Thelpousa

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Thelpousa (grec ancien : Θέλπουσα ; latin : Thelphusa), également connue sous le nom de Telfusa (grec ancien : Τέλφουσα ; latin : Telphusa), est une ancienne cité-état (polis) de la région d'Arcadie, en Grèce[1],[2]. Elle est située dans le territoire de l'actuel dème de Gortynie, près du village actuel de Toumbítsi[3],[4],[5].

Faits en bref Localisation, Pays ...
Thelpousa
Θέλπουσα
Localisation
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Région Arcadie
Périphérie Péloponnèse
District régional Arcadie
Dème Gortynie
Coordonnées 37° 43′ 29″ nord, 21° 52′ 47″ est
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Thelpousa
Thelpousa
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Emplacement

La cité de Thelpousa est située dans la partie occidentale de l'Arcadie, sur la rive orientale de la rivière Ladon (aujourd'hui connue sous le nom de Ládonas)[2]. Elle est construite sur une colline élevée, située à une distance d'environ deux kilomètres au nord du village actuel de Toumbítsi[1],[4],[6]. Le sommet de la colline sert d'acropole, c'est-à-dire de citadelle, ainsi que de ville haute. La ville basse s'étend sur les pentes de la colline, en particulier sur les versants ouest et sud-ouest.[6][note 1]

La région située sous le contrôle de la cité-état de Thelpousa est connue sous le nom de Telfusía (grec ancien : Τελφουσία). Sa superficie est estimée d'environ 275 kilomètres carrés[1]. La région est délimitée au nord par la région de Psophis, au sud par la région de Héraia, à l'ouest par l'Élide et Pise, puis à l'est par les régions de Cleitor et Theisoa, ainsi que par Trípolis en Arcadie[2].

La région de Thelpousa compte plusieurs localités de petite taille. Dans sa description de l'itinéraire entre Psophis et Thelpousa, Pausanias raconte qu'après avoir franchi la frontière entre ces deux cités, il traverse d'abord le fleuve Arsen, puis, 25 stades plus loin, arrive dans un village appelé Kaus. Celui-ci est situé à l'emplacement de l'actuel village de Voútsis. Il est situé à une distance de 6,5 kilomètres depuis Thelpousa, soit à une distance de 40 stades selon Pausanias[1],[2]. Une autre localité sous le contrôle de Thelpousa est Onkeion, située à une distance d'environ deux kilomètres au sud, probablement à l'emplacement de l'actuel Toumbítsi[1],[2]. La région compte également une forteresse du nom de Stratos, dont l'emplacement demeure inconnu[1].

Histoire

L'existence de la cité de Thelpousa est attestée, au moins, entre la période archaïque et la période romaine[3],[4], bien que ses débuts puissent remonter à une période bien antérieure[6]. Le nom de la cité provient, probablement, d'une nymphe, fille du dieu Ladon. Cette dernière est, vraisemblablement, une personnification d'un cours d'eau de petite taille coulant au sud de la cité, traversant ses parties basses, puis, se jetant dans le fleuve Ladon[2],[6].

Obole en argent frappée par la cité-état de Thelpousa.

Thelpousa est probablement une cité azanienne, mais cela n'est pas certain[1]. La cité fait, également, partie, probablement, de la Ligue du Péloponnèse. Par la suite, elle fait partie de la Ligue arcadienne[1], puis de la Ligue achéenne[6],[2]. Le nom de la cité apparaît sous plusieurs formes différentes : outre Thelpousa et Thelfousa, on trouve également Thalpousa (grec ancien : Θάλπουσα) et Thelfoisa (grec ancien : *Θέλφοισα)[1]. Les ethnonymes Thelpoūsios (grec ancien : Θελπούσιος) et Telfoūsios (grec ancien : Τελφούσιος) sont notamment utilisés afin de désigner les citoyens de Thelpousa[2].

Pièce de bronze frappée par la cité-état de Thelpousa.

La cité apparaît pour la première fois dans l'histoire au cours de la seconde moitié de la période classique, plus précisément en 352 av. J.-C., lorsque les Thébains remportent une victoire sur les Spartiates au cours d'une bataille qui se déroule à proximité. Anaxandre, commandant des troupes spartiates, ainsi que de nombreux autres soldats sont faits prisonniers[2],[6],[7]. En 222 av. J.-C., la cité est conquise par Antigone III Doson, roi de Macédoine, au cours de la guerre de de dernier contre Cléomène III, roi de Sparte. Son nom est également mentionné dans le cadre des campagnes militaires du roi Philippe V de Macédoine[2],[8].

