Toussaint Gallet

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Naissance
Décès
(à 64 ans)
Grenoble
Nom de naissance
Toussaint Joseph Dominique Gallet
Nationalité
Française
Toussaint Gallet
Docteur Toussaint Gallet.
Fonctions
Médecin, Résistant, Editeur revues médicales
Biographie
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Grenoble
Nom de naissance
Toussaint Joseph Dominique Gallet
Nationalité
Française
Activité
Médecin, résistant, éditeur
Autres informations
Lieu de détention
Fresnes, Buchenwald (1943 /1945)
Distinction
Plaque en hommage à Toussaint Gallet, 33 rue Poussin (Paris).

Toussaint Gallet (né en 1905 à Paris – décédé en 1970 à Grenoble) est un médecin, résistant et éditeur français.

Membre de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, il renseigne le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) dès janvier 1943 avant d’être arrêté en mai 1944 et déporté au camp de concentration de Buchenwald le 15 août 1944. À son retour le 18 avril 1945[1], il est nommé médecin-chef du centre d’accueil des déportés le 20 avril 1945 à l’hôtel Lutetia[2]. Pionnier de la médecine sportive, il fonde plusieurs revues médicales et sera précurseur de la lutte contre le dopage dans le sport.

Famille

Ses parents sont Émile Gallet, né à Paris d’une famille originaire de Lorraine, et Marie‑Thérèse Lorenzi, née à Corte (Corse) ; ils exercent la profession d’instituteur à Paris. En 1946, Toussaint Gallet épouse Thérèse Raquin, originaire de Parigny (Loire).

Études et activités avant la guerre

Toussaint Gallet obtient son doctorat en médecine (1934), juste avant le Front populaire, avec une thèse sur : L’Assistance publique à l’hôpital, ce qu'elle est, ce qu'elle devrait être[3]. D'après la presse de l'époque, cette thèse anticipait les injustices perçues par la population concernant les remboursements de santé en regard des charges d'hospitalisation[4]. Il occupe ensuite plusieurs postes : assistant de physiologie à la faculté de médecine de Paris, assistant de consultation à l’hôpital Lariboisière, médecin‑accoucheur à l’hôpital Foch de Suresnes et médecin‑gynécologue à la clinique du Belvédère de Boulogne‑Billancourt.

Toussaint Gallet est, avant la guerre, un grand sportif : escrimeur émérite, après plusieurs victoires en championnats interscolaires et une sélection en championnat de France scolaire d'épée en 1922[5] , il bat en 1923 le Champion de France d'épée au Tournoi International de Vichy[6] ; il pratique également le football (premières équipes du stade français et Red Star) tout en participant comme membre de l'Automobile Club, à des rallyes automobiles[7]. Il soutiendra après la guerre, parallèlement à sa carrière d'éditeur de publications dans le domaine médical, la promotion du sport comme médecin Inspecteur de l’Éducation Nationale à Paris le 26 août 1949[8].

Seconde Guerre mondiale

Campagne de France (1939-1940)

Toussaint Gallet est cité à l’Ordre du Régiment le 18 juin 1940 et reçoit la Croix de guerre le 8 avril 1941[9] pour son action comme médecin lieutenant au 13e Régiment d’Artillerie Divisionnaire au cours de l’attaque rapprochée de son groupe, le 17 juin 1940[10] en Forêt d’Orléans (où il avait secouru les blessés sous le feu).

Engagement dans la Résistance et déportation (1942-1945)

Il rejoindra la France Libre officiellement le comme Agent P2 du réseau Béarn (Toussaint matricule R.U.A. 401)[11], collectant pour le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) avec le groupe qu'il dirige, des renseignements sur Paris, et, en liaison avec les réseaux de Normandie, sur la région havraise.

Toussaint Gallet, fiche FFC.

Les pivots du groupe de renseignement havrais étaient Roger Mayer (matricule R.U.A. 402)[12]et son épouse Juliette (matricule R.U.A. 410). Roger Mayer qui fonda, dans la clandestinité, le journal L'Heure H[13].

Toussaint Gallet, camp de Buchenwald, 1944.

À partir du 17 mars 1944, Toussaint Gallet est traqué par la Gestapo[14]. Arrêté par le Sicherheitsdienst (sécurité SS) le 23 mai 1944, il est torturé rue des Saussaies à Paris[15]. Aucun membre de son réseau ne sera inquiété suite à son arrestation. Interné au secret à Fresnes (Nacht und Nebel), il est déporté à Buchenwald par le dernier train (Quai aux bestiaux de Pantin) le 15 août 1944, sous le matricule 77 946[16].

Médecin-Chef du Lutetia en avril 1945

Expo Lutetia AFMD / MJ-B.

