Torpille Type 91
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Le Torpille de type 91 est la principale torpille aérolarguée de la marine impériale japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette arme très avancée pour l'époque est particulièrement connue pour avoir rendu possible l'attaque de Pearl Harbor.
| Type 91 | |
Réplique exposée | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type | Torpille larguée d'avion |
| Pays d'origine | Japon |
| Date de création | 1931 |
| Caractéristiques | |
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Développement et description

Le développement de cette torpille spécifiquement conçue pour être larguée d'un avion est entrepris à l'arsenal naval de Yokosuka en 1931[1].
Le diamètre de la torpille est de 45 cm, sa longueur est de 547 cm. La première version pèse 784 kg dont une charge explosive de 213 kg. L'explosif utilisé est un mélange de 60% de TNT et 40% d'hexyl, mélange désigné Type 97 par la marine japonaise[2].
La propulsion est à vapeur-gaz, principe utilisé sur la plupart des torpilles depuis la première guerre mondiale. La type 91 possède un réservoir d'air comprimé, et un réservoir de kérosène. Les deux sont mélangés et brûlés dans une chaudière où est également injectée de l'eau de mer. La chaudière produit un mélange de vapeur et de gaz de combustion, qui anime un moteur à huit cylindres, de disposition radiale, qui fournit 210 chevaux et entraine les deux hélices contrarotatives. La torpille croise à environ 41 noeuds[1].
Le principal avantage de cette torpille, qui fait sa supériorité sur celles des autres belligérants au début de la seconde guerre mondiale, est qu'elle peut (dans sa version rev.1) être larguée par un avion volant à 460 km/h et à 300 m. Ces valeurs sont très élevées, en comparaison la Mark 13 américaine est normalement larguée à 210 km/h et 15 m pour survivre à la rentrée dans l'eau. Cela permet aux Japonais d'utiliser des avions bien plus rapides, et donc moins vulnérables, pour mener les attaques[3].
La Rev.1, en 1936, reçoit des stabilisateurs aérodynamiques en bois, qui sont détachés lors de la rentrée dans l'eau. Ils permettent de mieux contrôler la trajectoire de la torpille après la largage.
Seconde guerre mondiale
Les torpilles Type 91 sont très utilisées dès l'engagement du japon dans la seconde guerre mondiale. Celles utilisées à Pearl Harbour sont modifiées pour l'occasion : il faut réduire la profondeur du plongeon initial des torpilles, pour ne pas qu'elles touchent le fond, dans les eaux peu profondes du port[4].
Malgré ses performances, la torpille type 91 se révèle trop peu puissante pour menacer réellement les cuirassés en un seul impact. En effet, deux cuirassés sont touchés par ces torpilles à Pearl Harbour : l'USS Nevada et l'USS California. Dans les deux cas, les dégâts sont relativement mineurs, la protection dont disposent ces navires sous la ligne de flottaison ayant rempli son office. Il s'agit pourtant de cuirassés anciens, dont le blindage est très inférieur à celui des classes plus récentes. Cela incite les Japonais à développer une version spécifique pour cibler les cuirassés, la torpille rev 5 - ogive rev 7, dont la charge explosive est beaucoup plus importante (526 kg)[2].
Trois jours après Pearl Harbour, la marine impériale japonaise inflige une terrible défaite à la Royal Navy, en détruisant les cuirassés Prince Of Wales et Repulse en mer de Chine. Là aussi ce sont les type 91 qui sont le fer de lance de l'opération. Le Repulse a subit l'impact de 17 torpilles[1].
Les avions utilisés pour tirer les type 91 sont principalement :
- Nakajima B5N « Kate », monomoteur opérant depuis les porte-avions (utilisé à Pearl Harbour) spécialisé dans le rôle de bombardier-torpilleur.
- Aichi B7A Ryūsei « Grace » à partir de 1942, autre monomoteur embarqué, plus polyvalent (double rôle bombardier-torpilleur et Bombardier en piqué) à partir de 1942.
- Nakajima B6N Tenzan « Jill », successeur du Kate à la fin de la guerre.
- Mitsubishi G4M, « Betty » bombardier bimoteur basé à terre (dans l'attaque contre les cuirassés britanniques).
- Sous le fuselage d'un « Kate »
- Navires touchés à Pearl Harbour
- Sur le pont du Akagi
Transfert à l'Allemagne
Au début de la seconde guerre mondiale, les torpilles aérolarguées produites en Allemagne ont des performances très limitées. Cela s'explique en partie par le fait que le développement de cette catégorie d'armes a été sérieusement freiné par les rivalités entre la Kriegsmarine et la Luftwaffe. Ainsi, les Allemands achètent des torpilles aérolarguées italiennes, produites à Fiume (ville alors italienne). L'Allemagne négocie aussi avec le Japon le transfert de la technologie de la torpille 91. Le sous-marin I-30 arrive à la base sous-marine de Lorient le 5 août 1942, avec des torpilles type 91 et les plans nécessaires à leur fabrication (en même temps que de nombreux autres équipements, des matériaux stratégiques et deux tonnes d'or). Les plans servent de base à la conception de la torpille allemande LT850[5].