Il s'agit d'un tableau prétendant à la dénonciation sociale[5]. Celui-ci représente un groupe de femmes habillées en paysannes avec des mantilles et des foulards sur leurs têtes. Elles semblent assoupies, à exception de la plus vieille, vêtue de noir, qui les accompagne éveillée et vigilante. Les bancs et la pièce décrivent un compartiment de train[6]. La femme âgée surveille les jeunes filles : c'est la maquerelle.
L'espace étroit où se déroule la scène, un wagon de troisième classe « claustrophobique »[7] symbolise l'emprisonnement, l'impossibilité de fuir son destin[8]. L'allusion, délicate et voilée, à la prostitution et de l'exploitation sexuelle des jeunes filles[9] provient sans doute de la grande piété du peintre[8].
Pourtant primée au Salon de Paris en 1897, l'œuvre a fait l'objet de nombreuses critiques[10]. Certains catholiques contemporains de l'auteur l'ont commentée négativement, arguant que le peintre était si bon qu'il aurait « taché son beau et brillant pinceau avec la suie des lupanars »[8]. Pour ces critiques, ce tableau et les autres traitant ce thème forment une tache indélébile dans l’œuvre du peintre[8].
Outre le naturalisme[11], les commentateurs soulignent dans l'œuvre de Sorolla l'influence de Vélasquez[7].