Thierry Alix
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Thierry Alix, dit Thierry Alix de Véroncourt, né en 1530 ou en 1531 à Deneuvre et mort en 1594 à Nancy, est un érudit lorrain, proche confident et conseiller de Charles III de Lorraine. Il est anobli en 1554, devenant seigneur de Véroncourt et de Forcelles-Saint-Gorgon. Il est président de la Chambre des comptes de Lorraine de 1569 à 1593.
Enfance
Thierry Alix est né en 1530[1],[2] ou en 1531[2]. Il est fils de Nicolas Colin Alix, prévôt et receveur de Deneuvre[3],[4].
Carrière juridique
Nommé le tabellion des bailliages de Nancy et de Vosges, Thierry Alix a attiré l'attention de Christine de Danemark, qui réside souvent à Deneuvre, et de Nicolas de Mercœur (alors régents du duché de Lorraine)[4],[5],[3]. Le de la même année, il est nommé greffier ordinaire de la Chambre des comptes de Lorraine sur recommandation de Christine de Danemark[4],[2]. L'année suivante, il est nommé secrétaire ordinaire de Charles III, duc de Lorraine, le . Le , il reçoit l'espéré poste de conseiller et auditeur de la Chambre des comptes ; cinq ans plus tard, le , il remplace Jean de Widrange comme conseiller ; et, enfin, il en devient président le , poste qu'il occupe jusqu'en 1593[4],[2].
Il est anobli le et devient seigneur de Véroncourt et de Forcelles-Saint-Gorgon[4],[2].
Proche confident et conseiller de Charles III, il est envoyé à Paris en 1569 pour défendre les intérêts du duc[4]. À l'occasion des États généraux de la Ligue convoqués à Paris en 1593, il rédige un mémoire finalement non diffusé pour soutenir les droits de la Lorraine à la couronne de France : Qualités et conditions d'un légitime roy de France. À messieurs des Estatz électeurs d'Icelluy[1].
Carrière d’historien et de géographe

À l'origine d'une des plus anciennes cartes du Grand-Pâturage des Hautes-Chaumes, Thierry est considéré comme l'un des premiers géographes lorrains[5]. Il met en ordre les archives ducales et est également à l'origine du classement du trésor des Chartes de Lorraine, en triant par ordre des prévôtés et par sujets[1],[4]. Charles III le récompense avec argent et terres[4]. Il dresse aussi dans un ordre similaire le Cartulaire de Lorraine, un cartulaire de 89 volumes, qui copie une grande partie des titres du trésor des Chartes[2],[4]. Par ce travail reconnu comme soigné, Thierry Alix est aussi considéré comme l'un des plus anciens historiens lorrains[4].
Le , malade, il adresse à Charles III une lettre de démission[3]. Le , il offre au duc le manuscrit de son Dénombrement du duché de Lorraine[1]. Thierry Alix y fait l'inventaire des terres, fiefs, partagées ou possédées par le clergé, le domaine ducal et les possesseurs de fiefs ; ce qui en fait une trace des anciennes divisions et subdivisions du duché de Lorraine[6].
Fin de vie
À la fin de sa vie, il se retire au couvent des Cordeliers de Nancy[1]. Il y écrit un nécrologe[1] ou un obituaire[3]. Il meurt d'une hydropisie le 11 ou le , à l'âge de 63 ans[4],[3].
Famille
De son mariage le avec Marthe Janin[4],[3], il a eu trois fils et une fille :
- François, qui a reçu le titre de « garde du trésor des Chartes de Lorraine » le [7],[3].
- Claude, prévôt de Deneuvre, nommé conseiller et auditeur à la Chambre des comptes le [4],[3].
- Thierry, au service du cardinal de Lorraine, nommé conseiller et auditeur à la Chambre des comptes le [4].
- Marie, mariée en 1574 à Nicolas (ou Claude[3]) Champenois, président de la Chambre des comptes de 1593 à 1595[8]. Thierry Alix a obtenu la succession héréditaire de cette charge pour son gendre par reconnaissance du duc Charles III[3].
Ouvrages
- Traité sur la Lorraine et le Barrois ; Discours sur la souveraineté du Duché de Lorraine[4].
- Mémoire présenté par Charles III de Lorraine aux États de la Ligue[4], ou Qualités et conditions d'un légitime roy de France. À messieurs des Estatz électeurs d'Icelluy[1].
- Dénombrement du Duché de Lorraine en 1594, Nancy, L. Wiener, (lire en ligne)[4].
Postérité

Les nombreux écrits de Thierry Alix ont eu un impact notoire sur la politique intérieure et les relations du duché de Lorraine avec la France[3].
Une rue particulière à Nancy, créée en 1892 et classée en 1904, est baptisée à son nom par délibération municipale du 17 novembre 1908[9] et célèbre son travail de géographe[10],[5],[3].
La Société Thierry Alix a été fondée en 1981 par Hubert Collin, conservateur des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, sous l'impulsion de Michel Parisse, afin d'honorer la mémoire de Thierry Alix[1]. Elle publie la revue Lotharingia de 1987 à 2013[1],[3].
Épitaphe
Une épitaphe de bronze se trouvait sur le mur de la chapelle aujourd'hui détruite[11] de Notre-Dame-de-Consolation à l'église des Cordeliers de Nancy, jouxtant celle dédiée à son fils François et à l'épouse de ce dernier[12]. L'épitaphe de Thierry Alix figure retranscrite dans sa version originale dans l'ouvrage de Lionnois[12] et traduite en français dans celui de l'abbé Guillaume[13].