Théâtre du Gymnase Marie-Bell
théâtre dans le 10e arrondissement de Paris
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Le théâtre du Gymnase Marie-Bell est un théâtre parisien comportant 800 places, situé au 38, boulevard de Bonne-Nouvelle dans le 10e arrondissement. Le théâtre dispose de deux autres petites salles : le studio Marie-Bell (90 places) et le Petit-Gymnase (160 places). Le théâtre est inscrit monument historique depuis le [1].
| Lieu |
38, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris Xe, |
|---|---|
| Coordonnées | 48° 52′ 15″ nord, 2° 20′ 56″ est |
| Inauguration | 23 décembre 1820 |
| Capacité | 800 |
| Anciens noms |
Théâtre de Madame (1824-1830) Gymnase-Dramatique (1820-1824/1830-?) |
| Direction | Jean-Marc Dumontet |
Ce site est desservi par la station de métro Bonne-Nouvelle.
Histoire

En 1820, M. Lugan de La Rozerie veut doter Paris d'un théâtre où les comédiens débutants pourraient se produire, d'où le nom donné au théâtre, Gymnase, qui correspond à un lieu où on fait des exercices du corps et de l'esprit. Un « privilège » est accordé pour l'ouverture de cette salle de théâtre mais il impose plusieurs conditions : les jeunes comédiens pourront jouer des pièces du répertoire de la Comédie-Française et de l'Opéra de Paris à condition de les condenser. Les pièces en plusieurs actes devront être réduites à un acte, et celles en un acte ramenées à une scène. M. Lugan de La Rozerie accepte ces conditions. Le Gymnase-Dramatique devait servir de lieu d’entraînement aux élèves du conservatoire. Il confie aux architectes Auguste Rougevin (1794-1878) et Louis-Régnier de Guerchy (1780-1832) la construction du nouveau théâtre.
Situé à l'emplacement des jardins de l'hôtel du baron Louis, et sur une partie du cimetière de la paroisse de Bonne-Nouvelle (fermé avant la Révolution), le théâtre est inauguré le avec les pièces La Visite à la campagne, La Maison en loterie et un prologue d'Eugène Scribe, Le Boulevard Bonne-Nouvelle. M. Lugan de La Rozerie cède son droit d'exploitation à Delestre-Poirson.
Celui-ci fait installer l’éclairage au gaz dès 1823. En 1824, après avoir joué des pièces de théâtre à Dieppe pour la duchesse de Berry, Delestre-Poirson entre dans ses bonnes grâces et obtient que le bâtiment prenne le titre de Théâtre de Madame. Il y fait jouer des pièces de deux actes, puis de trois. Pour sortir des pièces du répertoire, il fait aussi représenter des comédies-bouffes comme La Fée Urgèle de Charles-Simon Favart, Le Trésor supposé ou le Danger d'écouter aux portes de François-Benoît Hoffmann, L'Épreuve villageoise d'André Grétry, et signe un contrat exclusif à Eugène Scribe.

Fermé en pour rénovation après les Trois Glorieuses, le théâtre reprend le nom de Gymnase-Dramatique. Le , le théâtre est à nouveau dans un tel état de délabrement qu'il est fermé pendant une douzaine de jours. 150 places sont sacrifiées pour améliorer le confort.
En 1844, Adolphe Lemoine dit Montigny prend la direction du théâtre, et pour attirer un public plus nombreux, abandonne peu à peu le répertoire de pièces morales et édifiantes pour favoriser le genre sentimental, plus en vogue, avec « situations compromettantes, turpitudes froides, effronteries calculées, sanglots et agonies ». Les dramaturges s’appellent Honoré de Balzac, Émile Augier, George Sand, Edmond About, Victorien Sardou, Octave Feuillet, Alexandre Dumas père et fils.

Le Voyage de monsieur Perrichon d'Eugène Labiche et d'Édouard Martin est créé au théâtre du Gymnase en 1860.Henri Meilhac et Ludovic Halévy produisent leur première pièce au théâtre du Gymnase en 1868 : Fanny Lear. L'année suivant ils donnent Frou-Frou.
Montigny meurt en 1880. Il est remplacé le par Victor Koning[2]. Il fait transformer le théâtre par l'architecte Charles de Lalande. La salle est entièrement redécorée par les peintres Alfred Rubé et Philippe Chaperon pour le rideau de scène, Compan et Plumet pour le plafond de la salle, consacré aux allégories des saisons.
En 1894, Victor Koning cède la place à Albert Carré et Paul Porel. Nommé directeur de l'Opéra-Comique en 1898, Carré se retire de la direction. Alphonse Franck prend la direction du théâtre à l'automne 1899, jusqu'en 1919. Il est bientôt rejoint par Gustave Quinson.
En 1926, le dramaturge Henri Bernstein en devient le directeur et y créé la plupart de ses œuvres les plus célèbres : Samson, La Rafale, La Galerie des glaces, Mélo, Le Bonheur ou encore Le Messager.

Henry Bernstein, qui s'est vu confier la direction du théâtre des Ambassadeurs en 1939, est remplacé par Paule Rolle[N 1]. Le Gymnase voit par la suite la création de nombreuses œuvres de Marcel Pagnol, Marc-Gilbert Sauvajon, Sacha Guitry et Félicien Marceau. En 1946, la pièce de Jean Cocteau Les Parents terribles, créée en 1938 aux Ambassadeurs et interdite par la censure 8 jours plus tard, y est reprise avec Serge Reggiani.
En 1956, Paule Rolle s'associe avec Marie-Rose Belin, ancienne directrice du théâtre Gramont. Le Balcon de Jean Genet y est mise en scène par Peter Brook en 1960. La tragédienne Marie Bell prend la direction en 1962 ; elle interprète notamment une Phèdre particulièrement marquante. Elle dirige le théâtre jusqu’à son décès le .
Jacques Bertin, son administrateur depuis 1975, lui succèdé[3]. Le théâtre est alors rebaptisé théâtre du Gymnase Marie-Bell.
Antoine de Caunes y tourne en 2007 son film Coluche : L'Histoire d'un mec.
En 2010, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont fait partie le Gymnase Marie-Bell, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés[4]. Le théâtre du Gymnase entame également la même année un partenariat avec une nouvelle salle, la Comédie des boulevards.
Le , le théâtre accueille les Bobards d'or[5], un événement complotiste organisé par la fondation Polemia, organisation ayant pour mission de défendre « l’identité ».
La salle est rachetée en 2026 par Jean-Marc Dumontet, également propriétaire du théâtre Antoine, du Théâtre libre, du Point-Virgule, de Bobino et de la salle Gaveau.
Annexes
Bibliographie
- Geneviève Latour, Florence Claval (études réunies par), « Théâtre du Gymnase-Marie Bell », dans Les théâtres de Paris, Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris. Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Association de la régie théâtrale, (ISBN 2-905118-34-2), p. 152-155
- Au théâtre ! La Sortie au spectacle[6], livre dirigé par Pascale Goetschel, Jean-Claude Yon (2014, Éditions de la Sorbonne). Un chapitre aborde les sorties au théâtres de Léon Gambetta et sa maîtresse Léonie Léon, le théâtre du gymnase était un des théâtres de prédilection du couple.
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative à l'architecture :
- Site officiel
