Théâtre de l'Œil
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Simon Boudreault (d) (depuis ) |
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Le Théâtre de l'Œil est une compagnie de théâtre de marionnettes québécoise fondée en 1973 à Montréal. Spécialisée dans le théâtre de marionnettes pour le jeune public, la compagnie a produit 31 créations originales, donné environ 5 800 représentations devant plus de 1,4 million de spectateurs et participé à 44 festivals internationaux dans 12 pays sur quatre continents.
Son fondateur, André Laliberté, a été le premier artiste issu des arts de la marionnette à recevoir un prix du Québec, le prix Albert-Tessier, en 2020.
Fondation et premières années (1973-1978)
André Laliberté découvre la marionnette à l'âge de treize ans, lors d'une hospitalisation à l'Hôpital Sainte-Justine, où il assiste à un spectacle de marionnettes à fils[1]. Il se forme ensuite pendant dix ans auprès de Micheline Legendre, directrice artistique des Marionnettes de Montréal[2].
En , André Laliberté et Francine Saint-Aubin fondent le Théâtre de l'Œil[1],[3]. La première production, Les mésaventures de la perdrix blanche, est une adaptation d'une légende autochtone[4]. Jocelyn Desjarlais, rencontré chez Micheline Legendre, puis Pierre Tremblay rejoignent la compagnie et forment une troupe permanente[5].
En , Francine Saint-Aubin quitte la compagnie. Laliberté, Tremblay et Desjarlais forment un trio artistique qui dirige la compagnie pendant une dizaine d'années[6].
En , la création Tohu Bohu, une fable écologique, permet à la compagnie de faire sa première tournée internationale en Belgique[4].
Rayonnement international (1979-1989)
En , la compagnie crée Regarde pour voir, un spectacle qui tourne en France, aux États-Unis, au Mexique, en Chine et en Algérie. En , cette production est choisie pour représenter le Canada en Chine, devenant la première tournée canadienne dans ce pays après la Révolution culturelle[4]
En , la compagnie présente Les grandes vacances, sa seule production destinée au public adulte, en collaboration avec l'écrivain Michel Tremblay[4],[7].
L'illustratrice Marie-Louise Gay collabore à plusieurs créations de la compagnie à partir de , notamment Ombrelle tu dors (1982), Bonne fête Willy (1988) et Qui a peur de Loulou ? (1993)[4],[8].
En , le Théâtre de l'Œil cofonde la Maison Théâtre, aux côtés du Théâtre Le Carrousel et de La Marmaille. Ce lieu dédié au jeune public ouvre ses portes en [1],[2].
En , la création Cœur à cœur, sur un texte de Réjane Charpentier, marque l'arrivée du scénographe Richard Lacroix, qui devient le principal concepteur de marionnettes de la compagnie. Ce spectacle dépasse les 300 représentations[4].
En , la compagnie réalise La Force du Soleil, un film éducatif en format IMAX 3D, diffusé à l'international[4],[9].
Consécration avec Le Porteur (années 1990-2000)
En , Un Autre Monde, un spectacle de théâtre de table, remporte le prix de la meilleure production jeune public de l'Association québécoise des critiques de théâtre et dépasse les 300 représentations[4],[10].
En , André Laliberté monte sur scène pour la dernière fois comme marionnettiste dans Un secret de Polichinelle[4].
En , la compagnie crée Le Porteur, un poème visuel sans paroles conçu par Richard Lacroix, André Laliberté et Richard Morin. Ce spectacle devient l'œuvre phare de la compagnie, cumulant plus de 1 000 représentations dans 14 pays sur une période de 25 ans[11]. Le Porteur remporte trois Masques de l'Académie québécoise du théâtre en (meilleure production jeune public, scénographie et conception de marionnettes), le Chalmers Canadian Play Award en et une Citation of Excellence de l'UNIMA-USA en [12].
En , le film Hugo et le Dragon est récompensé au Banff World Media Festival et au Gala des prix Gémeaux[4],[13].
Diversification et reconnaissance (2005-2018)
En , le Théâtre de l'Œil reçoit le prix Hommage de RIDEAU, le réseau québécois de diffusion en arts de la scène[12],[14].
En , la coproduction avec l'Argentine Ah, la vache !, créée avec Javier Swedzky, est sélectionnée parmi les dix meilleurs spectacles de l'année par le quotidien La Presse[4],[15].
