Thomas Berthelet

From Wikipedia, the free encyclopedia

Thomas Berthelet, né à une date inconnue et mort en 1555 à Londres, est un imprimeur et relieur actif au cours de la première moitié du XVIe siècle. L’origine française de son patronyme — également attesté sous les graphies « Berthelot » et « Berthelett » — demeure probable, bien qu’il exerce sa profession dans la capitale anglaise. Il accède au titre officiel d’imprimeur et relieur du roi Henri VIII, charge qui lui confère un monopole sur les publications royales. Dans certains documents administratifs de l’époque, son nom fait l’objet d’une anglicisation, apparaissant sous la forme « Bartlett »[1].

Décès
Activité
Faits en bref Décès, Activité ...
Thomas Berthelet
Biographie
Décès
Activité
Fermer

Biographie

D’ascendance française, l’extraction de Thomas Berthelet demeure nimbée d'incertitude jusqu'à son établissement au sein de l'officine typographique londonienne[2]. L'historiographie contemporaine conjecture une période de formation sous l’égide de l’imprimeur Richard Pynson. Par ailleurs, une partie de la critique érudite postule l'identité de ce praticien avec l’individu désigné, dans des sources antérieures, sous le patronyme de Thomas Bercula[2].

Carrière

Proème du livre nommé le Gouernour, écrit par le chevalier Thomas Elyot ; imprimé par Thomas Berthelet, 1537

Un acte de dispense matrimoniale, daté du 23 août 1524, atteste la domiciliation de Thomas Berthelet au sein de la paroisse de Saint Dunstan-in-the-West. Ce secteur de Fleet Street constitue alors le pôle névralgique de la typographie londonienne[3]. L'artisan est, par ailleurs, affilié à la Worshipful Company of Stationers.

Le 27 septembre 1524, l'officine de Thomas Berthelet, sise dans l'artère londonienne de Fleet Street, livre sa première production bibliographique : l’Opus sane de deorum dearumque gentilium genealogia. Ce traité succinct, dont la paternité revient au religieux bayeusain Galfredus Petrus, inaugure une carrière éditoriale féconde. En 1528, le catalogue de Berthelet s'enrichit d'une version vernaculaire du Regimen sanitatis Salerni, transposée en anglais par Thomas Paynell. Ce manuel de préceptes prophylactiques et thérapeutiques accède promptement au statut de référence médicale prééminente de la Renaissance, connaissant une diffusion et une pérennité remarquables au sein des cercles érudits et laïcs[3].

Le dispositif de Thomas Berthelet

Thomas Berthelet accède à la charge d’imprimeur du roi d’Angleterre le 22 février 1530, sous le règne d’Henri VIII. Cette fonction officielle s’accompagne d’une rente annuelle de quatre livres sterling. Il conserve cette position jusqu’au décès du souverain en 1547, étant alors remplacé par Richard Grafton. En sa qualité d’imprimeur royal, sa production éditoriale relève principalement de l’officialité. Il assure l’impression des textes normatifs et administratifs de la Couronne, notamment les statuts et les proclamations. Parmi ses publications notables figurent des ouvrages de référence tels que The Book of the Bishops et The King’s Book, qui participent de la politique religieuse du monarque. En reconnaissance de ses services, le collège des hérauts d’armes lui concède des armoiries en 1549[3].

L’atelier de Thomas Berthelet produit un corpus significatif de textes humanistes dans l’Angleterre du XVIᵉ siècle. Parmi ses impressions les plus notables se trouve la traduction anglaise de la Bible par Richard Taverner. Il publie également les œuvres, tant originales que traduites, de l’écrivain et diplomate Thomas Elyot. Son catalogue inclut par ailleurs plusieurs traités de spiritualité et de morale, tels que les Conseils de saint Isidore de Séville, le Traité de la charité, un Sermon de saint Jean Chrysostome, une Exhortation aux jeunes gens et un Traité de l’art de bien mourir. Il imprime en outre l’édition établie par Thomas Lupset du sermon prononcé lors de la convocation de la cathédrale Saint-Paul. L’influence érasmienne est également représentée, notamment au travers de la traduction par Thomas Chaloner de L’Éloge de la folie, ainsi que par plusieurs autres ouvrages d’Érasme traduits par Thomas Paynell[1].

En 1545, la municipalité mandate une commission de secours aux indigents, au sein de laquelle figurent notamment Humfrey Pakington, Stephen Kirton, Augustine Hynde, William Garrard et Thomas Bacon. Cette délégation épaule le maire et quatre échevins lors de la dévolution des anciens établissements religieux dissous par la Couronne. Sa mission consiste à assurer la transition administrative de ces structures et à élaborer les ordonnances nécessaires à leur gouvernance pérenne. Trois ans plus tard, en 1548, la gestion de l'hôpital Saint-Barthélemy témoigne de l'efficience de ces commissaires. En raison de l'exactitude de leurs travaux statutaires et de leur zèle administratif, l'autorité municipale proroge leur mandat pour une durée d'une année. Cette reconduite vise à stabiliser le fonctionnement de l'institution, dont les fondements organisationnels ont été intégralement remaniés[1].

Mort

Thomas Berthelet décède à Londres le 26 septembre 1555. Sa succession échoit à sa seconde épouse, Margaret, ainsi qu’à ses deux fils. L’inhumation, survenue avant le 26 janvier 1556, rassemble une assistance où se distinguent des ecclésiastiques, des clercs et plusieurs artisans issus des métiers du livre[3].

Références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI