Thilda Harlor
journaliste, femme de lettres, critique d’art et militante féministe française
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Thilda Harlor, née le dans le 6e arrondissement de Paris et morte le dans le 5e arrondissement de Paris, est une critique d'art, journaliste féministe et femme de lettres française.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Jeanne Fernande Perrot |
| Pseudonyme |
Thilda Harlor |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Parentèle |
Richard Hammer (beau-père) |
| Distinctions | Liste détaillée Grand prix George-Sand (d) () Prix d'Académie () Prix Georges-Dupau () Prix Valentine de Wolmar () |
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Biographie
Jeanne Fernande Perrot naît en 1871 à Paris[1] d'Amélie Sylvie Ragon (1851-1943), militante féministe et journaliste, et d'Eugène Dominique Perrot (1844-1884), chimiste. Ce dernier quitte sa femme alors que Jeanne n'est qu'une enfant ; elle le détestera le reste de sa vie. Sa mère épouse en 1886 le violoniste et compositeur Richard Hammer[2],[Note 1]. La jeune femme bénéficie alors d'une excellente formation musicale , et devient pianiste accomplie. Elle est, du côté maternel, l'arrière-petite-fille de Jean-Marie Ragon[3].
En 1895, elle rencontre à une conférence de la Ligue française pour le droit des femmes (LFDF), où elle militait à l'instar de sa mère[4], le féministe engagé Léopold Lacour qui, quoique marié, sera son compagnon de vie. En 1897, elle devient journaliste, signant ses articles sous le pseudonyme Harlor, formé de trois lettres de chacun des patronymes de son beau-père et de son mari, ses deux pères spirituels. Elle y ajoute parfois le prénom Thilda[2].
Dans le monde du journalisme, elle débute en 1897 à La Fronde, périodique féministe fondé par Marguerite Durand, et où elle dirige la rubrique beaux-arts[5]. Elle écrit dans Le Journal des femmes, La Revue socialiste, etc. En 1901, elle participe à la création du Conseil national des femmes françaises. En 1904, elle reproche à la Société nationale des beaux-arts de ne pas compter de femmes dans ses comités, de même qu'au Syndicat de la presse artistique. En 1917, elle critique les pacifistes et soutient l'effort de guerre. Elle est directrice de la bibliothèque féministe fondée par Marguerite Durand, de la mort de cette dernière en 1936 jusqu'en 1945[2].
Critique d'art, elle préface notamment le catalogue de l'exposition Girieux, Launay, Picasso et Pichot du au à la galerie Berthe Weill.
Femme de lettres, elle publie des romans et des biographies, dont celles de son compagnon Léopold Lacour et du poète ouvrier Gabriel Gauny. Son premier livre, Le Triomphe des vaincus, paraît en 1908 à Barcelone et Paris. En 1930, elle reçoit le prix George-Sand[2]. L'Académie française lui décerne le prix d'Académie en 1931 pour Arielle, fille des champs, le prix Georges Dupau en 1944 et le prix Valentine-de-Wolmar en 1960, pour l'ensemble de son œuvre.
Elle meurt à l'âge de 99 ans[6], en son domicile parisien du 63 boulevard Saint-Michel.
Son manuscrit autobiographique, Mes chemins (1944-1945), ne devient selon sa volonté communicable qu'au trentième anniversaire de sa mort, en 2000. Il est conservé par la bibliothèque Marguerite-Durand[2],[4],[7].
Œuvres
- Le Triomphe des vaincus, Bibliothèque des réformes sociales, 1908, roman
- Tu es femme..., Plon-Nourrit et Cie, 1913
- Léopold Lacour, Bibliothèque internationale d'édition E. Sansot et Cie, 1914, biographie
- Liberté, liberté chérie, G. Crès, 1916
- Le Pot de réséda, A. Michel, 1921, roman
- Benvenuto Cellini, Nilsson, 1924, biographie
- Les Fers forgés d'Emile Robert, Éditions de la Gazette des Beaux-arts, 1925
- Arielle, fille des champs, Le Rouge et le Noir, 1930, roman
- Gustave Geffroy, Privas, 1934, biographie
- Georges Lecomte, Privas, 1935, biographie
- Pascale, ou l'École du bonheur, Éditions du Dauphin, 1955, roman
- Les Énamourés, Éditions du Manuscrit, 1960, contes
- Un ouvrier poète. Gabriel Gauny, 1806-1889, Éditions du manuscrit, 1962, biographie
- Est-ce un crime ?, Éditions du Manuscrit, 1964
Postérité
- Eva Minard lui consacre un master en histoire de l’art à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Les Semaines Artistiques de Thilda Harlor à La Fronde : une critique d’art féministe ? 1899-1901 » sous la direction de Catherine Méneux, et un master en développement culturel à l’université Gustave Eiffel, « Thilda Harlor : critique d’art féministe au service du développement culturel au passage du siècle. Étude de cas de sa collaboration à La Fronde 1897-1905 », sous la direction de Valérie Auclair[5].