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Théodore Abu Qurrah

théologien chrétien de langue arabe, évêque de Harran From Wikipedia, the free encyclopedia

Théodore Abou Qurrah (en arabe : ثاوذورس أبي قرة, Thaoudourous Abou Qourra) (v. 750-v. 820), évêque de Harran, est un théologien chrétien melchite de langue arabe et de culture gréco-romaine qui vécut durant la première période de l'islam. Il est connu, dans les publications anciennes, sous le nom d'Aboucara ou Abou Kurra.

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Décès
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HarranVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ثاوذورس أبي قرة ou Θεόδωρος ἈβουκάραςVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Évêque, Naissance ...
Théodore Abu Qurrah
Fonction
Évêque
Biographie
Naissance
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ثاوذورس أبي قرة ou Θεόδωρος ἈβουκάραςVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
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Le contexte religieux

La situation religieuse de la Mésopotamie supérieure, au VIIIe siècle est la conséquence directe des controverses christologiques du Ve siècle d'une part, et d'autre part de l'invasion par l'islam, au VIIe siècle, d'une partie de l'Empire byzantin.

Théodore Abou Qurrah est originaire de Mésopotamie supérieure. La population y était variée : païens, juifs, musulmans, manichéens et chrétiens de toutes les communautés s'y côtoyaient. En effet, les chrétiens étaient divisés en plusieurs groupes doctrinalement opposés : nestoriens, jacobites, et ceux que ces derniers appelaient « melkites » (terme qui signifie « impériaux »), parce qu'ils recevaient les définitions du concile de Chalcédoine (451) convoqué à la demande de l'empereur Marcien ; on leur donnait en outre le nom de chalcédoniens. Théodore était chalcédonien.

Éléments biographiques

La biographie d'Abou Qurrah comporte, depuis longtemps, une grande part d'incertitude, et pas seulement en ce qui concerne les dates.

Né aux environs de 750, Théodore Abou Qurrah est originaire d'Édesse (dans le sud-est de la Turquie actuelle). On ne sait rien de la jeunesse de Théodore, mais il a probablement commencé ses études à Édesse, ville célèbre par ses écoles. Il était traditionnellement admis qu'il fut moine à Saint-Sabbas, en Palestine, mais cette idée a été récemment contestée avec de sérieux arguments[1] : il a peut-être été simplement confondu avec un autre « Théodore d'Édesse », dit aussi Théodore le Grand Ascète (IXe siècle), moine à Saint-Sabbas puis métropolite d'Édesse, dont on conserve une Vie en grec écrite par son neveu et disciple Basile d'Émèse (et qui figure parmi les auteurs de la Philocalie des Pères neptiques). Quoi qu'il en soit, ce que l'on sait des relations entre la Syrie et la Palestine de l'époque ne rend pas un séjour à Saint-Sabbas impossible. En tout cas, on sait qu'il se rendit à Jérusalem et en divers lieux de Palestine (soit comme moine, soit durant son épiscopat, ou même après celui-ci).

On l'a supposé (en se basant sur le titre - en fait erroné - d'un de ses traités[2]) disciple de Jean Damascène, mais ce dernier étant mort en 749, il ne saurait en être question. Toutefois, on constate chez l'évêque de Harran comme chez l'ancien moine de Saint-Sabbas une même volonté de défendre la foi chrétienne telle qu'elle a été exprimée à Chalcédoine face à la « pluralité » des approches religieuses.

Vers 795, il devint évêque melkite de Harran, comme Édesse une ville importante de Syrie. À une date indéterminée, il convoqua un synode contre les manichéens de Harran[3]. Théodore jouissait alors d'une grande considération pour ses nombreux talents et sa connaissance à la fois du grec[4], de l'arabe et du syriaque. Cependant, pour une raison qui n'est pas éclaircie, il fut déposé par Théodoret[5], patriarche melkite d'Antioche.

De sa déposition[6] à sa mort, il continua d'écrire, de prêcher et de défendre la théologie de Chalcédoine.

Il rédigea en arabe (vers 812), à la demande du patriarche Thomas Ier de Jérusalem, un traité sur la vérité de la foi de Chalcédoine à destination des Arméniens, traité traduit en grec par Michel le Syncelle (longtemps moine à Saint-Sabbas). Il se rendit aussi en Arménie, vers 815, à la cour du prince Achot Bagratouni, qu'il tenta vainement de convertir à l'orthodoxie chalcédonienne et devant qui il eut une controverse avec le diacre jacobite Nonnos de Nisibe, cousin du théologien Abou-Raïta.

