La pratique du théâtre populaire en Savoie est ancienne et remonte au XVIe siècle : si la langue parlée était le franco-provençal, dans sa variante savoyarde[1], celle du théâtre était le français.
Au XIXe siècle, de nombreux auteurs savoyards publient leurs œuvres, majoritairement des récits et des chansons (non destinés à la mise en scène) en franco-provençal. Les premières traces de théâtre en franco-provençal sont relevées juste après la Première guerre mondiale. Au milieu du XXe siècle, alors que la langue recule de plus en plus dans l'usage courant, elle est de plus en plus présente dans le théâtre populaire villageois.
Le développement théâtre en franco-provençal connaît plusieurs moments-clés.
Dans les années 1950, la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), mouvement destiné à améliorer les conditions de vie des jeunes paysans, promeut de nouvelles techniques agricoles et organise des concours culturels et sportifs, encourageant ainsi la pratique du chant et du théâtre en franco-provençal.
La création, dans les années 1970, des MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture) va favoriser cette pratique. Dans les années 1980-1990, les troupes théâtrales se produisent essentiellement devant des "locuteurs passifs" (qui comprennent la langue mais ne la pratiquent pas). Bien que ce modèle soit toujours d'actualité[2], on dénombre une cinquantaine de spectacles théâtraux en franco-provençal chaque année.