Torture pendant la guerre russo-ukrainienne
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Torture pendant la guerre russo-ukrainienne | |
| Date | 2014- |
|---|---|
| Lieu | Territoire ukrainien temporairement occupé |
| Type | torture, enlèvement, nettoyage ethnique |
| Blessés | 50 000–100 000 (durant les 11 années de conflit)[1] |
| Auteurs | |
| modifier |
|
La torture pendant la guerre russo-ukrainienne (rus. Пытки во время российско-украинской войны, ukr. катування під час російсько-української війни) est une pratique systématique des troupes russes sur les territoires temporairement occupés de l'Ukraine, qui se poursuit depuis 2014, lorsque la Russie a occupé la Crimée et des parties des oblasts de Donetsk et de Louhansk, et qui est devenue particulièrement répandue après l'invasion à grande échelle en février 2022. Elle concerne à la fois les militaires ukrainiens et les civils. Selon les rapports de l'ONU, les forces armées russes et le Service fédéral de sécurité ont créé un réseau de centres de détention informels et officiels, souvent appelés « sous-sols de torture ». Il s'agit de sous-sols de maisons privées, d'écoles, de commissariats de police, de bâtiments administratifs et même d'installations industrielles[2],[3],[4].



Des dizaines de milliers d'Ukrainiens enlevés par les militaires russes ont été détenus sans décision judiciaire dans le but d'intimider, d'extorquer des informations et de réprimer l'identité nationale ukrainienne. Selon les données de l'ombudsman ukrainien pour 2025, entre 16 000 et 20 000 civils se trouvent encore dans de telles conditions sur les territoires occupés de l'Ukraine et dans des centres de détention illégaux en Russie. Ce qui confirme la création d'un système de camps de filtration russes. Il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais d'un système organisé, similaire au Goulag. Après la libération de leurs territoires par l'Ukraine (par exemple dans les oblasts de Kharkiv, Kherson et Kyiv), les enquêteurs ukrainiens ont découvert des dizaines de tels objets ; des traces de sang, des instruments de torture et des corps de victimes ont été trouvés. Ces événements portent les marques d'un génocide [5],[6],[7].



Les premiers lieux de détention illégale sont apparus en 2014 en Crimée occupée et partie orientale de l'Ukraine, et étaient situés uniquement dans les parties occupées des deux oblasts orientales (Donetsk et Louhansk). Les occupants russes transformaient des bâtiments ordinaires en prisons. Selon les données d'Associated Press et de l'ONU, en 2022, seulement dans la ville d'Izioum (oblast de Kharkiv), 10 tels objets ont été découverts, et dans l'oblast de Kharkiv — au moins 28. Dans l'oblast de Kherson, il y avait 26 centres de détention ; onze d'entre eux ont été découverts sur les territoires libérés fin 2022, et quatre étaient utilisés exclusivement pour la torture. Le réseau global couvre des centaines d'objets sur l'ensemble du territoire occupé de l'Ukraine[8],[9],[10].
Méthodes de torture



Selon les témoignages et les rapports de l'ONU :
- Violence physique : Coups de poing, de matraque, de câbles ; fractures, perte de dents.
- Ligature des membres et d'autres parties du corps de manière très serrée, de sorte que le sang stagne et que la personne meure de la pression (ce qui est attesté par les rapports de l'organisation russe de défense des droits de l'homme Gulagu.net)
- Électricité : Courant électrique à travers les oreilles, les organes génitaux, les doigts ; utilisation de câbles, de masques à gaz électrifiés.
- Violence sexuelle : Menaces de viol des proches.
- Asphyxie et simulation d'exécution : Masques à gaz avec des chiffons en feu, noyade, faux fusillades.
- Terreur psychologique : Interdiction de dormir, faim (nourriture minimale), détention avec des cadavres ; menaces contre les enfants ukrainiens.
- Mutilation: enfoncement de clous dans les articulations, congélation dans des réfrigérateurs, positions de stress[11],[12],[13],[14],[15].
Raisons des tortures

