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The Royal Scam

album de Steely Dan, sorti en 1976 From Wikipedia, the free encyclopedia

The Royal Scam est le cinquième album studio du groupe de rock américain Steely Dan, publié en mai 1976 par le label ABC Records. Il est produit par Gary Katz.

Sortie mai 1976
Enregistré Novembre 1975-Mars 1976
Durée 41:11
Faits en bref Sortie, Enregistré ...
The Royal Scam
Album de Steely Dan
Sortie mai 1976
Enregistré Novembre 1975-Mars 1976
Durée 41:11
Genre Jazz-Rock, Funk-Rock
Producteur Gary Katz
Label ABC

Albums de Steely Dan

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L’album marque une évolution du groupe vers une écriture plus sombre et des arrangements plus électriques, combinant jazz-rock, funk et rock. Il s’inscrit dans une période où Donald Fagen et Walter Becker recourent pour leurs compositions, de manière croissante, à des musiciens de studio pour les parties instrumentales, notamment pour les sections rythmiques, avec la participation de musiciens tels que le bassiste Chuck Rainey et le batteur Bernard Purdie. Les guitaristes de session occupent également une place importante, dont Larry Carlton, dont les contributions sont particulièrement mises en avant.

Bien que ses singles n’aient pas atteint les premières places du Billboard, l’album atteint la 15e place du classement Billboard Top LPs & Tape et est certifié disque de platine par la Recording Industry Association of America

Enregistrement

Les séances d'enregistrement débutent aux Davlen Sound Studios de North Hollywood, à Los Angeles, avec l'ingénieur du son Elliot Scheiner, que Walter Becker et Donald Fagen avaient rencontré lors des sessions de l'album Capture the Moment de Jay and the Americans en 1970[1]. Scheiner les convainc d'abandonner l'enregistrement sur 24 pistes au profit de l’Eicosystem, un dispositif consistant à relier deux magnétophones 16 pistes afin d'obtenir un enregistrement sur 32 pistes[2]. Cependant, après deux semaines passées en studio avec une demi-douzaine de formations différentes de « musiciens de session », aucun des résultats obtenus ne satisfait Steely Dan. Le groupe décide alors de poursuivre les séances aux studios A&R de New York, où il enregistre en deux semaines environ la moitié des pistes d'accompagnement de l'album[3].

Parmi les enregistrements réalisés chez A&R figure la piste de base de « Kid Charlemagne », enregistrée en une seule prise, bien que le solo de guitare ajouté ultérieurement ait nécessité plusieurs prises[4] . Les arrangements de cuivres de « The Caves of Altamira » sont conçus par Becker, Fagen et le trompettiste Chuck Findley, tandis que Garry Sherman, arrangeur expérimenté, est chargé de mettre les partitions au propre[4]. Toutefois, son attitude jugée abrasive et condescendante lui vaut rapidement l'antipathie d'une partie des musiciens. Un soir, Sherman fait venir un photographe au studio et demande à être photographié aux côtés de Becker et Fagen, ce qui les irrite. Sur une suggestion de Scheiner, ils envisagent alors, pour se venger, de l'enfermer dans le studio pendant tout un week-end. Le projet est finalement abandonné à la dernière minute, Becker et Fagen craignant que Sherman, alors âgé d'une quarantaine d'années, ne fasse une crise cardiaque[5]. Au cours des séances, Scheiner demande quelques jours de congé afin de se rendre en Haïti pour y obtenir un divorce. Son avocat lui avait conseillé de finaliser la procédure avant la fin de l'année pour des raisons fiscales, et Haïti était alors l'un des rares endroits où il était possible d'obtenir un divorce aussi rapidement. Intrigués, Becker et Fagen l'interrogent longuement sur son voyage et lui demandent, à son retour, d'en raconter les détails. En y ajoutant plusieurs éléments fictifs, ils s'inspirent de ce récit pour écrire la chanson « Haitian Divorce »[6]

Lorsque Scheiner entreprend le montage des bandes de l'album, il découvre un défaut majeur de l’Eicosystem : il est impossible de procéder à un montage correct lorsque les deux magnétophones 16 pistes sont reliés entre eux. Becker, Fagen et le producteur Gary Katz lui imputent la responsabilité de ce problème. Le groupe retourne alors à Los Angeles, où les enregistrements sont transférés du format 16 pistes vers un système 24 pistes. Scheiner est informé qu'il ne travaillera plus avec eux par la suite[2] . Les séances sont finalement achevées aux ABC Recording Studios avec le retour de l'ingénieur du son habituel du groupe, Roger Nichols.

