Toussaint Bordat

From Wikipedia, the free encyclopedia

Toussaint Bordat, né le à Chassenard (Allier)[1] et mort le à Saint-Étienne[2], est un canut (ouvrier tisseur), épicier, libraire, marchand de journaux et militant anarchiste impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 », en 1883, à Lyon[3].

Toussaint Bordat, à peine âgé de 16 ans, est condamné par le tribunal correctionnel de Roanne (Loire) le à deux mois de prison pour vol. Il combat ensuite, comme engagé volontaire, dans le Loiret, à Coulmiers et à Orléans, avec l’armée de la Loire, en [4].

D'abord socialiste, il est élu en 1878 à la commission de propagande du Parti ouvrier socialiste (Fédération de l'Est), dont il est une figure marquante[5] avec Joseph Bernard. Cette fédération de l’Est s’affirme de prime abord abstentionniste et est dominée par les anarchistes[6].

En 1880, il représente les Lyonnais au IVe congrès ouvrier, au Havre qui adopte un programme marxiste[6].

La Fédération socialiste révolutionnaire

En , il est parmi les fondateurs du Parti socialiste révolutionnaire, dénommé également Fédération socialiste révolutionnaire (FSR), de tendance exclusivement libertaire, qui donne la priorité à l’action au sein des syndicats[6],[7] et rassemble les anarchistes de Lyon et des environs. Il devient alors un acteur fondamental du mouvement libertaire local[8]

Le , une poignée d’anarchistes se rend au siège du journal républicain radical Le Réveil lyonnais, qui a calomnié Bordat. S’ensuit une bagarre pour laquelle il est condamné, le , à 50 francs d’amende pour bris de clôture et coups et blessures[6].

Le , il dépose une couronne de fleurs sur la tombe des mineurs de La Ricamarie (Loire), fusillés en 1869. Après une altercation avec le maire de la ville, il est condamné, le , par le tribunal de Saint-Étienne, à un mois de prison pour bris de clôture, outrage à un magistrat municipal, port d’arme prohibée et violation de sépulture[5],[6].

En 1882, il collabore au journal anarchiste lyonnais Le Droit social puis à L'Étendard révolutionnaire qui lui succède.

Il représente la Fédération révolutionnaire lyonnaise à la réunion internationale organisée à Genève, par la Fédération jurassienne, les 13 et . À l'issue de cette réunion, est publié un manifeste niant que le suffrage universel puisse renverser les institutions, recommandant la séparation totale d’avec tout parti politique et adoptant le communisme libertaire comme but final. Le manifeste désigne comme ennemis « tous ceux qui se sont emparés d’un pouvoir quelconque ou veulent s’en emparer : propriétaire, patron, État, magistrat, prêtre »[6].

Partisan de l'action directe, il justifie, par l'écrit et la parole, les actions de La Bande noire de Montceau-les-Mines contre les édifices religieux[5].

Il est alors l'un des militants les plus en vue du mouvement libertaire lyonnais[9].

Le procès des 66

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI