l'album s'inscrit dans un contexte biographique marqué par des transitions personnelles : activité d'acteur dans la série Love, séparation conjugale et assomption de la paternité — ce dernier événement évoqué de manière allusive dans la berceuse Archie Goodnight, dédiée à son fils et ponctuée d'une réflexion sur la naissance « sous le règne de Trump » [4],[5]. Après des décennies marquées par des drames familiaux successifs (décès du père, suicide de la sœur, cancer de la mère, perte d'une cousine lors des attentats du 11 Septembre) ayant structuré des œuvres antérieures comme Electro-Shock Blues (1998), Everett adopte ici une posture d'optimisme lucide, synonyme selon ses termes d'une « positivité ironique » face au chaos ambiant [2],[4],[5]. Cette inflexion thématique s'inscrit dans la continuité d'une discographie jalonnée d'expérimentations stylistiques — du blues de Shootenanny aux sonorités orchestrales et folk des albums précédents — tout en renouant avec la sophistication architecturale qui caractérisait les débuts du groupe [2].
Enregistrement
L'enregistrement mobilise une formation réduite mais stable : à côté d'Everett, Kool G Murder (basse) et P-Boo (guitares, claviers, batterie) forment le noyau dur, épaulé par le Deconstruction Orchestra & Choir et ponctuellement par des musiciens classiques aux cordes, une configuration rappelant les dispositions orchestrales des périodes antérieures du groupe [2],[3]. L'appareil instrumental privilégie la diversité caractéristique d'Everett — multi-instrumentiste employant alternativement guitare, banjo, mandoline, piano, célesta, wurlitzer, mélodica et toy piano — ainsi que des éléments atmosphériques comme le thérémine, des boucles symphoniques, des chœurs et des notes de vibraphone [1],[5],[6].
Évolution thématique
The Deconstruction opère un glissement sémantique par rapport aux œuvres antérieures marquées par le spleen. Conçu comme « une nouvelle étape de la thérapie musicale » d'Everett, le disque affiche une résilience affirmative : au-delà de la simple constatation des « cataclysmes » existentiels, il pose l'autodétermination comme condition du bonheur [4],[5]. La démarche créative vise à « désobéir passivement » au pessimisme ambiant, transcendée par des arrangements qui confèrent à la mélancolie une dimension apaisante [2],[3]. Les textes conservent néanmoins l'ironie et le second degré caractéristiques du groupe, notamment dans Sweet Scorped Earth, fausse rengaine écologique, ou dans les références rétro des compositions soul-rock [5].
Réception critique
La réception fait état d'un album jugé inégal par certains observateurs, qui soulignent la présence de titres minimalistes moins emballants (The Epiphany, Be Hurt) aux côtés de réussites mélodiques romantiques [5],[6]. D'autres critiques saluent au contraire le retour à une forme de perfection artisanale, considérant l'œuvre comme le rattachement à une sophistication créative inédite depuis les débuts du groupe, capable de conjuguer recherche musicale et accessibilité [2]. L'ensemble est perçu comme une démonstration de la faculté d'Everett à faire cohabiter, selon une esthétique hipster affirmée, des atmosphères contradictoires — froid et chaud, lenteur et vitesse, joie et gravité — au sein d'une proposition à la fois ambitieuse et accomplie [2],[6].
Album
L'album comprend quinze morceaux pour une durée inférieure à quarante-cinq minutes, structurés selon une alternance délibérée entre plages rock saturées (Today Is The Day, You Are The Shining Light, Bone Dry, Rusty Pipes) et compositions mélancoliques plus épurées (The Premonition, There I Said It, Premonition, In Our Cathedral, Sweet Scorched Earth) [5],[6]. Trois interludes instrumentaux (Quandary, Coming Back, The Unanswerable) ponctuent la tracklist, procédé dé-constructeur visant à fragmenter la linéarité narrative [5],[6]. L'ouvrage navigue entre les registres déjà explorés par le groupe, particulièrement entre les polarités de Hombre Lobo (2009) et Tomorrow Morning, privilégiant des montages sonores complexes où se répondent montées pop et plages introspectives [2],[5].
- The Deconstruction – 4:10
- Bone Dry – 3:42
- The Quandary – 0:54
- Premonition – 3:12
- Rusty Pipes – 4:04
- The Epiphany – 2:18
- Today Is the Day – 3:03
- Sweet Scorched Earth – 3:02
- Coming Back – 0:58
- Be Hurt – 3:59
- You Are the Shining Light – 3:39
- There I Said It – 2:50
- Archie Goodnight – 0:48
- The Unanswerable – 2:08
- In Our Cathedral – 3:19
Membres
- Mark Oliver Everett : guitare, voix, production
- Koool G Murder : guitare basse
- P-Boo : guitare, guitare basse, claviers, drums
- The Deconstruction Orchestra & Choir
