Theme Hospital
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| Compositeur | |
| Producteur |
Mark Webley |
| Date de sortie |
28 mars 1997 |
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| Genre | |
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| Évaluation |
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Theme Hospital est un jeu vidéo de gestion développé par Bullfrog Productions et édité par Electronic Arts en 1997 sur MS-DOS et Microsoft Windows. Le joueur y conçoit et dirige un hôpital privé avec pour objectif de soigner des patients atteints de maladies fictives et volontairement loufoques. Le jeu s’inscrit comme le successeur thématique de Theme Park, également produit par Bullfrog, constituant le deuxième volet de la série « Theme ». Il se distingue particulièrement par son humour et par ses nombreuses références à la culture populaire.
Peter Molyneux et James Leach imaginent le concept d’un jeu Theme centré sur un hôpital, mais Molyneux ne participe pas directement au développement, occupé par Dungeon Keeper. À l’origine, les concepteurs envisagent d’intégrer quatre modes de jeu distincts correspondant à différentes périodes historiques, mais cette idée est abandonnée faute de temps. Un mode multijoueur permettant jusqu’à quatre participants est finalement ajouté via un correctif.
À sa sortie, le jeu reçoit un accueil globalement positif, la critique saluant notamment ses graphismes et son ton humoristique. Il connaît un important succès commercial, avec plus de quatre millions d’exemplaires vendus dans le monde, et fait l’objet d’un portage sur PlayStation en 1998. Une version destinée à la Sega Saturn est un temps en développement, avant d’être annulée. Le jeu est réédité sur GOG.com en 2012 puis sur Origin en 2014. La version PlayStation paraît sur le PlayStation Network en Europe en 2008, au Japon en 2009 et en Amérique du Nord en 2010. Plusieurs tentatives de renaissance voient également le jour, notamment à travers des remakes open source comme CorsixTH.
Évènements aléatoires
Theme Hospital est un jeu de gestion en trois dimensions en vue objective à perspective isométrique[1]. Dans Theme Hospital, le joueur doit créer un environnement capable d’attirer des patients atteints de maladies volontairement loufoques, puis les soigner tout en répondant à leurs besoins. Le jeu adopte un humour parfois sombre, dans la lignée de Theme Park[2]. Parmi les affections figurent Tête d'Ampoule, qui fait enfler démesurément la tête du patient, syndrome du King, qui l’oblige à imiter Elvis Presley, hyperlangue, langue pendante à raccourcir au taille-langue), ou bien l'invisibilité[1][3].
Le joueur commence avec un hôpital vide et doit construire les différentes salles tout en recrutant médecins, infirmiers, agents d’entretien et réceptionnistes[1][4]. Les pièces comprennent notamment le cabinet du généraliste, la salle de psychiatrie, le bloc opératoire et la pharmacie. La construction passe par la pose d’un plan, le positionnement des portes et fenêtres, puis l’installation du mobilier requis et optionnel. Les couloirs peuvent être aménagés avec des bancs, des extincteurs ou des plantes afin d’améliorer le confort des patients. Au début de chaque niveau, un temps de préparation est accordé pour bâtir l’hôpital avant l’arrivée des premiers malades. Si certaines salles sont disponibles dès le départ, la majorité doit être débloquée par la recherche. Certaines pièces, comme la salle de coupe-langue destinée aux patients atteints d'hyperlangue, contiennent des machines nécessitant un entretien régulier par un agent technique : en cas de négligence prolongée, elles explosent et tuent les occupants. Les médecins doivent posséder des compétences spécifiques pour travailler dans certaines salles, notamment la salle de recherche, qui permet de découvrir de nouveaux traitements et d’améliorer les installations, ou le bloc opératoire. Certaines pièces sont réservées au personnel, comme la salle de repos ou la salle de formation, tandis que les patients ont également besoin d’équipements essentiels tels que des toilettes.
Chaque membre du personnel possède des statistiques qui influencent ses performances, et les médecins peuvent être formés pour améliorer leurs compétences[5]. Les médecins ont entre 0 et 3 qualifications (psychiatrie, chirurgie, recherche), et ont trois niveaux de formation (d’interne à consultant)[1][5]. Les médecins non consultants peuvent acquérir des spécialités en les plaçant dans une salle de cours en compagnie d’un médecin-consultant titulaire de ladite spécialité. Tous les employés possèdent une habilité et une conscience professionnelle variables qui les font travailler plus ou moins vite, et plus ou moins bien. Le salaire d'un employé est souvent proportionnel à sa compétence, et une prime ou une augmentation font remonter leur moral, qui varie en fonction des conditions d'exercice. Les patients consultent d’abord un généraliste, qui établit un premier diagnostic ou les oriente vers une salle spécialisée pour des examens complémentaires. Une fois la maladie identifiée, ils sont envoyés en traitement.
Le jeu est composé de 12 niveaux, de difficulté croissante. Pour remporter un niveau, le joueur doit atteindre les objectifs fixés : nombre de patients soignés, réputation, trésorerie, valeur de l’hôpital, etc. La partie est perdue si l'hôpital tombe en faillite ou si un nombre trop élevé de patients meurent en cours d'année.
