Tours de Castillon
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| Tours de Castillon | |||
Vue orientale du site. | |||
| Localisation | |||
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| Pays | |||
| Protection | |||
| Coordonnées | 43° 42′ 18″ nord, 4° 47′ 21″ est | ||
| Altitude | 48 m | ||
| Histoire | |||
| Époque | 200 av. J.-C. – XVe siècle | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône
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Les tours de Castillon sont un site archéologique situé à Paradou (Bouches-du-Rhône) sur la chaîne de la Pène (massif des Alpilles). Le site est habité entre le IIe siècle av. J.-C. et le XVe siècle, avec un maximum de population entre les XIIIe et XIVe siècles. Il est ensuite abandonné par ses habitants au profit d'un nouveau village situé à quelques centaines de mètres plus au nord, aujourd'hui dénommé Paradou.
Des fouilles archéologiques récentes ont permis de reconstituer l'histoire de cet oppidum. Le site peut être visité aujourd'hui. On y observe la présence de trois tours encore debout datant du Moyen Âge et qui marquaient les limites de la ville ancienne. Le rempart a disparu dans sa quasi-totalité. Des fouilles archéologiques menées entre 1986 et 1990 ont révélé l'existence de cet oppidum très détérioré par le temps et les fouilles clandestines[1].
Les vestiges de l'ancien château et du bourg castral de Castillon situé sur les rochers de la Pène font l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques par arrêté du [2],[3].
Antiquité

Le site des tours de Castillon domine durant des siècles une vaste étendue marécageuse, dénommée les marais des Baux et dont il constitue la frontière nord. Son emplacement par rapport à ce marais n'est pas anodin. Il se situe au-dessus d'un point de franchissement des marais, le pont Saint-Jean, sur le chaînon de collines de La Pène, à 41 mètres d'altitude. Profitant de cette position, le site est occupé dès l’Antiquité par une petite agglomération fortifiée, un oppidum[4],[3].
Les premières traces d'occupation semblent remonter au IIe siècle av. J.-C.[1], même si des tessons retrouvés pourraient être plus anciens de deux à trois siècles. L'oppidum n'est fortifié qu'à partir du IIe siècle av. J.-C., période à laquelle il s'entoure d'un mur en brique crue sur un socle de pierres sèches large de 1,50 mètre[5]. Le parement en grand appareil est postérieur à ce premier rempart mais date approximativement de la même période ou au plus tard de la période augustéenne[1]. Contre le rempart, des cases à brique crues sur solin de pierres sont appuyées. Le rempart a beaucoup souffert car ses blocs ont été prélevés au Moyen-Âge pour permettre la construction de divers ouvrages. On considère qu'il devait se trouver deux portes au castrum, au nord et au sud, même s'il n'a pas été possible d'en apporter la preuve à ce jour[6]. Les pierres utilisées viennent probablement des Alpilles. Il s'agit d'un calcaire burdigalien typique des Baux ou du Montpaon[6]. Le premier rempart devait être en briques crues, comme le mur des maisons du castrum, tandis que le second rempart, de moindre qualité, était fait d'adobes.
Il existe des traces d'un incendie qui a probablement détruit le village entre la fin du IIe et le début du Ier siècle. Toujours est-il que, s'il a sans doute été inhabité à ce moment, le site compte à nouveau une certaine population au début de l'époque romaine[1].
Une chaussée antique a été repérée par des vues aériennes mais n'a pas encore été datée, même si on peut sans doute l'estimer d'époque romaine[6].
Moyen-Âge
Constructions, aménagements, puis abandon
À l'origine propriété de l'abbaye de Montmajour, le site des Tours de Castillon devient possession de la seigneurerie des Baux entre le XIe siècle et le XIIe siècle[3],[7]. Elle dote alors le village d’un rempart de 8 mètres de haut marqué par 4 tours d’angle, dont 3 subsistent toujours. Une tour maîtresse juchée au sommet de la colline, aujourd’hui disparue, complète ce dispositif de surveillance. En effet, du fait de sa position, le site permet d'être en communication permanente avec le château des Baux, ainsi que le castrum de Montpaon et le Castellas de Mouriès directement visibles depuis la colline. Les seigneurs des Baux font ainsi du castrum de Castillon un verrou défensif d’importance stratégique, intégré au système défensif de leur domaine, s’étendant de Fontvieille à Mouriès. Il permet la surveillance des hommes et marchandises au sud des Alpilles, et le contrôle des voies de communication entre les marais des Baux et plaine de la Crau[3].

Aux XIIIe et XIVe siècles, un rempart enserre la colline. Les angles sont dans un premier état occupés par des tours carrées renforcées par la suite par des tours curvilignes et des lices en avant[8].
Un petit quartier d'habitation est fouillé entre et . Dans cette zone, l'habitat prend de l'ampleur au XIVe siècle et subit de nombreuses modifications durant son occupation. Des silos, des caves et des citernes sont identifiées. L'abandon est opéré progressivement dans les dernières années du XIVe siècle[9].
La vie au castrum
En , Hugues des Baux « donne, accorde et livre en emphytéose perpétuelle à tous les hommes de Castillon présents et futurs la Palud… afin qu’ils puissent pêcher et couper de la sagne et du pabel ». Cette exonération fiscale assure l’occupation continue de ce site stratégique entre le XIIe et le XVe siècle. L’exploitation du marais participe à une économie active que les habitants ne sont pas prêts d’abandonner. Durant des siècles, la population s’oppose ainsi à l’assèchement des marais, même après l’abandon progressif du site de Castillon au profit du village actuel du Paradou[3].

L’ingénieur hollandais Jan van Ens fait les frais de l’opiniâtreté des habitants du Paradou à défendre leurs droits d’exploitation du marais. Conformément à la politique des rois de France, il entreprend en « à ses dépens, périls et fortunes » les travaux de dessèchement des marais d’Arles et des Baux. Il se heurte à l’hostilité de la population, aux procès à répétition et au sabotage de ses ouvrages. Il meurt en , criblé de dettes et sans que les marais ne soient asséchés. De grands ouvrages d’assèchement gravitaire ne verront finalement le jour qu’à partir de [3].