Timbre de France d'usage courant
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Les timbres de France d'usage courant ont une durée d'émission généralement assez longue (plusieurs années, voire des décennies), contrairement aux séries spéciales, qui ont une durée de disponibilité dans les bureaux de poste beaucoup plus brève (quelques mois tout au plus).
Cet article présente les timbres de France d'usage courant de 1849 à 1940.

Type « Cérès »


C'est Cérès, divinité romaine de l'agriculture, qui a été choisie pour illustrer le premier timbre-poste d'usage courant en France. Le dessin initial, la gravure et la réalisation du poinçon original sont de Jacques-Jean Barre.
Le type Cérès, dont la dénomination officielle est « République » fut ensuite repris plusieurs fois au cours de l'histoire postale française.
Les premiers timbres-poste ont été émis en deux séries : la première série, émise en 1849, comprend les trois valeurs faciales de 20 centimes noir, 40 centimes orange et 1 franc rouge. La seconde série émise en 1850 comprend les valeurs de 25 centimes bleu, 15 centimes vert et 10 centimes bistre.
Deux valeurs sont particulièrement connues des philatélistes :
- Le vingt centimes noir, qui correspondait au tarif de la lettre, est le premier timbre français, disponible le .
- Le un franc vermillon, plus grosse valeur faciale émise alors, qui connut plusieurs variations de couleurs, servait à affranchir des envois plus importants. Beaucoup plus rare que le précédent, il est très connu des philatélistes pour sa valeur marchande très élevée.
Type « prince-président Louis-Napoléon », dit « Présidence », 1852


Au type Cérès de la Seconde république ont succédé les timbres de type prince-président Louis-Napoléon après l'élection à la présidence de la République de Louis-Napoléon Bonaparte.
Élu par 74 % des suffrages, le , le prince Louis-Napoléon Bonaparte devient le premier président de la République française, pour quatre ans. Après le coup d'État du , Louis-Napoléon Bonaparte est nommé président pour dix ans, ce qui prélude au retour d'un régime personnel et à la restauration de l'Empire.
Une loi du prescrit le remplacement de l'effigie de la République (dite « Cérès ») par l'effigie du président. Ainsi sont émises deux valeurs, conformes à ces nouvelles dispositions, non dentelées et imprimées en typographie :
- en , un timbre de 25 centimes de couleur bleue (ci-contre)
- puis en , un timbre de 10 centimes de couleur bistre.
Dessiné et gravé par Jacques-Jean Barre, le timbre reprend le cadre des Cérès dont l'effigie est remplacée par celle du prince Louis-Napoléon Bonaparte.
La légende en est : « REPUB FRANC » ; le « B » visible sous le cou est l'initiale du graveur.
Ces timbres-poste sont à la disposition du public au moment l'Empire est restauré, après le senatus-consulte du , puis par plébiscite des 21 et .
Second Empire (1852-1871)
Louis-Napoléon Bonaparte, devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III, a figuré sur les séries de timbres d'usage courant de France et de ses colonies de septembre 1852 jusqu'à la chute du Second Empire.
Napoléon III tête nue, dit « Empire »


À partir de septembre 1853 commence l'émission de timbres-poste de même graphisme que ceux de 1852, avec le même profil ou effigie de Louis Napoléon Bonaparte, mais avec les différences suivantes :
- une légende nouvelle : « empire franc », moins d'un an après le sénatus-consulte du créant la dignité impériale,
- la disparition du « B ».
Durant cette période, le est mis en vente le premier timbre dentelé de France : le 1 centime olive sur papier bleu-vert. Pendant ce dernier trimestre 1862 sont émises cinq autres valeurs.
Napoléon III lauré, dit « Empire lauré »



Aussi connue sous l'appellation « Empire lauré », ces timbres ont trois graphismes qui reprennent la même effigie de l'Empereur des français, Napoléon III, en lui ajoutant une couronne de laurier sur la tête, commémorant les succès de la « Campagne d'Italie » et porte la légende complète « empire francais ».
Les « petites » valeurs faciales sont les premières à être mise en circulation, avec le 2 centimes en 1862, puis en 1863, le 3 centimes et en 1870, le 1 centimes. Dessinées et gravées par Désiré-Albert Barre, fils de Jacques-Jean Barre, le profil ne change pas, mais le cadre et le fond sont allégés de leurs motifs d'inspiration grecque antique.
Les valeurs de 10 à 80 centimes conçues ensuite reprennent la mise en page des timbres de la précédente série (voir paragraphe précédent), avec ces mêmes modifications.
Le , un timbre de 5 francs gris est émis pour les lettres lourdes vers l'étranger et les droits d'assurance. En plus des mentions habituelles de la série, il porte la mention « timbre poste ».
Gouvernement de la Défense nationale (1870-1871)
Émission dite du « siège de Paris »

Dès la proclamation de la République le , Anatole Hulot reçoit l'ordre de préparer des timbres à l'effigie de la République (au type « Cérès » de 1849), il réutilise les anciennes planches d'impression de 1849 et 1850 encore utilisables.
L'émission dite du « Siège de Paris » comprend trois valeurs dentelées : 10 centimes bistre, 20 centimes bleu et 40 centimes orange.
Cette période transitoire est marquée pour les Cérès par l'épisode des ballons montés du siège de Paris. Le passage du courrier entre la capitale assiégée et la province fut permis par des ballons gonflés au gaz de ville.
Pour le passage de la Province vers Paris, des lâchés de sphères dans la Seine dans la région de Bray-sur-Seine, Samois, Thomery après regroupement et conditionnement des lettres à Moulins (d'où le nom de « Boules de Moulins ») transportaient les lettres dans des coques étanches. Les plis transportés ainsi sont parmi les plus recherchés des collectionneurs français.
Émission provisoire de Bordeaux

Pendant la Guerre franco-prussienne de 1870, après que les républicains ont aboli le Second Empire, ils doivent faire face à la pénurie de timbres-poste dans le territoire non envahi par les armées prussiennes, celui-ci étant coupé de Paris assiégé où sont les ateliers de fabrication des timbres-poste.
Entre le et le , le Gouvernement de la Défense nationale replié sur Bordeaux, émet des timbres provisoires au type Cérès. Ils sont imprimés en lithographie (au lieu de la typographie).









