The Last Joke, Bellagio
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The Last Joke, Bellagio (en français : La Dernière Blague) est une photographie prise par Alfred Stieglitz en 1887.
Début 1887, Alfred Stieglitz, âgé de 23 ans, qui vient de passer six ans en Allemagne pour ses études, s'apprête à retourner aux États-Unis, et entame un tour d'Europe : durant l'été, il voyage en Italie, équipé d'une chambre noire à plaques 8 × 10 " et d'un trépied. Entre autres villes, il visite Bellagio, situé près du lac de Côme en Lombardie. Il prend plusieurs clichés dont des paysages et des scènes de genre. L'image ici présente, une scène de la vie quotidienne, fait partie d'une série représentant des habitants de Bellagio[1].
Stieglitz, en contact avec la revue britannique Amateur Photographer, décide de soumettre douze clichés dans le cadre d'un concours intitulé « Holiday Work Competition ». Le jury, représenté par le photographe Peter Henry Emerson, lui décerne le premier prix en retenant The Last Joke, Bellagio pour ses qualités uniques de spontanéité et de naturalisme : l'image est publiée dans Amateur Photographer dans le numéro du [1].
Description
L'image montre onze jeune gens (trois garçons et huit filles, dont certains ont les pieds nus) entourant une femme puisant de l'eau à une fontaine. Le personnage au centre de l'image, un jeune garçon en uniforme, semble regarder l'objectif en riant, comme la plupart des sujets représentés ici. Deux jeunes filles regardent également l'objectif. Le plus âgé des garçons, à gauche, en uniforme, demeure sérieux. Le titre de la photographie indique sans doute que ce groupe vient d'entendre une bonne plaisanterie.
Aspects techniques
L'épreuve originale de la photographie, tirée sur papier albuminé, présente un cadrage différent : pour le concours, Stieglitz a choisi de couper à gauche la suite de l'enfilade sous arcades, où se tenaient deux hommes assistant à la scène, devant un panneau d'annonces commerciales. Il avait appelé ce premier tirage The Good Joke (« La bonne blague »)[2].
Si la plupart des personnages semblent prendre la pose de manière naturelle, comme si Stieglitz les avait croisés au détour d'une promenade en ville, un examen plus attentif révèle cependant les indications de mise en scène données par Stieglitz, qui demande, durant la pose, à chaque enfant, de croiser les mains ou de croiser les bras de peur de créer un flou sur la plaque sensible de la chambre noire : ce flou se remarque sur les mains de l'acolyte du jeune enfant, au premier plan, portant chapeau melon[2].
Avec The Letter Box datant de 1894 et publiée dans Picturesque Bits of New York and Other Studies, Stieglitz poursuivra son travail visant à capturer des instants de vie quotidienne entre autres en milieu urbain[2].