Différents évènements obligent le joueur à réagir rapidement, voire en temps limité :
- une personnalité visite l'hôpital et émet un avis, qui influencera la réputation de l'hôpital ;
- un accident provoque un afflux de malades qui devront être traités en temps limité ;
- une épidémie se déclare dans l'hôpital ; si le problème n'est pas signalé aux autorités, le joueur doit traiter les patients, d'abord en indiquant aux infirmières les patients à vacciner, puis en soignant les malades ;
- des tremblements de terre endommagent, voire détruisent, les machines ; une salle contenant une machine détruite est inutilisable ;
- la chaudière de l'hôpital tombe en panne, entrainant un mécontentement général.
Développement
Conception
Theme Hospital est développé par Bullfrog Productions[1], studio de développement co-fondé par Peter Molyneux et Les Edgar en 1987. Son développement dure plus de deux ans[6]. Peter Molyneux fait la connaissance de James Leach, alors journaliste, en lui livrant une démo de Theme Park. James Leach lui suggère d'autres thèmes amusants à gérer tels qu'une mine, une carrière, une prison ou un hôpital[7]. Molyneux accueille l'idée avec enthousiasme, et le développement débute lorsque le concepteur Mark Webley sélectionne le thème de l'hôpital. Webley, accompagné de l'artiste Gary Carr, visitent le Royal Surrey County Hospital, le Great Ormond Street Hospital et le Frimley Park Hospital pour s'informer sur l'univers hospitalier et trouver de l'inspiration Carr est d'abord réticent à l'idée de travailler sur Theme Hospital : il avait quitté Bullfrog pour travailler chez The Bitmap Brothers car il ne croyait pas au succès de Theme Park. Il a finalement choisi de revenir, persuadé de pouvoir travailler sur Dungeon Keeper, un projet qui le passionnait. Initialement, Theme Hospital doit mettre en scène de vraies maladies, mais celles-ci ont été remplacées par des pathologies fictives et comiques, car les développeurs ont décidé que les maladies du jeu ne devaient pas être trop réalistes : l'équipe est en effet confrontée à la difficulté de rendre l’hôpital amusant et intéressant[8]. Selon Mark Webley, les parcs d’attractions sont « colorés » par rapport aux hôpitaux ; Gary Carr estime quant à lui que les chambres d’hôpital se ressemblaient beaucoup et qu’il était difficile de savoir à quoi servait chaque machine[9].
C’est lors d’une visite à l'hôpital, après avoir assisté à une opération dont ils furent priés de sortir car ils distrayaient le chirurgien[8],[10], que Webley et Carr ont l'idée de créer des maladies et des remèdes imaginaires : Carr considérait la mort comme « assez triste » et pense que la maladie n’était pas un sujet populaire. Il affirme que l’utilisation de maladies fictives leur offrait une « liberté créative », qu’il jugeait essentielle[9]. Webley indique que Carr craignait que l’utilisation de maladies réelles ne soit perçue comme déplaisante[10]. Selon Carr, l'équipe cherche à produire un jeu humoristique plutôt que gore[11]. Au cours des premières étapes de la programmation, Bullfrog engage James Leach, qui écrit les textes du jeu et imagine les maladies. Peter Molyneux ne participe pas directement à la production du jeu, celui-ci étant affairé au développement de Dungeon Keeper[8].
Les graphismes du jeu s'inspirent de l'univers du cartoon et l'objectif est de créer 2 000 animations de personnages. Un autre artiste fut engagé pour finaliser les graphismes dans les délais[8],[12]. Andy Bass, l'un des designers du jeu, rencontre des difficultés pour créer correctement les graphismes du distributeur automatique de Kit Kat. Il explique que les couleurs n'étaient pas appropriées et Carr modifie donc la palette graphique. Bass modélise le distributeur automatique qui utiliserait le logo de Kit Kat et utilise le logiciel 3D Studio pour l'intégrer à la palette du jeu, qu'il retouche ensuite avec Deluxe Paint[10]. Au printemps , environ la moitié des maladies et des animations sont terminées, l'introduction et les cinématiques de jeu sont presque achevées, tout comme la programmation du système de gestion[12]. Début , l'équipe n'a plus qu'à peaufiner les niveaux de difficulté[13].
Le jeu s'éloigne du modèle du National Health Service : Webley et Carr imaginent l'hôpital du jeu comme une entreprise, où le profit est primordial. L'équipe de développement, qui travaille dans des bureaux près du Royal Surrey County Hospital, s'inspire de Theme Park et reprend une grande partie de son code. Webley développe un programme afin de faciliter l'animation, qu'il baptise Complex Engine. Les réunions sont peu nombreuses et Webley emmène l'équipe au pub chaque semaine avec une liste de tâches à accomplir. Il explique que cette méthode de travail implique que chaque membre de l'équipe peut accomplir ses tâches assignées, ce qui lui donne de fait à chacun la responsabilité d'une partie de la conception du jeu[8]. C'est lors d'une de ces réunions que l'équipe réalise que le développement de Theme Hospital est terminé[10]. L'une des maladies du jeu, appelée Syndrome du King, devait s'appeler Elvis Impersonator, mais les droits d'utilisation du nom appartenaient aux ayants droit d'Elvis Presley. La maladie Grosse Tête est inspirée d'une réaction allergique dont Peter Molyneux a souffert, lorsque son visage avait pris une taille alarmante[8].
