On va d'abord démontrer le théorème pour une suite de fonctions croissantes. Pour ce faire, on utilisera deux fois le fait que pour tout ensemble dénombrable D, l'espace produit
est séquentiellement compact, c.-à-d. que toute suite d'applications de D dans
admet une sous-suite simplement convergente (c'est la stabilité par produits dénombrables de la compacité séquentielle).
En appliquant d'abord ce lemme à
, on peut donc extraire une sous-suite, qu'on notera encore
, qui converge simplement sur
.
Notons f la fonction limite, définie sur
et à valeurs dans
et, pour tout point
,
.
La fonction f étant croissante (comme limite simple de fonctions croissantes), l'ensemble

est au plus dénombrable.
Soit
. Notons
la valeur commune
et montrons que
tend vers cette valeur. Soit
; il existe
tels que
,
et
. Pour n assez grand,
et
et, comme les
sont croissantes,
, donc
,
ce qui prouve la convergence de
pour tout
.
Pour finir, on applique à nouveau le lemme (à l'ensemble
) pour obtenir une sous-suite qui converge partout.
Cas général : on sait qu'une fonction réelle à variations bornées peut se mettre sous forme de différence de deux fonctions croissantes :
. La décomposition n'étant pas unique, il faut en trouver une telle que les deux suites
et
vérifient les hypothèses qu'on a utilisées. Notons
l'ensemble des subdivisions d'un sous-intervalle J. et fixons
. Pour toute fonction f à variations bornées sur I, notons
(pour tout segment
) ; on vérifie facilement que les deux fonctions

sont croissantes et que si
alors
, donc si de plus
alors
.
Les hypothèses utilisées ci-dessus sont donc satisfaites pour
et
.
On applique le résultat déjà démontré à
, puis de la suite extraite on fait une seconde extraction pour assurer la convergence de
.
Selon le même principe, on pourrait traiter des fonctions à valeurs complexes ou, plus généralement, à valeurs dans un espace de dimension finie, en faisant des extractions en cascade pour les parties réelle et imaginaire, ou pour les composantes dans une base.