Thomas Lawrence
peintre et dessinateur anglais
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Thomas Lawrence ( à Bristol – ) est un peintre anglais considéré comme le portraitiste le plus important de la Régence anglaise et du règne de Georges IV.
Biographie
Enfance et début de carrière
Thomas Lawrence est né à Bristol, au 6 Redcross Street. Il est le plus jeune fils de Thomas Lawrence, un contrôleur des douanes, et Lucy Read, fille d'un pasteur de Tenbury Wells dans le Worcestershire[1]. Le couple donne naissance à seize enfants dont seulement cinq survivent au-delà de la petite enfance[2]. Peu après la naissance de l'artiste, Lawrence père quitte ses fonctions dans l'administration fiscale et devient le tenancier d'une auberge de Bristol, The White Lion Inn, qui fait rapidement faillite.
En 1772 il acquiert l'auberge The Black Bear située dans la petite ville de Devizes[2]. Installée sur la route qui relie Londres et Bath, l'auberge fait office d'étape privilégiée pour les riches Londoniens se rendant dans la célèbre ville thermale, lieu de villégiature par excellence de la haute société anglaise de l'époque[3]. Influencé par cette clientèle prestigieuse et cultivée, le père de l'artiste se met à collectionner livres et gravures et organise des soirées littéraires et musicales. C'est dans cet environnement que le jeune Thomas développe sa passion pour la peinture mais également pour le théâtre et la poésie. Les portraits qu'il réalise des clients en font rapidement une attraction locale et attirent de nombreux clients[2].
À cause de sa mauvaise gestion de l'auberge, Thomas père est à nouveau contraint de mettre la clef sous la porte et la famille Lawrence s'installe à Bath fin 1780[2]. L'activité de portraitiste de Thomas devient l'unique source de revenus de la famille. Abandonnant le crayon pour le pastel, il peint jusqu'à quatre portraits par semaine pour une clientèle toujours plus nombreuse et prestigieuse[2].
1787-1830
Il se rend à Londres en 1787, où il est reçu par Reynolds et devient étudiant à la Royal Academy.

National Gallery.
Il n'a que 20 ans lorsqu'il peint le Portrait de la Reine Charlotte. Mais ce tableau n'a plu ni au roi George ni à la reine Charlotte et n'est pas entré dans la collection royale. Il est resté entre les mains de Lawrence et était dans sa vente d’atelier après sa mort[4]. À la mort de Reynolds en 1792, il devient néanmoins peintre du roi George III[5].
Il est élu membre de la Royal Academy en 1794 et en devient président de 1820 à sa mort[6]. En 1815, il est anobli[7].
Le fils du roi, le futur George IV, lui commande une importante série de portraits de souverains, hommes d'État et généraux qu'il a fait installer la chambre Waterloo au château de Windsor[5], et en 1818, il se rend à Aix-la-Chapelle pour peindre les souverains et diplomates qui y sont réunis pour le troisième congrès. Il visite alors Vienne et Rome, recevant partout des princes de flatteuses marques de distinctions.

Victoria & Albert Museum
Il reçoit un flux continu de commandes et ses portraits lui ont bâti une réputation sur le continent, inégalée par les peintres anglais qui l'ont précédé[5]. Il peint trois portraits de Caroline de Brunswick, l'épouse rejetée de George IV. Celui peint en 1798 et conservé au Victoria & Albert Museum a été réalisé deux ans après la séparation avec son mari[8].
Il constitue également l'une des plus extraordinaires collections de dessins de maîtres anciens.
Il fut un des maîtres de George Henry Harlow et de William Etty.
Il meurt subitement le , quelques mois seulement après son amie Isabelle Wolff. Quelques jours auparavant, il avait éprouvé des douleurs thoraciques, mais avait continué à travailler ; il s'est effondré et il est mort au cours d'une visite chez son amie Elizabeth Archibald Keightley. Après un examen post-mortem, les médecins ont conclu que la mort de l'artiste était due à une ossification de l'aorte et des vaisseaux du cœur. Il est enterré, le , dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul. Parmi les personnes présentes figurait Turner, qui a peint une esquisse de l'enterrement.
Littérature
Dans le roman de Jules Verne Les Enfants du capitaine Grant, l'auteur commet un anachronisme en faisant offrir à Thalcave, en 1864, un portait peint par Lawrence de ses personnages Mr et Mrs Glenarvan. Lawrence étant mort en 1830, Glenarvan ayant 32 ans et son épouse, 22, le tableau est ainsi une invraisemblance[9].
Œuvres
- La Reine Charlotte (1789), huile sur toile, 239 × 147 cm, National Gallery, Londres[10]
- Elizabeth Farren (1759–1829), future comtesse de Derby (1790), huile sur toile, 238 × 146 cm, Metropolitan Museum, New York[11]
- Portrait de Georges IV roi d'Angleterre (1816), Pinacothèque vaticane, Rome
- Mr et Mrs John Julius Angerstein (1792), huile sur toile, 252 × 160 cm, musée du Louvre[12]
- Pinkie, (1794), huile sur toile, 148 × 102 cm, Bibliothèque Huntington, San Marino, Californie
- Portrait de Canova (1815), huile sur toile, 91 × 71 cm, musée Canova, Possagno[13]
- Madame Isaac Cuthbert, (1816-1817), huile sur toile, 143 x 114 cm, musée du Louvre [14]
- Le comte Jean Capo d'Istria (entre 1818 et 1819), huile sur toile, 128 × 102 cm, Royal Collection, Royaume-Uni
- The Calmady Children (1823), huile sur toile, 78 × 76 cm, Metropolitan museum of art, New York[15]
- The Red Boy (1825), huile sur toile, National Gallery, Londres
- Portrait de Julia, Lady Peel (1827), huile sur toile, 91 × 71 cm, Frick Collection, New York[16]
- Portrait de Sir John Soane (1829), huile sur toile, 138 × 110 cm, Sir John Soane's Museum[17]
- Portrait de Marie-Caroline, duchesse de Berry, au château de Versailles, France
- Portrait du peintre Johann Heinrich Füssli (1825-1830), huile sur toile, musée Bonnat-Helleu, Bayonne[18]
- Les Enfants Angerstein (1807), huile sur toile, 184 × 149 cm, Gemäldegalerie (Berlin)[19]
- Les Enfants de John Angerstein (1808), huile sur toile, 195 × 146 cm, musée du Louvre, France[20]
- Satan convoquant ses légions (1797), huile sur toile, 431 x 274 cm, Royal Academy of Arts, Royaume-Uni

Satan guidant ses légions 1797
Elisabeth Farren, 1791
Metropolitan MuseumPinkie, 1794
Bibliothèque HuntingtonLes Enfants de John Angerstein, 1808
Musée du LouvreGeorges IV d'Angleterre, 1816
Pinacothèque vaticaneLe comte Jean Capo d'Istria, entre 1818 et 1819
Royal CollectionLes Enfants Calmady, 1824
Metropolitan MuseumPortrait de Sir John Soane (1829)
Sir John Soane's Museum
