Theys

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Situation et description

Theys fait partie de la série de bourgades construites sur les replats des « Balcons de Belledonne », entre Allevard au nord et Uriage au sud que relie la départementale 280. L'accès direct de Theys à la vallée du Grésivaudan se fait par la départementale 30 qui, au carrefour de Montgalmand, bifurque vers Tencin tandis que la départementale 29 permet d'accéder à Goncelin.

La station de ski de Pipay, l'une des trois stations de sports d'hiver qui composent Les Sept Laux, se trouve sur le territoire de la commune.

Géologie, hydrographie et relief

La commune se situe dans une large combe d'origine glaciaire (à 600 m d'altitude dans sa partie la plus basse), qui s'étend entre le col du Barioz (1 042 m) au nord et le col des Ayes (944 m) au sud, et communique à l'ouest avec la vallée du Grésivaudan par la Gorge des Hirondelles, où se rejoignent les ruisseaux qui la drainent : le ruisseau Battiards, rejoint sur sa rive gauche par le ruisseau de Montbouvier et sur sa rive droite par le ruisseau de Pierre Herse, et le ruisseau de la Coche, grossi par le ruisseau du Merdaret qui draine les alpages du même nom, sous le col du Merdaret (1 798 m), entre le Grand Rocher (1 910 m) et les Dents de Pipay, qui culminent à 2 128 m. Ces massif la séparent à l'est de la vallée du Haut Bréda.

Le toponyme « Merdaret », qui signifie « Mer d'en haut » garde le souvenir d'une catastrophe datant du printemps 1395[2]. La butte de terre retenant un grand lac glaciaire qui s'étalait à plus de 1 600 m d'altitude a brutalement cédé et le lac s'est déversé côté Bréda, en creusant, dit-on, le profond ravin de Vaugenaz, et côté Theys, en ravageant les pentes et noyant entièrement le village  qui se trouvait alors à quelques centaines de mètres à l'est du village actuel, au lieu-dit Le Rocheret  sous des mètres cubes de boue[3].

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[8] et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été[9]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 19,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 296 mm, avec 9,7 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 6,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 545,8 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 30,8 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −22,5 °C, atteinte le [Note 1].

Statistiques 1991-2020 et records station PIPAY_SAPC (38) - alt : 1 578 m, lat : 45°15'55"N, lon : 6°00'57"E
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −4,7 −5,2 −2,2 1 3,5 8 10 10 6,7 3,5 −0,2 −3,2 2,3
Température moyenne (°C) −1,1 −1,3 1,7 5,1 7,5 12,2 14,8 14,6 10,8 7,4 3,3 0,4 6,3
Température maximale moyenne (°C) 2,4 2,6 5,5 9,1 11,4 16,5 19,5 19,3 14,9 11,3 6,8 4 10,3
Record de froid (°C)
date du record
−15,4
18.01.13
−22,5
04.02.12
−13,9
09.03.10
−10,1
07.04.21
−6,1
06.05.19
−0,7
01.06.11
2,2
09.07.25
0,5
31.08.12
−4
27.09.20
−8,6
29.10.12
−14
27.11.10
−17,3
20.12.09
−22,5
2012
Record de chaleur (°C)
date du record
14,1
25.01.16
15,4
29.02.12
15,6
22.03.24
21,2
14.04.24
26,2
22.05.22
30,2
27.06.19
30,8
07.07.15
30,8
23.08.23
25,9
04.09.23
23,2
08.10.23
19
10.11.15
15
31.12.21
30,8
2023
Précipitations (mm) 113,3 97,8 112,1 110 186,3 156,4 128,8 122,7 108,4 128,5 139,2 142,3 1 545,8
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
43
18.01.24
35,9
05.02.17
51
29.03.15
50
03.04.19
67,2
19.05.19
60
09.06.24
62,1
07.07.14
69,5
07.08.13
60
04.09.11
65,9
30.10.23
94
04.11.11
80
10.12.17
94
2011
Source : « Fiche 38504002 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/10/2025 dans l'état de la base (consulté le )
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
2,4
−4,7
113,3
 
 
 
2,6
−5,2
97,8
 
 
 
5,5
−2,2
112,1
 
 
 
9,1
1
110
 
 
 
11,4
3,5
186,3
 
 
 
16,5
8
156,4
 
 
 
19,5
10
128,8
 
 
 
19,3
10
122,7
 
 
 
14,9
6,7
108,4
 
 
 
11,3
3,5
128,5
 
 
 
6,8
−0,2
139,2
 
 
 
4
−3,2
142,3
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Hydrographie

Voies de communication

La route départementale 280 (RD280) permet de rejoindre la vallée de l'Isère et la RD523 qui relie Grenoble à Montmélian.

Urbanisme

Typologie

Au , Theys est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle appartient à l'unité urbaine de Theys[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centre[Note 3],[I 2],[I 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Grenoble, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[I 3]. Cette aire, qui regroupe 204 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[I 4],[I 5].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (68,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,8 %), prairies (28,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,5 %), zones urbanisées (1,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,3 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques naturels et technologiques

Risques sismiques

L'ensemble du territoire de la commune de Theys est situé en zone de sismicité no 4 (sur une échelle de 1 à 5), comme la plupart des communes de son secteur géographique[15].

Terminologie des zones sismiques[16]
Type de zoneNiveauDéfinitions (bâtiment à risque normal)
Zone 4Sismicité moyenneaccélération = 1,6 m/s2

Autres risques

Toponymie

Histoire

Le premier document connu attestant de l’existence d’un édifice fortifié à Theys est le testament de l’évêque de Grenoble, Isarn, mort en 975. Il y stipule qu'il a donné des terres sur le territoire de Theys à Rodolphe Aynard, en remerciement de son aide décisive pour la défense du diocèse[17]. En 1246 les Aynard (Monteynard) concluent un échange avec André Dauphin de Bourgogne, comte d’Albon et du Viennois, qui désirait renforcer sa position face à la puissante Maison de Savoie.

En 1282 Theys devient un fief du comte de Genève Amédée II, lorsque le dauphin de Viennois, Jean 1er lui cède les châtellenies de Theys, La Pierre et Domène en contrepartie de son alliance dans le conflit qui l'oppose aux comtes de Savoie, formant une enclave genevoise entre Viennois et Savoie. Le conflit incessant ne cessera qu'en 1349, à l’intégration du Dauphiné au domaine royal français, par le traité de Romans signé entre Humbert II de Viennois et Philippe VI de Valois. Au début de la guerre de Cent Ans, en 1355, le roi de France Jean II le Bon signe un traité de paix avec la Savoie, mais les circonstances l'empêchent de récupérer rapidement les châtellenies genevoises de Theys, La Pierre et Domène. Ce n’est qu’en 1408, après 50 ans d’âpres négociations, que Charles VI y parviendra, faisant entrer Theys définitivement dans le Dauphiné[17].

Au Moyen Âge, le bourg était protégé par des remparts, aujourd'hui disparus[18].

L'histoire économique de Theys a été longtemps liée à l'exploitation d'un minerai de fer de très bonne qualité. Cette exploitation sera faite tout d'abord au profit de l'ordre des Chartreux. Après le départ des religieux, d'autres sidérurgistes utiliseront le minerai des montagnes de Theys :

« On commence par gravir la montagne des Ramiettes - de Theys à la Ferrière - où se trouvent endroits des fosses d'où on extrait du minerai de fer et des fours qui servent à griller le même minerai dont on remplit des sacs de cuir, ces sacs sont ensuite transportés à dos de mulets au haut fourneau de Brignoud appartenant à M. Gourju, maitre de forges[19]. »

Politique et administration

Administration municipale

La place et l'hôtel de ville en 1910.

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1871 1872 M. Drier de la Forte    
1873 1880 Victor Jean-Baptiste Dorgeval    
1881 1886 César Auguste Paret    
1887 1891 Joseph Janolin    
1882 1899 Gabriel Henri Jail    
1900 1901 Julien Dorel    
1902 1903 Romain Ferrier    
1904 1918 Gabriel Jail    
1919 1921 M. de la Forte    
1922 1924 M. Jail    
mai 1925 mai 1953 Francisque Papet-Lépine    
mai 1953   Henri Cocat    
Les données manquantes sont à compléter.
1961 mars 1971 Ernest Jourdan   Cafetier, exploitant agricole
mars 1971 mars 1983 Georges Zougs PS Conseiller général de Goncelin (1971 → 1982)
mars 1983 mars 2014 Léon Bouchet-Bert-Peillard[20] UMP Retraité
mars 2014 en cours
(au 6 juillet 2020)
Régine Millet DVD Réélue pour le mandat 2020-2026

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[22].

En 2023, la commune comptait 2 011 habitants[Note 5], en évolution de +2,55 % par rapport à 2017 (Isère : +3,2 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 7631 9281 9692 2302 3012 2852 3952 5182 445
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 2762 3162 3762 2942 2522 1102 0961 9161 933
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8001 6231 6041 3621 3851 3401 3021 2571 204
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 2271 2571 1141 2001 3211 5721 8111 8551 992
2015 2020 2023 - - - - - -
1 9432 0112 011------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

La commune est rattachée à l'académie de Grenoble.

Équipements sportifs

  • Partie du domaine skiable des Sept Laux, la station de Pipay, à 1550 m d'altitude.

Médias

Historiquement, le quotidien à grand tirage Le Dauphiné libéré consacre, chaque jour, y compris le dimanche, dans son édition du Grésivaudan, un ou plusieurs articles à l'actualité de la communauté de communes, ainsi que des informations sur les éventuelles manifestations locales, les travaux routiers, et autres événements divers à caractère local.

La commune est située sur l'aire de diffusion de radio Ici Isère, une radio publique qui émet sur tout le territoire du département de l'Isère.

Cultes

Économie

La commune dispose de la station du Barioz, une petite station de sports d'hiver au-dessus du col du même nom.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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