Théorème de Sturm
From Wikipedia, the free encyclopedia
En mathématiques, et plus précisément en analyse, le théorème de Sturm, établi en 1829 par Charles Sturm, permet de calculer le nombre de racines réelles distinctes d'une fonction polynomiale comprises dans un intervalle donné. La méthode effective de calcul correspondante s'appelle l'algorithme de Sturm[1].
On se donne un polynôme P = xn + an – 1 xn – 1 + ... + a1 x + a0. La suite de Sturm ou chaîne de Sturm à partir du polynôme P est une suite finie de polynômes P0, P1, ..., Pm. Elle est construite par récurrence :
- P0 = P ;
- P1 = P', où P' est la dérivée de P, c'est-à-dire le polynôme P' = nxn – 1 + ... + a1 ;
- Pour i ≥ 2, Pi est l'opposée du reste de la division de Pi – 2 par Pi – 1.
- La construction s'arrête au dernier polynôme non nul.
Pour obtenir cette suite, on calcule les restes intermédiaires que l'on obtient en appliquant l'algorithme d'Euclide à P0 et sa dérivée P1 :
Si P possède uniquement des racines distinctes, le dernier terme est une constante non nulle. Si ce terme est nul, P admet des racines multiples, et on peut dans ce cas appliquer le théorème de Sturm en utilisant la suite T0, T1, ..., Tm – 1, 1 que l'on obtient en divisant les P1, P2, ..., Pm – 1 par Pm.
Énoncé du théorème
Le nombre de racines réelles distinctes dans un intervalle [a , b] d'un polynôme à coefficients réels, dont a et b ne sont pas des racines, est égal au nombre de changements de signe de la suite de Sturm aux bornes de cet intervalle.
Plus formellement, notons σ(ξ) le nombre de changements de signe (zéro n'est pas compté comme un changement de signe) dans la suite
- .
Le théorème de Sturm dit que pour deux nombres réels a, b, a < b, où a et b ne sont pas des racines de P, le nombre de racines dans l'intervalle [a , b] est :
- .