En , la compagnie crée Sur 3 pattes, un conte philosophique sans paroles qui innove par l'utilisation de la « marionnette vidéo ». Ce spectacle tourne en Chine en [4],[16],[17].
En , Corbeau, la 25e création de la compagnie, est une adaptation d'une légende autochtone par Jean-Frédéric Messier. Un album illustré est publié chez L'Instant même[4],[18].
En , le Théâtre de l'Œil est finaliste du prix de reconnaissance du Conseil des arts de Montréal dans le cadre du 29e Grand Prix[19].
En , Marco bleu, sur un texte de Larry Tremblay, illustré par Julien Castanié et mis en scène par Martine Beaulne, utilise des marionnettes de type bunraku[4],[20].
Relève et nouvelle direction (2020-)
En , André Laliberté quitte la direction artistique après 47 ans à la tête de la compagnie. Simon Boudreault, auteur, metteur en scène et comédien, lui succède[1],[11]. La première collaboration de Boudreault avec le Théâtre de l'Œil remonte à , lorsqu'il est comédien et marionnettiste dans plusieurs spectacles, dont Un Autre Monde et Le Jardin de Babel. Il signe ensuite le texte de La Félicité (2002) et cocrée Sur 3 pattes (2010) avec Richard Lacroix. André Laliberté l'invite à assumer la direction artistique dès , et les deux hommes partagent cette responsabilité pendant près de deux décennies avant la passation officielle[21].
Sous la direction de Boudreault, la compagnie poursuit sa démarche d'inviter des dramaturges établis à écrire pour le théâtre de marionnettes. En , Furioso, sur un texte d'Olivier Kemeid, est présenté à la Maison Théâtre[22]. En , pour le 50e anniversaire de la compagnie, 176 pas, écrit par Fanny Britt, mis en scène par Marie-Josée Bastien et Simon Boudreault, avec une musique d'Ariane Moffatt et des marionnettes de Richard Lacroix, est créé à la Maison Théâtre[23].
Approche artistique
Le Théâtre de l'Œil se distingue par l'alternance et le mélange de différentes techniques de marionnettes : marionnettes à tiges, théâtre d'ombres, masques et technique bunraku. La compagnie inscrit son travail dans le domaine du «théâtre visuel »[9],[2].
Plusieurs écrivains et écrivaines de renom ont collaboré avec la compagnie, dont Michel Tremblay, Marie-Louise Gay, Larry Tremblay et Fanny Britt[11]. Le musicien Libert Subirana, membre du groupe Harmonium, compose la première trame sonore originale de la compagnie en pour Bonne fête Willy[4],[24].
La compagnie a présenté ses spectacles dans des lieux tels que le Kennedy Center à Washington et le New Victory Theater à New York, ainsi que dans des festivals en Corée du Sud, au Japon, en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en Irlande, aux Pays-Bas et au Danemark[9],[4].
Contribution au milieu des arts de la marionnette
Le Théâtre de l'Œil joue un rôle dans le développement institutionnel des arts de la marionnette au Québec. La compagnie a cofondé la Maison Théâtre en , un lieu consacré au théâtre pour le jeune public à Montréal[2].
Par l'entremise de Pierre Tremblay, la compagnie contribue à la création de l'Association québécoise des marionnettistes (AQM) en [4].
André Laliberté a enseigné au diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en théâtre de marionnettes contemporain de l'Université du Québec à Montréal (UQAM)[5]
Prix et distinctions
Le Théâtre de l'Œil a reçu plusieurs distinctions au fil de ses 50 ans d'activité :
- : finaliste du prix de reconnaissance du Conseil des arts de Montréal, 29e Grand Prix[19].
- : prix Hommage de RIDEAU[12].
- : Citation of Excellence in the Art of Puppetry, UNIMA-USA, pour Le Porteur[12].
- : Chalmers Canadian Play Award (théâtre jeune public) pour Le Porteur[12].
- : trois Masques de l'Académie québécoise du théâtre pour Le Porteur (meilleure production jeune public, scénographie, conception de marionnettes)[12].
- : Citation of Excellence in the Art of Puppetry, UNIMA-USA, pour Zoé perd son temps[9].
- : meilleure production jeune public, Association québécoise des critiques de théâtre, pour Un Autre Monde[10].
