Traité contre les donatistes
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Le traité contre les donatistes a été écrit par Optat de Milève (vers 364-367).
Depuis le début du IVe, il existait en Afrique romaine deux églises chrétiennes rivales. Peu après la persécution de Dioclétien, des évêques numides avaient provoqué un schisme à Carthage et s'étaient séparés de l'Église catholique, dont ils accusaient certains membres d'avoir remis les livres des Écritures aux persécuteurs (traditores (en)). Aux catholiques, devenus le "parti des traditeurs", s'opposaient les schismatiques, ou "parti de Donat".
Le Traité contre les donatistes, rédigé vers 364-367 par Optat, évêque catholique de Milève (aujourd'hui Mila, Algérie), est une réponse à l'ouvrage de Parménien, évêque donatiste de Carthage, à une époque où les donatistes se montrent particulièrement combatifs. Ce texte capital éclaire non seulement l'histoire de l'Afrique du Nord romaine, mais aussi celle des doctrines chrétiennes. L’alternance des thèmes traités révèle toute la richesse d'une œuvre dans laquelle l'auteur, se faisant tour à tour historien et théologien, élabore une doctrine catholique des sacrements et de l'Église, qui annonce l'essentiel de la théologie augustinienne en ce domaine. Dans sa lutte contre les donatistes toujours actifs de son temps, Augustin d'Hippone poursuit l'œuvre d'Optat.
La première traduction française du Traité d'Optat de Milève a été publiée en 1995 dans la collection des Sources chrétiennes. Le dernier éditeur (Ziwsa) n'avait pu disposer de l'un des manuscrits importants de l'œuvre. Le texte latin de l'édition de Sources chrétiennes a donc été renouvelé par rapport aux éditions antérieures et le problème soulevé par les ajouts du livre VII en a été éclairé.
Composition

- Le premier livre commence par une profession de foi touchant le mystère de l'Incarnation, semblable a peu près à celle du symbole des apôtres. L'argumentation montre que les chefs des donatistes ont livré les saintes Écritures aux persécuteurs, et qu'ils sont donc les premiers à avoir rompu avec l'Église catholique (voir christianisme primitif). Remontant jusqu'au concile de Cirta, tenu le , il fait retomber sur les donatistes la honte d'avoir eu pour premiers chefs des évêques qui s'étaient tous reconnus coupables et qui étaient morts sans avoir donné aucune marque de repentir. Il raconte ensuite comment s'est formé ce déplorable schisme, et déclare que le schisme est un crime plus grand que le parricide et l'idolâtrie. Les donatistes reprochaient aux catholiques de s'être adressés aux puissances temporelles pour des affaires de religion : saint Optât leur démontre que ce sont eux-mêmes qui y ont eu recours les premiers, en s'adressant à l'empereur Constantin.
- Le second livre établit que l'Église catholique est une, qu'elle n'est point chez les hérétiques, ni chez les schismatiques, ni renfermée dans une partie de l'Afrique, comme le prétendaient les donatistes.
- Le troisième livre vise à montrer que les violences commises pour l'unité ne sont pas imputables aux catholiques.
- Le quatrième livre est une réfutation de ce que Parménien avait dit de l'huile et des sacrifices du pécheur (entendant sous ce dernier nom les catholiques), dont il voulait qu'on évite les sacrifices.
- Le cinquième livre traite du baptême que les donatistes réitéraient.
- Le sixième livre expose la folie des partisans de Donat, qui brisaient et renversaient les autels, sur lesquels ils avaient eux-mêmes auparavant offert des sacrifices.
- Le septième livre répond aux nouvelles objections des donatistes, et lance un nouvel appel à l'unité de l'Église.
(source manquante : à compléter)
Jugement
Tous les commentateurs anciens accordent à Optat un style énergique : « Quoique dur et obscur en certains endroits, le style de saint Optat a du feu, de l'énergie, de l'agrément. Il donne quelquefois aux passages de l'Écriture un sens peu naturel et purement allégorique. (Source???)
L'Encyclopédie catholique de 1913 (art. Inquisition) accuse Optat de Milève d'avoir été le premier théologien chrétien à justifier l'application de la peine de mort aux hérétiques. En effet, il écrit (De schismate donatistarum, III, 6-7): "Comme s'il n'était pas permis de se présenter en vengeurs de Dieu et de prononcer une sentence de mort! Mais, dites-vous, l'État ne peut pas punir au nom de Dieu. Pourtant n'était-ce pas au nom de Dieu que Moïse et Phinées condamnèrent à mort les adorateurs du veau d'or et ceux qui méprisaient la vraie religion?" L'auteur de l'article commente: "C'était la première fois qu'un évêque catholique se faisait le champion d'une coopération décisive de l'État sur des questions religieuses, et de son droit d'infliger la mort aux hérétiques. Pour la première fois aussi, on en appelait à l'Ancien Testament, alors que de telles références avaient été auparavant rejetées par des théologiens chrétiens".

