Théorie du drone
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| Théorie du drone | |
| Auteur | Grégoire Chamayou |
|---|---|
| Pays | France |
| Genre | Essai philosophique |
| Éditeur | La Fabrique |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | |
| Nombre de pages | 363 |
| ISBN | 978-2358720472 |
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Théorie du drone, publié en 2013, est un essai philosophique écrit par Grégoire Chamayou traitant de manière pessimiste du drone militaire.
L'utilisation des drones dans un cadre militaire est d'abord employée par l'armée israélienne avant d'être reprise par l'administration d'Obama[1].
Au début du XXIe siècle, la plupart des frappes de drones ont été menées par l'armée américaine dans des pays comme l'Afghanistan, le Pakistan, la Syrie, l'Irak, la Somalie, le Yémen et la Libye à l'aide de missiles air-sol[2]. Mais les drones de combat sont de plus en plus déployés par la Russie, l'Ukraine, la Turquie, l'Azerbaïdjan, le Nigeria et d'autres États ainsi que par des groupes militants tels que les Houthis[3].
Selon le think thank New America, 14 à 15 % des morts par drone de la CIA au cours de la Guerre du Saada sont civils ou potentiellement civils[4]. Au cours du génocide à Gaza depuis 2023, l'armée israélienne vise des journalistes[5], médecins, hôpitaux[6] et enfants[7],[8] palestiniens au moyen de drones.
Contenu
Grégoire Chamayou explique que la nature de la guerre change avec l'apparition du drone, le pilote d'un drone peut désormais tuer à distance et sans jamais se mettre en danger, ce qui peut être considéré comme inégal et remettant en cause le droit à tuer en temps de guerre : « si l'héroïsme consistait jadis à mourir pour sa patrie, on exige désormais de tuer pour elle. »[9],[10].
Le creusement des distances aurait également une autre conséquence qui est la désensibilisation à la violence par leurs auteurs, éventuellement amplifiée par la future complète autonomisation des drones devenant des machines à tuer parfaitement obéissantes et sans limite dans la violence[11],[10],[2].
Chamayou pointe également du doigt la grande imprécision des drones quant à leurs cibles, étant haut dans le ciel et devant donc couvrir un champ balistique élevé pour compenser, ce qui induit une grande quantité de pertes civiles (résumées à de simples dommages collatéraux) et potentiellement une montée du ralliement au terrorisme[1].
Le philosophe craint que par la discrétion et la future miniaturisation à la taille d'insectes des drones, les frontières entre zone civile et zone de guerre deviennent floues[1].