Trésor de l'Oxus
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Le trésor de l'Oxus est un ensemble de 170 objets en or ou en argent découverts à la fin du XIXe siècle en Afghanistan et conservés désormais au British Museum. Ce trésor est le plus remarquable ensemble d'époque achéménide conservé.
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Historique
Vers 1877-1880, des paysans vendent des objets en or et en argent à une caravane de marchands attaqués près de Kaboul. Ces objets, vendus dans un bazar, sont achetés par de riches voyageurs anglais qui les offrent au British Museum[1]. L'endroit précis de la découverte des objets demeure inconnu[2]. Il pourrait provenir d'une colline nommé Taht i-Kobad (le « trône de Kobad »). L'origine la plus probable pour le trésor est qu'il appartenait à un temple, où les ex-votos furent déposés au cours d'une longue période. Il est probable que beaucoup d'autres objets ont été fondus pour en récupérer le métal précieux. Les rapports indiquent que le trésor comportait environ 1 500 pièces de monnaie et des objets en métal qui n'ont pas été conservés.
Le British Museum expose désormais dans sa salle 52 presque tous les objets préservés, avec en particulier une paire de bracelets à tête de griffon prêtés par le Victoria and Albert Museum. Les objets sont entrés dans les collections du musée par des parcours différents, beaucoup d'articles ont été légués par Augustus Wollaston Affranchit. Les pièces de monnaie, plus difficiles à relier au trésor, sont plus dispersées. Une partie d'entre elles sont conservées au Musée de l'Ermitage et d'autres dans diverses collections.
Description
Comte tenu que l'on ignore les circonstances et le lieu de leur découverte, les objets composant le trésor posent de gros problèmes de datation et d'interprétation. Le trésor pourrait correspondre au butin amassé par un compagnon de route des campagnes d'Alexandre le Grand ou au pillage d'un temple[2]. Selon Roman Ghirshman, le trésor pourrait provenir du pillage du grand sanctuaire bactrien dédié à la déesse Anahita[3].
L'ensemble comprend des bracelets, des torques, des armes, des statuettes, des plaques de dimensions variées[3] et environ 200 pièces de monnaie de l'époque achéménide. Les objets de métal sont datés d'entre le VIIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle av. J.-C., mais les pièces de monnaie couvrent une période plus grande, certaines pièces connues, qu'on pense avoir appartenu au trésor, datent d'environ 200 av. J.-C.
Les éléments du trésor constituent selon Litvinskij « un des plus grands chefs-d'œuvre de l'art de l'antiquité » avec des éléments achéménides, bactriens, et des influences scythes et hellénistiques[1]. Le trésor est l'ensemble unique le plus important de la production achéménide à partir de métal précieux qui nous soit parvenu, mais certaines pièces sont antérieures à la conquête achéménide[3]. Les objets sont de qualité diverse, avec à la fois de nombreuses plaques votives en or assez grossièrement réalisées peut-être par les donateurs eux-mêmes mais aussi d'autres objets de grande qualité sans doute réalisés à l'attention de la cour ou de l'entourage de celle-ci.
Les bracelets à tête de griffon sont d'un style achéménide en vogue à la cour achéménide au Ve siècle av. J.-C. ou au IVe siècle av. J.-C. On peut voir des bracelets d'une forme semblable à ceux du trésor sur des reliefs de Persépolis où ils sont présentés comme des tributs. Xénophon écrit que les brassards entre autres objets étaient des cadeaux en vogue à la cour perse. Le verre, l'émail ou les incrustations en pierres semi-précieuses insérés dans les espaces creux des bracelets ont été perdus.
Les plaques en or les plus somptueuses sont ornées de personnages qui portent un barsom, une longue lance ou un vase. Plusieurs figures humaines sont représentées coiffées de la tiare médique visible sur les reliefs de Persépolis[3]. Les figures sont gravées au burin, plusieurs têtes sont en relief, l'une a été travaillé au repoussé. L'un des pièces les plus spectaculaires est un petit char à banc en or, tiré par quatre chevaux où ont pris place deux hommes, des Iraniens reconnaissables à leur costume. L'ensemble évoque le char retrouvé à Pazyrik mais dans un style classique achéménide. Une autre pièce représente des cavaliers armés de lances et d'arcs chassant des lions, l'ensemble constituant une étonnante symbiose des arts mèdes, scythes, assyriens, ourartéens et grecs[3].
John Boardman considère le fourreau d'or décoré de figures minuscules montrant une chasse au lion, comme une œuvre pré-achéménide mède datable d'environ 600 av. J.-C., dans un style assyrien, ce que réfutent d'autres spécialistes. Le British Museum continue jusqu'à présent de dater les objets des Ve et IVe siècles av. J.-C.