« The Fez » est l'une des trois chansons de Steely Dan dont le crédit de composition n'est pas attribué exclusivement à Becker et Fagen, les deux autres étant « East St. Louis Toodle-Oo » sur Pretzel Logic (1974) et le morceau-titre de Gaucho (1980). À propos de la contribution du claviériste Paul Griffin, Becker a déclaré : « Il y avait une mélodie instrumentale que Paul a commencé à jouer pendant la séance et, lorsque nous avons décidé de lui donner davantage d'importance, comme nous soupçonnions que cette mélodie n'était peut-être pas entièrement de son invention, nous avons préféré lui attribuer un crédit de compositeur au cas où un quelconque scandale éclaterait plus tard et qu'il en subirait seul les conséquences ». Griffin a pour sa part affirmé que Fagen possédait déjà le motif principal au clavier et qu'il s'était contenté de le développer dans une autre direction[7]. Fagen déclarera plus tard : « Il y a des musiciens qui ne sont que des exécutants, et puis il y a des gens comme Paul, capables de créer quelque chose d'unique et de différent au point de transformer un disque »[8]. Dans un article publié le 22 août 1993 dans le Los Angeles Times, Chris Willman décrit « The Fez » comme « une joyeuse ode à l'importance de toujours porter un préservatif »[9].

« Green Earrings » dépassait initialement les sept minutes, ce qui en aurait fait à l'époque le plus long enregistrement studio de Steely Dan. Lors du mixage, le morceau est toutefois réduit à environ quatre minutes[10]. « I Got the News » est composée durant les séances de The Royal Scam, avant d'être profondément remaniée puis enregistrée pour figurer sur l'album suivant du groupe, Aja[11]. The Royal Scam fait davantage appel aux musiciens de session que la plupart des albums de Steely Dan. Becker et Fagen y jouent relativement peu d'instruments eux-mêmes[12] .

Larry Carlton s'impose comme l'un des principaux collaborateurs du projet : il participe à la majorité des morceaux, rédige certains arrangements et sert d'intermédiaire entre les auteurs-compositeurs et les musiciens de studio[12]. Par ailleurs, ses contributions de guitariste de studio constituent un élément central des sessions de l’album. Sur « Kid Charlemagne », son solo final est enregistré après plusieurs prises successives, les producteurs ayant retenu une version différente de la première interprétation jugée plus spontanée mais moins contrôlée[13]. Le morceau repose sur une structure enregistrée en une seule prise à A&R Studios, tandis que les overdubs de guitare sont réalisés séparément[13]. Carlton joue également un rôle majeur sur « Don’t Take Me Alive », dont le solo d’ouverture est conçu comme une partie intégrante de la narration musicale du morceau. Son approche, caractérisée par un jeu précis et mélodique, s’inscrit dans la volonté de Walter Becker et Donald Fagen d’intégrer des solos de guitare fortement composés et structurés plutôt que laissés à l’improvisation[13].

Musique et paroles

Comme sur les autres albums de Steely Dan, The Royal Scam contient de nombreuses allusions cryptiques à des personnes et événements, réels ou fictifs. Dans une interview accordée à la BBC en 2000, les auteurs-compositeurs Walter Becker et Donald Fagen indiquent que « Kid Charlemagne » est librement inspirée de Owsley Stanley, figure connue de la Californie des années 1960, chimiste spécialisé dans la fabrication de substances hallucinogènes. Ils précisent également que « The Caves of Altamira » traite de la perte de l’innocence, en suivant le récit d’un visiteur de la Grotte d'Altamira découvrant avec émerveillement les peintures préhistoriques[14]

Référence aux Eagles

« Everything You Did » contient la phrase « Turn up the Eagles, the neighbors are listening ». Selon Glenn Frey, cette référence proviendrait d’une situation personnelle : la petite amie de Walter Becker écoutait fréquemment les Eagles, ce qui aurait agacé ce dernier. L’anecdote voudrait que cette ligne de texte soit née d’une dispute liée à cette situation.

Plus tard en 1976, en réponse[15] (et en s’inspirant du style lyrique de Steely Dan)[16] les Eagles incluent la phrase « They stab it with their steely knives but they just can't kill the beast » dans leur chanson « Hotel California »[17]. Glenn Frey explique qu’il s’agissait d’une allusion indirecte à Steely Dan plutôt que d’une mention explicite, « Dan » étant transformé en « knives », également interprété comme une métaphore sexuelle. Étant donné que les deux groupes partageaient le même manager, Irving Azoff, et que les Eagles ont exprimé leur admiration pour Steely Dan, cette situation est généralement interprétée comme une rivalité amicale plutôt qu’un conflit réel[18] Timothy B. Schmit qui participe aux chœurs sur The Royal Scam, rejoindra les Eagles en 1977 après avoir été bassiste et chanteur au sein de Poco.