Toute personne peut devenir victime de tortures en Russie de la part des forces armées, des structures de force et des services spéciaux, y compris les militaires russes eux-mêmes et les civils (un cas choquant connu est celui des tortures infligées à Artem Kamardine et à sa petite amie pour un poème antimilitariste) [16]. À l'égard de l'ennemi lors d'actions de combat, le côté russe est particulièrement cruel. Les raisons des enlèvements et des tortures sur les territoires occupés par la Russie peuvent être :
- l'appartenance nationale ukrainienne, les opinions (position citoyenne pro-ukrainienne)
- la présence de tatouages avec des symboles ukrainiens
- si une personne est un bénévole ukrainien
- Elle est également infligée en guise de punition pour refus de coopération (par exemple, pour refus d'un passeport russe, pour refus de dénoncer ses voisins ou pour refus de travailler pour les occupants)
- l'activité journalistique
- si la personne est un parent d'un militaire ukrainien,
- si la personne fait partie de la communauté LGBT
- un cas est connu où une personne a été torturée et tuée pour son nom de famille (le cas le plus célèbre est celui d'Ilia Navalny, mort lors du massacre de Boutcha – un parent éloigné d'Alexeï Navalny) [17],[18],[19]. Exemples : à Kherson, Melitopol, Boutcha et Izioum, les forces russes ont établi des listes de personnes à abattre en vue de les cibler [20].
Version officielle russe
Le côté russe nie le caractère systématique des crimes et explique les arrestations et les assassinats comme : « Lutte contre les nazis, les terroristes et les partisans », « Détention de saboteurs, d’espions des Forces armées ukrainiennes », « Protection de la population russophone contre le “régime de Kyiv” ». La propagande du Kremlin qualifie tous les Ukrainiens détenus de « nazis », « terroristes » ou « saboteurs », et les assassinats de « liquidation de menaces ». Aucune enquête indépendante n’a été menée par la fédération de Russie, et l’accès aux observateurs internationaux (ONU, Croix-Rouge) est bloqué.

Le côté russe ignore également la présence d’unités néo-nazies dans l’armée russe, la plus notoire étant le groupe Roussitch dirigée par l’ouvert néo-nazi de Saint-Pétersbourg, Alexeï Miltchakov, qui a souvent été aperçu en train de couper les doigts et les oreilles de civils ukrainiens [21].
Victimes


Les victimes des occupants russes sont principalement des hommes (en raison d'activités « pro-ukrainiennes »), mais aussi des femmes, des adolescents (même âgés de 8 à 12 ans), des journalistes. Exemples concrets : Ville d'Izioum (oblast de Kharkiv, occupation avril–septembre 2022) : Les Russes ont créé 10 centres de torture. Le survivant Mykhaïlo a déclaré : « Tous mes connaissances étaient détenus par les Russes dans des cellules étroites, battus tous les jours ; j'entendais les cris à travers les murs. » Après la fuite des soldats russes, les habitants locaux ont découvert 440 corps dans une fosse commune à proximité. Ville de Balaklia (oblast de Kharkiv) : Sous-sol avec menottes en plastique, traces de sang ; utilisé pour la « filtration » des habitants locaux. Ville de Kherson : Sous-sols dans les écoles et les maisons ; le journaliste ukrainien Roman Baklajov a passé 54 jours en prison et a répondu à la question sur la torture : « Ils torturaient pour opposition ; les cellules étaient partout — dans les sous-sols, dans les écoles. » Les femmes et les mineurs étaient soumis à des viols collectifs par les Russes, qui duraient plusieurs jours. Boutcha (oblast de Kyiv) : Sous-sol d'un camp pour enfants — lieu de passages à tabac et d'exécutions ; corps avec traces de torture dans les jardins. Oblast de Zaporijjia : La journaliste Victoria Rochyna enquêtait sur de tels sous-sols dans une partie de l'oblast de Zaporijjia sous occupation russe ; les Russes l c'ont arrêtée et torturée pour tentative de documentation[22],[23],[24].


De plus, selon diverses sources, les soldats russes violaient souvent des enfants ukrainiens devant leurs familles. La Russie nie cela, bien que des cas soient connus de soldats russes rentrés chez eux et ayant continué à commettre des crimes similaires, cette fois contre leurs compatriotes.Parmi les victimes connues de torture par des soldats russes : Iryna Dovhan, civile de Donetsk ayant protesté contre l'occupation, le soldat ukrainien Ihor Kojoma, torturé alors qu'il tentait de sauver sa famille d'un bombardement russe, un garçon de trois ans de Kherson[25],[26],[27],[28],[29],[30].