Rapatrié par avion le 18 avril 1945[1] avec une cinquantaine de personnalités de la Résistance, le docteur Toussaint Gallet est nommé, deux jours plus tard, médecin-chef du Centre d’accueil et de contrôle des déportés à l’hôtel Lutetia[17]. Ce lieu, réquisitionné par le Général De Gaulle sur recommandation d'André Weil[18], devient le point de regroupement des survivants des camps nazis, avec près de 17 000 personnes accueillies.

Selon plusieurs témoins[19] et acteurs[20],[21] de ces évènements, les missions confiées au Dr Gallet au Lutetia incluaient à la fois l’accueil médical des déportés et la vérification de leur identité, afin d’éviter que d’anciens nazis ne se mêlent aux rapatriés des camps. D'après Henri Georges Ulver, le Gouvernement provisoire s’appuyait sur des personnalités reconnues pour assurer la gestion de ce premier lieu d’accueil. Au printemps 1945, l’hôtel Lutetia devient un lieu de retrouvailles pour les rescapés et leurs familles[22]. Pierre Assouline précise la responsabilité du Dr Toussaint Gallet dans son ouvrage Lutetia[23] , de même que Gwen Strauss dans son livre The Nine[24].

Activités professionnelles après 1945

Toussaint Gallet fonde en 1947 la Société de Diffusion Médicale et Scientifique (SDMS) pour éditer les revues médicales qu’il crée : Santé publique[25] ; Médecine physique et des sports[26] ; Revue de Gérontologie d’expression française[27]. La SDMS publiera également plusieurs ouvrages, notamment Pathologie de la misère Charles Richet (fils) 1957[28], ou Paris souterrain (1959).

Promu en 1954 Médecin Inspecteur principal de la Jeunesse et des Sports[29], il fait reconnaître par l’Ordre national des médecins comme une “compétence“ la médecine du sport[30]. Il développe également les premiers plans de lutte contre le dopage[30] en relation scientifique avec les Laboratoires Roger Bellon[31], avant la création de l’AFLD.

Il exerce, également sur cette période; comme médecin du travail de la BRED, de la Faculté des Sciences de Paris et sera nommé Expert auprès des Tribunaux pour la médecine sportive et Délégué cantonal du Préfet de Seine-et-Oise pour la surveillance des écoles publiques et privées[22].

Dernières années

Après son camarade déporté le Docteur Antonin Mans[19], le Docteur Toussaint Gallet préside la Commission spéciale nationale des Déportés et Internés de la Résistance, au Ministère des Anciens Combattants, en poursuivant sa carrière d'éditeur jusqu’à son décès le 6 janvier 1970[30].

Plusieurs témoignages de compagnons de déportation[32], comme ceux de Frédéric-Henri Manhès[20] ou du Médecin-Général Henri Parlanges[21], soulignent son activité novatrice vers la médecine sportive et son rôle médical auprès des déportés qui lui valurent respectivement Médaille de l’Éducation physique et des Sports (Argent) et la médaille d'argent des Epidémies.

La mention « Mort pour la France » a été attribuée, à titre militaire, à Toussaint Gallet en 1970[33].

Distinctions

Dr Toussaint Gallet (2e sur la droite). Cour des Invalides. 2 avril 1946. Remise de décorations de la Résistance

Bibliographie

  • François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, , 842 p. (ISBN 978-2-221-09997-1)
  • Jean-Christophe Notin, 1061 Compagnons, Perrin, , 308 p. (ISBN 2-262-01606-2)
  • Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, , 300 p. (ISBN 978-2-35639-033-2)
  • Gwen Strauss, The Nine, St. Martin’s Press, , 145–146 p. (ISBN 978-1-250-23929-7)
  • Pierre Assouline, Lutetia, Gallimard, coll. « Folio », , 373 p. (ISBN 978-2-07-032097-4)
  • Marie‑Jo Bonnet et al., Lutetia 1945 – Le Centre d’accueil et de contrôle des déportés, Chryséis Éditions, , 10–25, 95–116 (ISBN 979-10-91609-56-2)
  • Guillaume Pollack, L'Armée du silence, Tallandier, , 244–245 p. (ISBN 979-1021049413)
  • Frédéric-Henri Manhès, Buchenwald, FNDIRP,
  • Charles Richet et Antonin Mans, Pathologie de la déportation, Ministère de la défense,
  • Charles Richet (fils), Pathologie de la misère, SDMS,
  • Olga Wormser-Migot, Le système concentrationnaire nazi (1933-1945)
  • Dr. Huet, « Revue Française de Gérontologie », Tome XV, n°6,
  • Prof. Agr. Grasset, « Le Médecin de Réserve », n°2, mars avril 1970
  • Dr Encausse, « Médecine du Sport », n°1,

Témoignages

Notes et références

Liens externes

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