À partir du IIIe siècle avant J.-C., Thelpousa frappe sa propre monnaie en argent et en bronze[1],[9]. Les pièces sont ornées de représentations de Déméter Erinys et d'Apollon[1]. Il est établi que la cité compte au moins une victoire aux Jeux olympiques au cours de l'Antiquité[10].

Pausanias visite Thelpousa au cours du Ier siècle après J.-C., date à laquelle la cité est pratiquement déserte[2]. D'après les découvertes archéologiques, la cité demeure habitée jusqu'au moins au IIIe siècle[6], et, selon le Synekdèmos de Hiéroclès, au IVe/Ve siècle ; elle y apparaît, alors, sous le nom de Tharpousa (grec ancien : Θάρπουσα)[6],[11].

Depuis le Moyen Âge et jusqu'au début du XXe siècle, un village du nom de Vánaina (grec moderne : Βάναινα) est situé à proximité de la cité antique[2],[6]. En 1927, ce dernier est rebaptisé Thélpousa (grec moderne : Θέλπουσα), d'après le nom de la cité antique[12]. Aujourd'hui, le village n'existe plus[13]. Au cours du XIXe siècle, des fouilles archéologiques commencent sur le site de Thélpousa, mais elles ne sont pas menées de manière systématique[6].

Bâtiments et découvertes

De nombreux vestiges épars sont découverts sur le site de Thelpousa, en particulier dans la partie basse de la cité. La découverte la plus importante est une grande agora, dont la superficie est d'environ 130 × 120 mètres. Elle est construite sur une plate-forme artificielle soutenue par un mur de soutènement et entourée de portiques sur les quatre côtés. Le portique sud mesure environ 78 × 7 mètres. L'ensemble date du IIIe siècle avant J.-C.[1] Initialement, l'agora est située au centre de la ville, cependant, à l'époque de Pausanias, la ville s'est réduite et l'agora se trouve alors dans ses environs[2]. Aucun bâtiment d'importance n'est découvert sur le site de l'acropole de Thelpousa. La cité est entourée de remparts, dont certains vestiges sont conservés[1].

Pausanias observe au sein de la ville un temple dédié à Asclépios ainsi que douze temples dédiés à différents dieux, dont le dernier est en état de ruines[2],[14]. Pausanias mentionne également la présence de deux temples situés à proximité de Thelpousa. L'un d'entre-eux est situé au-dessus de la ville et l'autre en contrebas de cette dernière. Le temple situé au-dessus est dédié à Déméter Éleusinienne, et abrite des statues en pierre représentant Déméter, Perséphone et Dionysos. Il semble être situé à proximité du village actuel de Spátharis[2],[14].

Le temple situé en contrebas de la ville est également dédié à Déméter, sous le nom d'Érinys. Lycophron et Callimaque de Cyrène font également mention de ce temple[15]. Il est situé en un lieu connu sous le nom d'Onkeion, autrefois gouverné, selon la légende, par Onkios, fils d'Apollon[2],[16]. En contrebas de ce temple, sur les rives du fleuve Ladon, se situe le temple d'Apollon Onkaiate. Sur la rive opposée se situe le temple d'Asclépios, au sein duquel se trouve la tombe de Trygon, considéré comme son serviteur[2].

Les vestiges les plus remarquables de la cité sont les ruines romaines, souvent connues sous le nom de « monument romain », indiquées sur place comme étant des thermes romains. Ils ont des dimensions d'environ 11 × 5,5 mètres. Les murs du bâtiment sont conservés sur plusieurs mètres de hauteur.[2],[6],[note 2] Au sud-ouest de la ville se trouvent les ruines d'une église byzantine primitive dédiée à Saint Jean (Ágios Ioánnis). L'église date du IVe ou Ve siècle. Les fondations, ainsi que des fragments de colonnes d'un bâtiment antique, sont découverts à l'emplacement de l'église. Il semble que c'est en cet emplacement que se dresse autrefois le temple d'Asclépios de Thelpousa[2],[6],[note 3].

En aval de la ville se trouvent les ruines d'une église dédiée à Saint Athanase, à proximité desquelles William Martin Leake y découvre des fragments de colonnes. À proximité du village actuel de Toumbítsi, anciennement connu sous le nom d'Onkeion, sur un promontoire formé par un méandre du fleuve, se trouve un monticule artificiel considéré comme étant la tombe de Trygon. Ainsi, un autre temple d'Asclépios est également considéré comme étant situé dans le territoire de l'actuel village de Toumbítsi[2]. Le temple date du Ve ou IVe siècle avant J.-C.[1].

Plusieurs autres sanctuaires existent hors des murs de la cité, l'un d'entre-eux étant le temple d'Asclépios Kausios, situé à proximité de la route traversant le village de Kaus[1],[2].

Notes et références

Annexes

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