Pochette

La pochette de l’album représente un homme en costume endormi sur un banc d’arrêt de bus à Boston, rêvant de gratte-ciel surmontés de têtes animales monstrueuses. L’artiste Larry Zox avait initialement réalisé la peinture des gratte-ciel hybrides pour un album de Van Morrison finalement non publié. Le designer Ed Caraeff propose ensuite de superposer une photographie d’un sans-abri endormi prise par Charlie Ganse, afin de créer la pochette de The Royal Scam[19]. Donald Fagen remarque que la pochette entretient « un lien assez plaisant avec l’une des chansons de l’album. Elle avait aussi une belle couleur. Elle paraissait vaguement pourpre, royale, majestueuse »[20] Dans les notes de livret de la réédition remasterisée de 1999, Becker et Fagen qualifient ironiquement cette pochette de « la plus laide des années 1970, sans conteste (peut-être à l’exception de celle de Can’t Buy a Thrill) ».

Accueil critique

À sa sortie, The Royal Scam reçoit un accueil critique plus réservé que les précédents albums de Steely Dan, plusieurs observateurs estimant qu'il ne marque pas de progression musicale significative par rapport à Katy Lied. Toutefois, la critique de Kenneth Tucker dans Rolling Stone est nettement plus favorable, le journaliste qualifiant l'album de contenir «certaines des compositions les plus accomplies et les plus séduisantes du groupe ». »[13].

Dans Circus, Bud Scoppa considère au contraire que The Royal Scam est « l'un des meilleurs albums de l'année 1976 » et estime qu'il constitue même l'un des sommets de la carrière du groupe[21].

Les réévaluations ultérieures se montrent largement plus enthousiastes. Rolling Stone attribue ainsi à l'album la note maximale de cinq étoiles dans sa série « Hall of Fame »[22] tandis que Pitchfork le décrit comme « the bleakest and most narratively vivid album of their career » (l'album le plus sombre et le plus riche narrativement de la carrière du groupe), mettant en avant la noirceur de ses thèmes et la cohérence de son univers narratif[23].

En 2000, l'album est classé à la 868e place de la troisième édition de l'ouvrage All Time Top 1000 Albums dirigé par Colin Larkin[24].

Liste des chansons

Compositions de Becker et Fagen, sauf indication contraire

  1. Kid Charlemagne – 4:38
  2. The Caves of Altamira – 3:33
  3. Don't Take Me Alive – 4:16
  4. Sign in Stranger – 4:23
  5. The Fez (Becker, Fagen, Paul Griffin) – 4:01
  6. Green Earrings – 4:05
  7. Haitian Divorce – 5:51
  8. Everything You Did – 3:55
  9. The Royal Scam – 6:30

Chansons non incluses

Plusieurs morceaux enregistrés durant les sessions de The Royal Scam n’ont pas été retenus sur l’album final, illustrant la pratique de sélection très stricte du groupe. Parmi eux figure « Here at the Western World », enregistré en 1976 avec les mêmes musiciens de studio que l’album, mais publié ultérieurement sur la compilation Greatest Hits (1978)[25].

Le morceau est généralement rattaché stylistiquement à la période The Royal Scam, en raison de sa production et des musiciens qui t'interprètent, mais il n’a pas été inclus sur l’album original, vraisemblablement en raison de considérations d’équilibre et de cohérence sonore au sein du disque[26]. Cette pratique d’exclusion de titres achevés mais non retenus pour des raisons artistiques est fréquente dans la méthode de travail de Walter Becker et Donald Fagen, qui privilégient la cohérence globale de l’album plutôt que la publication exhaustive des morceaux enregistrés. La méthode de travail du groupe, fondée sur des enregistrements multiples, des overdubs et une sélection très stricte des prises, est largement documentée dans les analyses consacrées aux sessions de Aja et de The Royal Scam par la presse spécialisée[27].

Musiciens

Steely Dan

Musiciens invités

Production

  • Producteur : Gary Katz
  • Ingénieur du son : Roger Nichols
  • Mixage : Barney Perkins
  • Consultant son : Dinky Dawson
  • Arrangements Cuivres : Walter Becker, Donald Fagen, Chuck Findley
  • Direction artistique : Ed Caraeff
  • Pochette : Zox
  • Typographie : Tom Nikosey

Références

Bibliographie

Liens externes

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