Tornade de Sonnac du 16 septembre 2015
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| Pays | |
|---|---|
| Régions affectées | |
| Coordonnées |
| Type | |
|---|---|
| Nombre de tornades |
3[1] |
| Échelle de Fujita |
EF-2 |
| Vent maximal |
175 à 220 km/h |
| Largeur du corridor |
100 mètres |
| Longueur du corridor |
70,5 kilomètres |
| Date de formation |
Mercredi 16 septembre 2015 à 16 h 10 |
| Date de dissipation |
Mercredi 16 septembre 2015 à 7 h 5 |
| Durée |
55 minutes |
| Nombre de morts |
0 |
|---|---|
| Destructions notables |
Habitations, végétation, vignes, poteaux électriques[2] |
La tornade de Sonnac est une tornade d'intensité modérée qui a frappé plusieurs communes de Charente-Maritime le mercredi . L'observatoire français des tornades et orages violents (Keraunos) la classe comme une tornade d'intensité EF2[1], sur l'échelle de Fujita améliorée. Elle a fait d'importants dégâts sur son passage, tels que des habitations en partie détruites. Elle s'inscrit dans une éruption de tornades (épisode de tornades groupées) qui totalise 3 cas pour la journée du , dont la tornade EF1 de Courtenay (Loiret) et la tornade EF1 de Jandun (Ardennes)[1].
Cette tornade aurait parcouru plus de 70 km, soit la deuxième plus longue distance parcourue en France par une tornade, après la tornade EF4 de Saint-Claude le [3],[4]. Elle a pris forme à 16h10 sur la commune de Chaniers, traversé les communes de La Chapelle-des-Pots, Saint-Césaire, Saint-Bris-des-Bois, Villars-les-Bois, Migron, Mons, Prignac, Thors, Matha, Sonnac, Haimps, Massac, Beauvais-sur-Matha, Bazauges, Ranville-Breuillaud, Barbezières, Lupsault, Saint-Fraigne, Ébréon, Souvigné, Courcôme, Raix, La Faye avant de se dissiper à Condac vers 17 h 5. Au total, la tornade a traversé 24 communes de Charente et de Charente-Maritime[5]. Son maximum d'intensité semble avoir été atteint entre les communes de Thors et Sonnac, où les dégâts ont été les plus importants.


La journée du mercredi a vu le placement d'un creusement dépressionnaire de 985 hPa sur le Golfe de Gascogne, induisant un fort flux de Sud-Ouest, à l'avant de cette dépression. Ce creux barométrique se situait au Sud d'un vaste talweg d'altitude, qui a d'ailleurs phagocyté l'ex-tempête tropicale Henri. En altitude, un courant-jet assez fort de Sud-Ouest s'était mis en place, amenant un air tropical et humide. Déjà dans la nuit du 15 au , une succession d'orages parfois forts s'étaient formés près des côtes Atlantiques, avec une instabilité devenant de plus en plus marquée. Ces orages furent bien venteux avec de brèves mais fortes rafales de vent. En matinée, les orages baissèrent un peu en intensité mais l'instabilité était toujours présente. Le ciel à La Rochelle, à l'aurore, était pré-orageux, avec quelques trouées de ciel bleu à l'Ouest et des éclairs lointains à l'Est.
À 13 h, quelques heures avant la formation de la tornade, un nouvel orage était de passage en Charente-Maritime. L'activité électrique était relativement faible. À Bordeaux, en Gironde, le radiosondage indiquait une instabilité modérée, avec une énergie potentielle de convection disponible (EPCD) de 1 006 J/kg, ainsi qu'un indice de soulèvement (LI) de -5 K qui est assez important. Le courant-jet devait atteindre les 250 km/h. L'hélicité relative a été mesuré à 535 m2/s² dans les trois premiers kilomètres d'altitude, et de 208 m2/s2 dans le premier kilomètre, indiquant un risque de tornade. Les températures à 2 mètres étaient élevées à Bordeaux (27 °C), mais contrastées avec celles enregistrées à Blaye (18 °C) par exemple. Ce fort contraste thermique s'explique de la présence d'un front froid très actif entre les deux villes.
Le sondage supra indique les conditions atmosphériques à Bordeaux à 14 h juste avant le passage du front froid[6].
Le radiosondage explique pourquoi une tornade s'était formée juste au sud de la ligne de grains. Un réchauffement supplémentaire de 1 ou 2 K dû à l'insolation aurait fait passer l'indice de soulèvement (LI) de −5 K à −7 K ce qui aggrava considérablement la violence des orages même si le niveau de convection libre variait faiblement et les cumulonimbus restaient d'épaisseur modeste. Le sondage supra indique que le sommet du cumulonimbus était à environ 300 hPa soit 9 000 m. Le cumulonimbus était donc peu épais. La photographie provenant du site Keraunos confirme cet état de fait que le cumulonimbus était peu spectaculaire.