Il se serait aussi rendu, dans le même but, à Alexandrie.

Un récit[7] conservé en arabe, présente trois théologiens chrétiens représentant chacun un des grands groupes antagonistes (melchite, jacobite et nestoriens) convoqués par un vizir désireux de s'informer sur les croyances des chrétiens, consigne étant donné à chacun de présenter leur foi sans faire la critique de celle des deux autres. Les protagonistes sont le « melchite » Abou Qurrah, le jacobite Abou-Raïta et le nestorien Abd-Isho, qui pourrait être soit Isho Bar Noun[8] ce qui place ce dialogue entre 823 et 828, soit Habib ibn Bahriz[9].

Théodore eut aussi une controverse avec le calife Al-Mamoun, et en sa présence avec un docteur musulman, probablement en 829[10].

Il mourut vers 830.

Son nom

Abou Qurrah porte en son nom la complexité de la période à laquelle il vécut :

  • son prénom, Théodôros (Θεόδωρος), est d'origine grecque : de theós (θεός), « dieu », et dōron (δώρον), signifiant « don » ; on peut alors comprendre la signification de ce prénom par « don de Dieu » ;
  • son nom, « Abou-Qurra » (أبي قرة), est arabe : il est composé de deux mots : abou, « père » et, dans le sens figuré, « cause », et qourrat, « joie » et « bonheur ». Ces noms sont employés comme adjectifs pour exprimer une qualité ; c'est pourquoi des évêques les portent, comme Aboul-Farage, Abou-Raïta, etc. Abou-Qurrah signifie donc « cause de joie ».

De nombreux auteurs du XVIIe au XIXe siècle ont fautivement interprété son nom comme signifiant « père de Carie » (donc, « évêque de Carie »), et l'ont ainsi confondu avec un autre Théodore, évêque de Carie, qui — contemporain de Photius — lui est nettement postérieur. La ressemblance de l'orthographe ancienne de ces mots : Carie, Charres et Aboucara, selon l'orthographe grecque, ne doit pas faire confondre ces deux Théodore.

Premier penseur chrétien arabe sur l'islam

Fresque du monastère de Ferapontov - Concile de Chalcédoine.
  • Un continuateur arabe de saint Jean Damascène ; Théodore Abuqurra, évêque melkite de Harran ː

Évêque melkite de Harran (l'antique Carrhes, auj. en Turquie), premier théologien de langue arabe, Théodore est l'une des grandes figures des Pères de l'Église qui ont façonné le christianisme oriental, à travers ses écrits en langues arabe, grecque et syriaque dans différents domaines ː dogmatique, philosophique et interreligieux.

Un des points fondamentaux qui traverse son œuvre et qui intéresse le lecteur contemporain[11], c'est la rencontre-controverse avec les penseurs musulmans à l'époque des califes abbassides[12](L'âge d'or du califat, en 786, Hâroun ar-Rachîd). Abu Qurra est donc le premier auteur arabe chrétien à polémiquer en arabe avec l'islam et à mettre en place une théologie islamo-chrétienne qui influencera tant la théologie chrétienne que la théologie musulmane[13],[14].

La pensée interreligieuse de Théodore permet de mieux comprendre d'une part, la rencontre avec l'islam aux VIIIe – IXe siècles[15] ; d'autre part, la rencontre avec le judaïsme arabe. Elle montre ainsi l'impact de cette pensée sur la théologie chrétienne dans un contexte musulman et arabe et l'appropriation réciproque de certains concepts philosophiques aristotéliciens dans la polémique islamo-chrétienne au IXe siècle et ultérieurement (Liste de concepts de la philosophie aristotélicienne)[16].

