Thérèse Bentzon
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 66 ans) Meudon |
| Nom de naissance |
Marie Thérèse de Solms |
| Pseudonyme |
Th. Bentzon |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Enfant |
| Distinctions | Liste détaillée |
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Thérèse Bentzon (nom de plume de Marie Thérèse de Solms, épouse Blanc, née le à Seine-Port en Seine-et-Marne et décédée le à Meudon[1]) est une journaliste, essayiste et romancière française. Collaboratrice à la Revue des Deux Mondes, Thérese Bentzon a beaucoup voyagé aux États-Unis et a écrit sur la littérature américaine et la condition sociale. Elle est connue en France pour avoir traduit et commenté Leopold von Sacher-Masoch. Elle a écrit sur l'auteur de nombreux articles édités par la Revue des Deux Mondes. Elle fit partie du jury du prix Vie Heureuse (ancêtre du prix Femina) dès sa création en 1904. Elle fut décorée de la Légion d'honneur peu avant sa mort par Daniel-Lesueur, présidente du prix Vie Heureuse[2].
Marie-Thérèse est la fille du comte d'origine alsacienne, Edouard de Solms, consul général de Wurtemberg à Alger, et d'Olympe Adrienne Bentzon, elle-même la fille du Comte Adrian Benjamin de Bentzon, gouverneur des îles Sainte-Croix et Saint-Thomas, aux Petites et Grandes Antilles entre 1816 et 1820 (à l'époque territoire danois et actuellement territoire des États-Unis d'Amérique). Elle est née dans la maison familiale, propriété de ses grands-parents. Elle a un frère, Cristian, né un an après elle[3]. Sa grand-mère (une femme qu’elle ne mentionne jamais dans ses lettres, sauf pour dire qu'elle avait l’esprit de la bonne parisienne) est à l'époque remariée au marquis de Vitry, un vieil aristocrate français, né avant la Révolution française, qui lui raconte l’histoire de cette époque.
Son grand-père maternel biologique décède lorsque sa mère est encore jeune. Cependant elle mentionne dans ses lettres à Theodore Stanton qu'elle est folle d’admiration pour ce grand-père inconnu[4], le Major Adrian Benjamin Bentzon. Ce grand-père n’a cessé de déposer plainte devant la Cour suprême des États-Unis afin de récupérer ses plantations sucrières. Après avoir vécu en Amérique avec sa famille, Adrian Bentzon retourne en Europe. Enfin, il meurt plus tard aux Caraïbes. Sa veuve épouse ensuite Louis Antoine Bruneau, marquis de Vitry[5].
Thérèse fut en partie élevée avec son frère, dès l'âge de douze ans, chez ses grands-parents[6], les de Vitry[7], qui résident alors Villa de l'Ermitage à La Chapelle-Saint-Mesmin[8] puis par le nouveau mari de sa mère, le comte Antoine-Henri-Philippe-Léon Cartier d'Aure, écuyer de l'Empereur Napoléon III.
Elle reçoit une éducation cosmopolite, apprentissage de l'allemand et de l'anglais, un enseignement journalier dans la maison de ses grands-parents par la professeure de l'école du village : Madame Chouppe[9]. Celle-ci lui apprend le grec, le latin et la composition française. Au cours de cette période, Thérèse suit régulièrement ses grands-parents lors de brefs séjours à Paris.
A 14 ans, elle effectue son 1er voyage à l'étranger, à Cologne, accompagnée de sa mère et de son grand-père, où elle fait la connaissance de Johanna, une cousine danoise, de trois ans son ainée[10].
Ses 1ères publications
Elle se marie le avec Louis Blanc à La Chapelle-Saint-Mesmin[11]. Le couple va ensuite résider à Vienne (Isère). Elle accouche de son fils Édouard l'année suivante, mais en 1860, le couple se sépare. Édouard deviendra un célèbre explorateur et sera mentionné par les frères Goncourt comme « le fils de Madame Blanc »[12]. Elle reviendra vivre avec son jeune fils chez sa mère remarié avec le comte Antoine-Henri-Philippe-Léon Cartier d'Aure.
Après plusieurs articles rédigés pour différentes revues, elle est introduite par son beau-père le vicomte d'Aure auprès de George Sand. Thérèse la rencontre pour la 1ère fois en 1862, rue Racine à Paris[13]. C'est à l'automne suivant qu'elle est invitée dans sa maison de Nohant. Elle y passe de longs séjours. George Sand l'aide à consigner des événements de l'époque. Celle-ci la mentionne dans son journal[14].
Son 1er roman « Un Divorce » est publié sous la forme d'un feuilleton en 1870 dans le Journal des débats mais la revue est suspendue en raison des évènements liés à la Commune de Paris. La suite paraît un peu plus tard dans le même journal et attire alors l'attention François Buloz, directeur de la Revue des Deux Mondes[15].
Revue des Deux Mondes
Elle est une plume familière de la Revue des Deux Mondes. Son 2ème roman « La Vocation de Louise » y est publié dès l'année suivante.
Critique et traductrice, elle est reconnue comme une spécialiste du monde anglo-saxon.