Selon James Leach, le développement de Theme Hospital a nécessité un faible volume de travail pour son équipe de développement. Un problème majeur réside dans le fait que l'équipe a trop d'idées et pas assez de temps pour toutes les mettre en œuvre. Par exemple, d'autres maladies étaient prévues, dont le magnétisme animal, qui aurait vu des patients avec des animaux attachés à eux, qu'il aurait fallu sectionner. Une autre idée abandonnée était la possibilité de créer quatre époques distinctes dans le jeu : le Moyen Âge, l'époque victorienne, les années 1970-1980, et le futur[8],[14]. À l'origine, le jeu doit permettre aux joueurs de commencer dans la période médiévale et de progresser vers des des périodes plus modernes[11]. En , l'idée des périodes est jugée « problématique » en raison de la quantité de graphismes nécessaires à concevoir[15]. Gary Carr déclare plus tard que le jeu n'avait pas besoin des autres époques et que l'équipe était suffisamment petite pour improviser. Il craint également que si un document de conception avait été produit, Electronic Arts aurait considéré l'omission des autres époques comme une suppression de fonctionnalités[9]. Une idée à l'origine de Peter Molyneux consistait à créer un écran permettant aux joueurs de mélanger des produits chimiques colorés pour les appliquer à des maladies. L'accessibilité était également une préoccupation majeure pour l'équipe : avec autant d'options, celle-ci craignait que les joueurs ne considèrent le jeu comme une corvée. Le testeur Jon Rennie simplifie donc le jeu par rapport à sa conception originale ; Webley souhaitait que les joueurs puissent commencer à jouer sans avoir à suivre un long tutoriel[8].
Sorties et portages
Theme Hospital sort le (initialement prévu pour ) dans la collection Designer Series de Bullfrog Productions. À sa sortie, le jeu suscite une petite controverse au Royaume-Uni. Des responsables du National Health Service, des membres du Palais de Westminster, ainsi que le journal The Daily Telegraph critiquent le ton du jeu, le qualifiant de « malade ». Une rumeur affirme même que la British Medical Association l’utiliserait pour former des cadres hospitaliers. Le NHS reproche au titre de tourner en dérision la gestion hospitalière. Le designer Mark Webley est invité à s’exprimer à la radio locale et défend le jeu en soulignant qu’il ne traite que de maladies fictives et ne se moque pas du système de santé réel. Contre toute attente pour Electronic Arts et Bullfrog, le jeu devient un succès commercial majeur : présence récurrente dans les classements, plus de 4 millions d’exemplaires vendus. En 2014, Peter Molyneux déclare qu’il aimerait voir le jeu revenir, le décrivant comme « un grand jeu dont beaucoup de gens se souviennent ».
Un détail marquant concerne la jaquette des premières éditions : elle utilisait une croix verte sur fond blanc, symbole que Bullfrog n’avait pas le droit d’employer. L’illustration est validée par erreur car envoyée par fax en noir et blanc, puis rappelée. Les éditions suivantes remplacent la croix par une étoile. Malgré ce retrait, la version avec la croix reste visible dans certaines rééditions numériques ultérieures.
Bande son
La musique et les effets sonores de Theme Hospital sont produits par Russell Shaw et Adrian Moore. Pour concevoir les bruitages, Adrian Moore utilise le logiciel Sound Forge Certains sons, comme ceux des boules de billard, proviennent directement de sa bibliothèque et d'autres, notamment ceux des appareils médicaux, sont créés par mixage. [ 5 ] Certains sons de machines ont été créés en mélangeant le son d'un batteur à œufs électrique avec celui d'un élévateur hydraulique. Les bruits de pets sont enregistrés lorsque Moore travaillait avec des groupes comme T'Pau, Prefab Sprout et Seal dans un studio d'enregistrement : il les avait faits pour plaisanter, mais ils se sont avérés utiles pour Theme Hospital[8].
Accueil
| Média | PC | PlayStation |
|---|---|---|
| Computer Gaming World (US) | 4 sur 5 | — |
| Edge (UK) | — | 8 sur 10 |
| Game Players (US) | — | 8,4 sur 10 |
| Média | PC | PlayStation |
|---|---|---|
| AllGame (US) | 2,5 sur 5[16] | — |
| Electric Playground (US) | 6,5 sur 10[17] | — |
| GameSpot (US) | 5,5 sur 10[18] | 7,3 sur 10[19] |
| IGN (US) | — | 7 sur 10[20] |
| Jeuxvideo.com (FR) | 17 sur 20[1] | — |
Le jeu a reçu une réception généralement positive, avec des critiques louant le graphisme et l'humour en particulier.[réf. nécessaire]
Thème Hospital est un succès commercial, vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde entier.