Œuvres

Il est considéré, pour le monde syriaque, comme le dernier écrivain chrétien de langue grecque, mais aussi comme un des premiers de langue arabe. Lorsqu'il est nommé dans le titre de ses traités, c'est généralement en tant que « Théodore, évêque de Harran », ou « Théodore Abou Qurrah » (ou des variantes de ces dénominations). Pas un seul manuscrit connu ne propose « Théodore, moine de Mar Saba » (ou une formule analogue), ce qui laisse penser que s'il fut moine à Mar Saba, ce fut cependant en tant qu'évêque de Harran qu'il publia ses écrits. Par ailleurs, Michel le Syrien le désigne comme « un chalcédonien d'Édesse », ce qui laisse penser que si Théodore eut des liens avec Mar Saba, ce fut tardivement.
Ses écrits sont généralement doctrinaux et apologétiques. Il excelle à employer la forme dialoguée, mettant « face à face » le chrétien et son interlocuteur.
Contre le judaïsme, il défend l'excellence du christianisme en s'appuyant sur l'Ancien Testament ; face à l'islam, il en fait tout autant, ajoutant encore des références au Coran ou aux hadiths ; contre les iconoclastes, il promeut la vénération des icônes, contre les nestoriens et les monophysites, il soutient la théologie Chalcédonienne[17].

Les écrits en grec

La Patrologie grecque de Migne (tome XCVII, col. 1461-1609) présente sous le nom de Θεοδωρος Αβουκαρα quarante-trois traités[18] avec traduction latine.
Quoique tous ces traités soient placés sous le nom d'Abou Qurrah, tous ne peuvent lui être directement ou même indirectement attribués. Aussi dans le tableau ci-dessous est indiqué pour chaque traité sa relation à Abou Qurrah.

Liste des Traités grecs dans l'ordre de l'édition de Migne

Davantage d’informations N°, Authenticité ...
Authenticité[19] Type Interlocuteur ou doctrine concernée Titre ou thème
1. TAQ (F18)[20] Dialogue Incroyants Sur les cinq ennemis (la mort, le démon, la malédiction de la Loi, le péché et l'enfer) dont Jésus Christ nous a délivrés.
2. TAQ (MS)[21] Traité Jacobites Explication de certains termes philosophiques employés à contre-sens par les « sévériens » qui sont des jacobites.
3. TAQ (F18) Traité Incroyants Démonstration de l'existence de Dieu en tant que Trinité par des arguments tirés de la raison.
4. TAQ (MS) Traité Monophysites Épître aux Arméniens : Explication de la doctrine de l'Église sur l'Incarnation et apologie du Concile de Chalcédoine.
5. TAQ (F18) Dialogue Non précisé Différence entre le corps et l'humanité de Jésus-Christ.
6. TAQ (F18) Traité Non précisé Comment le péché est passé d'Adam à la race humaine.
7. TAQ (F18) Dialogue Non précisé La lutte de Jésus Christ contre le démon.
8. TAQ (F18) Dialogue Musulman Sur la divinité du Christ.
9. TAQ (F18) Dialogue Musulman Sur "Le Christ a-t-il été crucifié de son gré, ou malgré lui ?"
10. TAQ (F18) Dialogue Juif Sur l'interprétation des Écritures.
11. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur "Tout pouvoir m'a été remis".
12. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur "Qui est mort pour nous ?"
13. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur l'union de l'homme et du Verbe en Christ.
14. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur l'appellation Théotokos donnée à Marie.
15. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur "qui est oint dans le Christ ?"
16. TAQ (F18) (F10)[22] Dialogue Incroyant (Islam) Sur l'incarnation du Christ.
17. TAQ (F18) Dialogue Incroyant (Islam) Sur le salut des justes morts avant l'Incarnation du Christ.
18[23]. DJ 2[24] Dialogue Musulman Sur les caractéristiques d'un véritable prophète.
19. DJ 3 Dialogue Musulman Muhammad n'était pas envoyé par Dieu.
20. DJ 9 Pamphlet Islam Sur l'origine des révélations de Muhammad.
21. DJ 4 Dialogue Musulman Démonstration du christianisme par ce qu'il a de moins attirant.
22[25]. DJ 5 Dialogue Musulman Sur le pain consacré qui est appelé « Corps du Christ » par les chrétiens.
23. DJ 6 Dialogue Musulman Sur la divinité de Jésus-Christ.
24. DJ 7 Dialogue Musulman Sur la polygamie et la monogamie.
25. DJ 10 Dialogue Musulman Sur "Dieu a un Fils consubstantiel, de même origine et de même éternité".
26. TAQ (F10) Dialogue Hérétique Sur la génération éternelle du Fils par le Père.
27. TAQ (F10) Traité Non précisé Sur le nom de Dieu
28. TAQ (F10) Dialogue Hérétique Sur Dieu et la nature divine.
29. TAQ (F10) Dialogue Nestoriens Sur la double nature du Christ.
30. TAQ (F10) Dialogue Jacobites Sur la double nature du Christ.
31. TAQ (F18) (F10) Dialogue Origéniste Sur la justice et le châtiment
32. DJ 8 Dialogue Musulman Sur "Le Christ, ayant deux nature, a souffert dans sa nature humaine".
33. TAQ (F18) Dialogue Nestoriens Sur la double nature du Christ.
34. TAQ (F10) Dialogue Non précisé Sur la nature du temps.
35. AA 1[26] (Dial 1-5) Dialogue Islam Sur "L'homme est-il responsable de ses actes ?"
36. AA 2 (Dial 6) Dialogue Islam Sur "Les paroles de Dieu sont-elles créées ou incréées ?"
37. AA 4 (Dial 9-10) Dialogue Islam Sur la mort de Marie.
38. AA 5 (Dial 11) Dialogue Islam Sur "Qui, de Jean Baptiste ou de Jésus, est le plus grand ?"
39. AI[27] Dialogue Hérétique Sur les prescriptions de la Loi et sur la grâce.
40. AI Traité Non précisé Par le même Théodore, évêque de Haran "Sur Adam". Par Photius.
41. AI Traité Non précisé Sur la mort.
42. TAQ (F18) (F10) Traité Non précisé Sur les noms donnés à Dieu et la distinction des Personnes dans la Trinité
43. TAQ (Ms) Traité Non précisé Sur l'Incarnation et les modalités de l'union dans la personne du Christ
TAQ (F10) Traité Non précisé De diffentia propriissima en PG 94. 594, note 23
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Éditions et traductions des écrits grecs