« Elle publie dans la revue le résultat d'enquêtes et des relations de voyage, mais aussi des comptes rendus de romans, tant anglais qu'américains, des études sociales[16]… »
Elle publie également, toujours sur la Revue des Deux Mondes, des articles sur Leopold von Sacher-Masoch et plusieurs nouvelles et romans du même auteur traduits par ses soins.
En 1893, elle est envoyée par la Revue des Deux Mondes aux États-Unis pour interviewer les femmes, connaître leur situation outre atlantique. Elle quitte la France dans la première partie de 1893, et de New York, elle va à Chicago. Puis après quelques mois, elle prend le train à Boston, où elle passe près d'un an. Ensuite elle voyage en Louisiane et dans le Midwest. Pendant son séjour, elle rend visite Jane Addams, la fondatrice de la Hull House, rencontre Oliver Wendell Holmes, Sr. juste avant sa mort, et voit Jacob Riis lors d'une conférence sur l'un de ses derniers romans. Elle croise également les romancières Sarah Orne Jewett et Grace King (en).
Elle rencontre également des personnalités politiques, féministes et abolitionnistes.
À son retour des États-Unis, elle compile ses articles dans un livre, un journal de Voyage, publié en 1896 chez Calmann-Lévy. Elle visite les États-Unis de nouveau en 1897 pour un court laps de temps. Son journal de Voyage est un best-seller et est édité à nouveau huit fois, en différentes éditions, dont la dernière en 1904.
Les femmes américaines chez elles
Publiées en 1896, ses notes de voyage sont organisées autour des remarques qu'elle avait faites sur les femmes américaines. Ses notes de voyage ne sont pas considérées[Par qui ?] comme très originales en termes d'opinion sur l'Amérique, mais les sujets qu'elle choisit (l'éducation et pour les femmes, les femmes dans la société et le système de la charité en Amérique) constituent une vision originale selon les recherches de William Chew[17].
Son livre accorde également une grande importance à l'Amérique urbaine, faisant un portrait complet de celle-ci.
Les dernières années
Installée depuis 1891 dans la commune de Ferté-sous-Jouarre, elle continue à écrire et y reçoit régulièrement ses amies et hôtes. En 1901, elle entreprend un voyage de quelques mois en Russie qui inspirera certains de ses ouvrages.
C'est à cette époque qu'elle s'intéresse plus assidûment à la condition sociale de la femme dans la société avec la rédaction d'articles et notamment de son roman « Tchelovek ».
En 1899, elle revient habiter à Paris qu'elle quitte en 1902, malade et fatiguée, pour s'installer dans un pensionnat de Meudon.
En 1904, elle consacre son dernier voyage à Londres, où elle rencontre la romancière Matilda Betham-Edwards à la suite duquel elle rédigera ses « Impressions d’été à Londres » et un article intitulé « La sociologie en Angleterre ».
Elle décède à Meudon le et est inhumée au cimetière du Montparnasse.
Romans, notes de voyage, et essais
- Le roman d'un muet (1868) en ligne
- Un divorce (1iere Ed 1872; 2ieme Ed. 1896)
- La vocation de Louise (1873)
- Une vie manquée (1874) en ligne
- Un chatiment (1876) en ligne
- La grande saulière (1877) en ligne
- Un remords (1878) en ligne
- La petite perle ; Désiré Turpin (1878) en ligne
- L'obstacle (1879) en ligne
- Yette : histoire d'une jeune créole (1880) en ligne
- Georgette (1880)
- Amour perdu. Galatée. Jacinte. Yvonne. (1881) en ligne
- Le veuvage d'Aline (1881) en ligne
- Littérature et mœurs étrangères etudes Vol1 (1882) en ligne
- Miss Jane - Pierre Ceroin (1882) en ligne
- Le meurtre de Bruno Galli. Eva Brown (1883)
- Tête folle (1883)
- Tony (1885) en ligne
- Le violon de job - sous le masque - sang mêlé - Armelle (1885) en ligne
- Les Nouveaux Romanciers américains (1885) en ligne
- Une conversion. Exotique. La dot de Katel (1886) en ligne
- Figure étrange. Un Gascon (1886) en ligne
- Le Mariage de Jacques: Un accident (1888)
- Contes de tous les pays (1888) en ligne
- Pierre Casse-cou (1889)
- Tentée (1889) en ligne
- Geneviève Delmas (1893, Magasin d'Éducation et de Récréation)
- Choses et gens d'Amérique (1898) en ligne
- Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre : notes de voyage (1899) en ligne
- Constance (1891)
- Le parrain d'Annette (1893) en ligne
- Jacqueline (1895) en ligne
- Une double épreuve (1896) en ligne
- Les Américaines chez elles (1896) en ligne
- Questions Américaines (1901)
- Promenades en Russie (1903)
- Au-dessus de l'abime (1905)
- Romans et contes de tous les pays : En France et en Amérique (1909)
- Causeries de morale pratique (Cinquième édition)(1913)
- Émancipée
- Le retour
Distinctions
Prix de l'Académie française
- 1879 : Prix Vitet
- 1885 : Prix Montyon pour Tony
- 1892 : Prix Montyon pour Constance
- 1897 : Prix Montyon pour Les Américaines chez elles
- 1903 : Prix Alfred-Née