Théodore-Casimir Delamarre
banquier, patron de presse et homme politique français
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Théodore Casimir Delamarre, né le 27 nivôse an V () à Dancourt et mort le à Boulogne-sur-Seine, est un banquier, patron de presse et homme politique français.
| Député de la Somme | |
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| Régent de la Banque de France | |
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| Comte romain |
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| Nom de naissance |
Theodore Cazimir Delamarre |
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Théodore Didier Delamarre Casimir Delamarre (d) |
| Membre de | |
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Biographie
Fils de Théodore Delamarre, magistrat, et de Marie-Anne Victoire Bachelier, il commence sa carrière comme garde du corps de Louis XVIII, de 1818 à 1822.
Devenu l'associé d'une importante maison de banque parisienne, il dirige la banque Delamarre, Martin-Didier et Cie, qui fonde un journal de cotations boursières gratuites. Membre du Conseil d’escompte de la Banque de France, du au , il devient régent de la Banque de France du au .
Il contribue à la concentration, à partir de 1835, de différentes entreprises de transport parisien : il a des intérêts dans certaines d'entre elles (Lutéciennes, Atalantes, Zéphirines, Eoliennes, Française et Vigilantes qui étaient les plus importantes), qui forment, en 1838, la Société des voitures de place de Paris[1].
Il est fait comte romain, préside le cercle du Jockey Club et devient propriétaire, à Boulogne-Billancourt, du parc des Princes, aménagé par le duc de Morny en 1860 dans le cadre d'une vaste opération immobilière de luxe supervisée par le baron Haussmann[2], et où il meurt en 1870.
Delamarre a été propriétaire de divers journaux : la Patrie fondée en 1844, La Commune et l’Esprit Public. Il a accueilli les correspondances de Victor Noir dans la Patrie, dont il a conservé la direction pendant près de vingt ans, jusqu’au moment où il a cédé son journal à Louis Frémy et Édouard Lebey. Très intimement lié à Allan Kardec[3], il s’est beaucoup occupé de spiritisme et de magnétisme[4], y compris dans les affaires de son journal, consultant ses tables d’acajou ou de palissandre sur les mille menus détails de ses propres affaires : un matin, il arrive à la Patrie tout ému et congédie six simples employés des bureaux d’un seul coup. Comme l’un des six lui demandait quel sujet de plainte il avait pu lui donner : « Ce n’est pas moi qui suis mécontent de vos services, répond-il avec conviction, c’est mon guéridon[5] ! »
Delamarre pouvait également congédier des journalistes, comme Henri d'Audigier, sans autre raison que les décrets de sa table tournante. Sa politique pouvait de même être dictée par les esprits : la Patrie soutenait ainsi avec acharnement la politique papale, censément sur les conseils de l’esprit de saint Louis. Un jour que la Patrie avait publié un article en faveur du Saint-Siège, qui ne concordait pas précisément avec la politique française, la rédaction réunie dans le cabinet directorial a mis à l’épreuve l’esprit qui s’est avéré être… saint Louis de Gonzague. Le lendemain, la Patrie changeait la ligne de sa politique extérieure[6].
À l’époque du coup d’État de 1851, il a été un des rares directeurs de journaux à ne pas avoir été atteints dans leur propriété. Élu, le , député de la 4e circonscription de la Somme au Corps législatif, Delamarre s'associe au rétablissement de l'Empire et vote le plus souvent avec la majorité dynastique, mais échoue à être réélu, en 1857[7].
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise[8].
Il a épousé sa cousine Madeleine-Héloïse Martin (1805-1886), fille du banquier Didier Martin[9].
Ils eurent :
- Théodore Didier Delamarre de Monchaux (1824-1889), artiste-peintre, marié à Mathilde Lyautey, fille du général Hubert Joseph Lyautey
- Henriette Delamarre de Monchaux (1854-1911), naturaliste, géologue et paléontologue
- Casimir Delamarre (d) de Monchaux (1834-1915), président de la Compagnie des chemins de fer régionaux des Bouches-du-Rhône
- Maurice Delamarre (d) (1864-1952), avocat, militant démocrate chrétien, ornithologue et aviculteur
- Marcel Delamarre de Monchaux (1876-1953), peintre spécialiste des paysages.
Distinctions
Sources
- « Théodore-Casimir Delamarre », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]