  • Grec : La plupart de ces opuscules ont probablement un original arabe, comme la Lettre aux Arméniens.
    Les plus anciens manuscrits connus remontent au Xe siècle, et comportent des textes déjà organisés en collections.
    La première édition imprimée des textes grec est due à Gretser, en 1606 pour 39 des 42 opuscules qu'il publia sous le nom d'Abucara.
    Le texte grec du "traité 25" fut publié pour la première fois par Cotelier en 1672, en note au 5e livre des Constitutions apostoliques, et celui du "traité no 18" par Lequien parmi les œuvres de Saint Jean Damascène en 1712. Ces deux textes grecs furent incorporés dans l'édition de Migne qui leur adjoignit un 43e opuscule – gréco-latin – publié en 1685 dans St Athanasii syntagma doctrinae par Arnold. Il fallut attendre 1995 pour que le texte grec du traité 32 soit édité par Glei et Khoury dans leur édition critique de 17 de ces dialogues ayant trait à l'islam[28].
    Outre ces 43 opuscules, d'autres traités en grec placés sous son nom, de valeur indéterminée, sont à ce jour référencés dans divers manuscrits et attendent d'être édités.
  • Géorgien : Arsène d'Ikaltho (1050-1125) donna la traduction en géorgien d'une trentaine d'opuscules[29] attribués à Abu Qurrah.
  • Latin : Dans la Bibliotheca patrum veterum (1575-1579), Génébrard[30] publia une quinzaine d'opuscules en traduction latine. Turrianus, à sa mort en 1584, laissa une traduction de plusieurs autres. Ce sont ces traductions, plus celles qu'il réalisa pour les opuscules grecs qu'il trouva, que Gretser publia en 1606, en tout 42 opuscules sous le nom d'Abucara[31]. La traduction latine du "43e opuscule" que l'on trouve chez Migne provient – comme signalé ci-dessus – du St Athanasii syntagma doctrinae par Arnold en 1685.
  • Slavon : Le , un traducteur anonyme, basé à Ostrog, en Ukraine, met la dernière main à une traduction des 42 opuscules alors attribués à Abucara, qu'il nomme Федор Абукара – Fiodor Aboukara – en se basant sur l'édition de Grester. Cette traduction, prévue pour être éditée n'a probablement jamais été imprimée, mais il en existe au moins deux manuscrits[32]
  • Français : en 1691, l'abbé Fleury publiait, dans son Histoire ecclésiastique quelques extraits de celui que l'on appelait alors Théodore Aboucara[33]. Il faut ensuite attendre 1972, puis 1982 pour que le P. Khoury, dans ses ouvrages sur la "polémique" et "l'apologétique" byzantine contre l'islam, donne la traduction, partielle ou intégrale de plusieurs des opuscules ayant trait à l'islam. En 2011, Ch. Boudignon donne, dans le cadre d'une étude, une traduction du traité 25[34]. On trouve encore une traduction du traité 22 en annexe d'une étude sur le Dialogue de Samon de Gaza[35]
  • Russe : En 1879, G. Sabloukov donne la traduction en russe de 15 opuscules en rapport avec l'islam. Une nouvelle traduction de ces traités (plus le no 16) a été publiée en 2012 par Y. Maximov dans Византийские cочинения об исламе. Par ailleurs, le traité no 2 a été traduit par Benevits en 2011 dans Полемические сочинения.
  • Allemand : Dans leur édition des Écrits sur l'islam de Jean Damascène et Théodore Abu Qurrah, Glei et Khoury donnent la traduction de 17 opuscules en relation à l'islam.
  • Anglais : Dans son Abu Qurra translated, en 2005, Lamoreaux donne une traduction anglaise de 29 des traités publiés par Migne qu'il considère comme authentiques, en se basant sur un texte grec entièrement revu.

