Théorie de la décision

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La théorie de la décision est l’étude de la prise de décision, qui comprend la théorie de la décision individuelle (souvent simplement appelée théorie de la décision), la théorie des jeux et la théorie du choix social. C’est une discipline interdisciplinaire à laquelle contribuent des philosophes, des économistes, des psychologues, des informaticiens et des statisticiens. Le domaine est généralement divisé entre la théorie de la décision descriptive et la théorie de la décision normative. La théorie de la décision descriptive est une discipline empirique qui étudie la manière dont les gens prennent réellement des décisions. La théorie de la décision normative étudie ce qu’il est rationnel de décider, ou ce que la décision devrait être[1].

La théorie de la décision individuelle distingue la décision correcte de la décision rationnelle. Ces deux notions divergent lorsque les conséquences de la décision sont incertaines. La théorie de la décision dans l'incertain se divise en deux branches : la théorie de la décision en situation de risque, qui concerne les décisions pour lesquelles les probabilités des résultats sont connues, et la théorie de la décision en situation d’ignorance, qui concerne celles pour lesquelles ces probabilités ne sont pas connues.

La théorie des jeux et la théorie du choix social se distinguent de la théorie de la décision individuelle par la présence de plusieurs décideurs.

La théorie des jeux étudie les stratégies qu’un agent devrait adopter dans un jeu, compte tenu des choix possibles des autres agents.

La théorie du choix social cherche à établir des principes sur la manière dont les décisions impliquant plusieurs décideurs devraient être prises. Elle a notamment des applications dans l’étude des fondements de la démocratie, avec des résultats tels que le théorème d’impossibilité d’Arrow.

Théorie de la décision intertemporelle

La notion de décision intertemporelle découle de la prise en compte du facteur temps dans les problématiques reliant l'offre et la demande, les disponibilités et les contraintes. Ces problématiques sont celles qui découlent des combinaisons possibles entre les disponibilités et les décisions pouvant les impliquer. Les diverses fluctuations susceptibles d'être mesurées et prévues par ailleurs permettent ainsi de nourrir des modèles dynamiques.

Modèle à utilité escomptée

L'économiste Paul Samuelson propose en 1937 dans un article intitulé « A Note on Measurement of Utility » un modèle simple de décision intertemporelle connu sous le nom de modèle à utilité escomptée[2],[3]. Dans ce modèle, les préférences intertemporelles sont représentées par un paramètre unique appelé « taux d'escompte psychologique » (noté ). Dans le cas où le temps est considéré comme discret, l'utilité intertemporelle considérée en t () s'écrit comme la somme des utilités instantanées () pondérées par le facteur d'escompte psychologique :

En temps continu, l'utilité intertemporelle s'écrit comme l'intégrale entre t et T de l'utilité instantanée pondérée par le facteur d'escompte psychologique :

L'agent prend alors la décision qui maximise son utilité intertemporelle.

Applications

Le modèle à utilité escomptée est utilisé en théorie des jeux pour l'étude des jeux répétés.

Dans un article publié en 1988 dans le Journal of Political Economy, Gary Becker et Kevin Murphy utilisent le modèle à facteur d'escompte pour rendre compte des comportements de consommation de produits addictifs (tabac, drogue, etc). Ils entendent montrer que, contrairement à l'intuition, la consommation de produits addictifs n'est pas incompatible avec les hypothèses de rationalité telles qu'elles sont définies en théorie économique[4].

Modèles comportementaux

Lorsque les individus ont des comportements temporellement incohérents, il est nécessaire de modéliser leur comportement différemment. Le modèle à escompte quasi-hyperbolique en temps discret est devenu l'un des modèles les plus utilisés pour rendre compte des phénomènes d'addiction ou de procrastination. En 2013, David Laibson et Harris Christopher proposent une extension en temps continu de ce modèle[5].

Théorie de la décision dans l'incertain

Notes et références

Voir aussi

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