Le traité eut un résultat très différent de ce que prévoyait Bohdan Khmelnytsky : à l'origine destiné à lui assurer l'appui militaire tactique de la puissance russe, il aboutit dans les faits à la séparation entre l'Ukraine orientale et la Pologne-Lituanie (prolongement du traité de Pereïaslav par la trêve d'Androussovo-1667 et le traité de Paix éternelle-1686 ; pour l'Ukraine de la rive droite du Dniepr
(occidentale), l'Ukraine ottomane et la Podolie, l'annexion par la Russie date du second partage de la Pologne en 1793), au rattachement de l'hetmanat zaporogue à la puissance russe, et au renforcement de l'orthodoxie dans cette région.
À la colonisation polonaise et la polonisation des classes supérieures fait suite une russification de la société ukrainienne, qui culmina dans l'Oukase d'Ems (1876) qui interdit l'impression de livres en langue ukrainienne. D'autre part, il signe le déclin de la Zaporoguie et le retour du servage sur le territoire ukrainien[1].
Pour l'Empire russe, le rattachement de l'Ukraine marquait le renforcement de sa puissance et justifiait son appellation d'Empire et la mention d' « empereur de tous les Rus' », dans la titulature de l'empereur.
Ce traité est fêté par les Ukrainiens prorusses comme l'union des peuples slaves russes, ukrainiens et biélorusses. Pour les patriotes et nationalistes ukrainiens, il marque le début du joug russe sur l'Ukraine.
En 1954, à l'occasion du tricentenaire du traité, Nikita Khrouchtchev transféra la Crimée de la RSFS de Russie à la RSS d'Ukraine, au sein de l'Union soviétique[2]. En 1991, la RSS d'Ukraine proclamera son indépendance y incluant la Crimée, frontière que la fédération de Russie reconnaîtra tout d'abord (Mémorandum de Budapest - 1994 - où la fédération de Russie s'engage à respecter l'autorité de l'Ukraine dans ses frontières d'alors) puis contestera, ce qui conduira à la décision de Vladimir Poutine de rattacher la Crimée à la Russie en 2014, annulant ainsi le geste de Khrouchtchev. A noter qu'avant 1945, la Crimée était une république autonome de la fédération de Russie (dont la république de Russie elle-même est un des membres, comme d'autres républiques - Tchétchénie, etc -, statut supprimé par Staline en 1945, en même temps que la déportation de sa population tatare remplacée par des colons russes : Staline intégrera alors directement la Crimée à la république de Russie).