Les écrits arabes

Si les œuvres « grecques » d'Abou Qurrah sont accessibles dès le début du XVIIe siècle, il faut attendre 1897, avec la publication arabo-latine du traité sur la Défense des icônes pour que l'on prenne conscience de l'existence d'un « Abou Qurrah arabe ». La publication en 1904, par Constantin Bacha, de plusieurs autres traités, dont un qu'il traduisit en français, inaugura une nouvelle période d'études et de publications.

Davantage d’informations Arabe, Allemand ...
Arabe Allemand Anglais Français Autres
De la vénération des icônes[36] Arendzen (1897)[37] ; Dick (1986)[38] Graf (1910)[39] : 11 Griffith (1997)[40] Bigham (2010)[41] Multiples[42].
Sur le libre-arbitre. Bacha (1904)[43] : 1 (p 9) Graf (1910) : 9 Lamoreaux (2005)[44] : p. 195 Italien[45]
De la Trinité et de l'unicité. Bacha (1904) : 2 (p 23) Graf (1910) : 3 Lamoreaux (2005) : p. 175
Sur la mort du Christ. Bacha (1904) : 3 (p 48) Graf (1910) : 8 Lamoreaux (2005) : p. 109
Sur la vérité de l'Évangile Bacha (1904) : 4 (p 71) Graf (1910) : 2 Lamoreaux (2005) : p. 49 Boudignon (2022)[46]
Des voies de la connaissance de Dieu Bacha (1904) : 5 (p 75) Graf (1910) : 4 Lamoreaux (2005) : p. 157
De la nécessité de la rédemption Bacha (1904) : 6 (p 83) Graf (1910) : 5 Lamoreaux (2005) : p. 129[47]
De la filiation éternelle Bacha (1904) : 7 (p 91) Graf (1910) : 7 Lamoreaux (2005) : p. 140
La lettre au Jacobite David Bacha (1904) : 8 (p 104) Graf (1910) : 10
De la loi et de l'Évangile et de l'orthodoxie chalcédonienne Bacha (1904) : 9 (p 140)[48] Graf (1910) : 1 Lamoreaux (2005) : p. 27 et p. 161[49] Bacha (1905)[50] ; Boudignon (2023)[51]
De l'Incarnation de Dieu dans la chair Bacha (1904) : 10 (p 181) Graf (1910) : 6 Lamoreaux (2005) : p. 135
De l'existence du créateur[52] Cheiko (1912)[53] Graf (1913)[54] Lamoreaux (2005) : p. 1, p. 165 et p. 41[55].
Confession de foi Dick (1959)[56] Lamoreaux (2005) : p. 151 Dick (1959)
Sur les caractères de la vraie religion Dick (1959) Lamoreaux (2005) : p. 55 Dick (1959)
Question sur le libre arbitre Griffith (1979)[57] Lamoreaux (2005) : p. 207
Contre les Arméniens Lamoreaux (1992)[58] Lamoreaux (2005) : p. 97
Dialogue avec Al-Mamoun[59] Dick (2007)[60] Bertaina (2007)[61] ; Nasry (2008)[62]
Présentation de la foi en présence d'Abou Raïta et Abd-Isho Graf (1951)[63] ; Keating (2006)[64] Graf (1951) Keating (2006)
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Outre les traités ci-dessus, il en existe d'autres dont la publication est en cours de préparation :

  • Contre ceux de l'extérieur.
  • Contre ceux qui disent que les chrétiens ont un Dieu faible.
  • Contre ceux qui affirment que la Parole de Dieu est créée.
  • Réfutation par l'Ancien Testament de ceux qui dénigrent la Parole de Dieu.
  • Sermon pour le premier mercredi du Carême[65]
  • Le Livre du maître et du disciple et les Questions au prêtre Moïse, attribués à Thaddée d'Édesse[66]
  • Admonition sur le jeûne par Thaddée d'Édesse[67].
  • Quatre homélies sur l'Évangile de Jean attribuées à Théodore d'Édesse[68].
  • Un extrait d'œuvre attribué à Théodore de Gaza[69].

Écrits en syriaque

Dans son traité en arabe Sur la mort du Christ, il écrit : « nous avons déjà composé en syriaque trente maymar pour défendre la doctrine du concile de Chalcédoine et la Lettre de saint Léon ».

Ce terme "maymar" a posé problème aux traducteurs qui ont hésité à y voir soit un "traité", soit un "chapitre" ; de sorte que ce serait non pas "trente traités", mais "un traité en trente sections" qu'Abu Qurrah aurait composé en syriaque. Samir, dans un article faisant le point sur cette question [70], plaide avec force pour cette seconde lecture. En tout état de cause, ces "trente maymar" ne nous sont actuellement pas connus.

Le traducteur

Théologien doublé d'un philosophe (logicien accompli, défendre la foi par des arguments de raison est même une caractéristique majeure de son argumentation), il a en outre traduit en arabe le traité De virtutibus animae[71] ainsi que — peut-être — les Premiers Analytiques d'Aristote[72].

Bibliographie

Textes d'Abou Qurrah

Traduction française
En arabe et en grec
Autres langues

Études sur Abou Qurrah

Autres éléments bibliographiques

  • (ar) C. Bacha, Les Œuvres arabes de Théodore Aboucara, Beyrout, 1904.
  • (ar) L. Cheikho, « Mimar li Tadurus Abi Qurrah fi Wugud al-Haliq wa d-Din al-Qawim », al-Machriq, 15 (1912), p. 757-74, 825-842.
  • I. Dick, « Deux écrits inédits de Théodore Abuqurra », in Le Muséon, 72 (1959), p. 53-67.
  • (en) S. H. Griffith, « Some Unpublished Arabic Sayings Attributed to Theodore Abu Qurrah », in Le Muséon, 92 (1979), p. 29-35.
  • Samir Khalil Samir, « Le traité sur les icônes d'Abù Qurrah mentionné par Eutychius », OCP, 58 (1992), p. 461-474.
  • Samir Khalil Samir, "Notes sur les citations bibliques chez Abu Qurrah" in : Orientalia Christiana Periodica (1983) vol. 49 , p. 184-191
  • (de) R. Glei et A. T. Khoury, Johannes Damaskenos und Theodor Abu Qurra : Schriften zum Islam, 1995
  • (en) Theodore Abu Qurrah (trad. John C. Lamoreaux), the first English translation of nearly the complete corpus of Theodore Abu Qurrah's works, 2006, (accès à la table des matières) et recension en français de cet ouvrage sur Persée
  • (en) Wafik Nasry : The calif and the bishop, a 9th century muslim christian debate : Al-Ma'mun and Abu Qurrah ; Université Saint-Joseph, 2008
  • (it) La libertà, introduzione, traduzione, note ed indici a cura di Paola Pizzi, testo arabo a cura di p. Samir Khalil sj, Torino 2002 Présentation consultable en ligne
  • Loi, foi et raison chez Théodore Abû Qurra par le Prof. Dr. Peter Bruns, in La morale au crible des religions (Studia Arabica XXI), Paris 2013,
  • (en) GARDOM, Clare : « Christian Arguments for the True Religion in the First ‘Abbasid Century: The Case of Theodore Abū Qurrah » (inédit)
  • (en) AWAD, Najeeb : Orthodoxy in Arabic Terms: A Study of Theodore Abu Qurrah's Theology in Its Islamic Context, 2016
  • AUZEPY, Marie-France, "De la Palestine à Constantinople (VIII-IXe siècles): Étienne le Sabaïte et Jean Damascène", in: Travaux et Mémoires du Centre du Recherche d’Histoire et Civilisation de Byzance, vol. 12, 1994, pp. 183-218[74]

Voir aussi

Liens externes

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