Trajan le Patricien
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Très peu de choses sont connues de ce personnage, qui n’est directement mentionné que dans une seule source, au travers d’une brève notice dans la Souda, une encyclopédie byzantine du Xe siècle. Il aurait vécu aux environs de l’année 700, notamment sous le règne de l’empereur Justinien II, est décrit comme très pieux et sa chronique historique est qualifiée d’admirable. Son nom indique qu'il aurait détenu la dignité de patrice[1]. Théophane le Confesseur cite une fois Trajan le Patricien dans son texte, à propos de la bataille d'Andrinople, en 378. De ce fait, Carl de Boor, qui a longtemps été l'éditeur de référence de la Chronographie de Théophane, considère qu'il parle en fait du général Trajan, actif au IVe siècle et dont il est parfois dit qu'il aurait écrit une chronique historique. Toutefois, les historiens plus récents comme Warren Treadgold sont assez dubitatifs à ce sujet et estiment que Théophane parle bien de l'œuvre de Trajan le Patricien[2]. Au regard des extraits des chroniques qui se baseraient sur le texte de Trajan, un historien comme Marek Jankowiak estime qu'il s'agit vraisemblablement d'un membre de l'aristocratie militaire, connaisseur de la cour et qui écrit sur la base d'événements qu'il a pu vivre d'assez près[3].
Il est difficile de dater précisément sa chronique mais elle semble couvrir la période allant de la moitié du VIIe siècle jusqu’à la fin des années 710. Elle a disparu mais semble avoir servi de base aux chroniques de Théophane le Confesseur et de Nicéphore Ier de Constantinople, deux chroniqueurs du début du IXe siècle. Surtout, ces derniers sont les seuls à couvrir plusieurs décennies d’histoire byzantine, les chroniqueurs ultérieurs se basant sur leurs écrits pour cette même période. En effet, l’intervalle entre la fin du règne d’Héraclius et le milieu du IXe siècle est souvent considérée comme la période la plus obscure de l’histoire byzantine, ce qui rend la chronique de Trajan le Patricien d’autant plus précieuse. Théophane le Confesseur se serait appuyé tant sur les travaux de Trajan que sur ceux d’un autre auteur, Théophile d'Édesse mais sa chronique reste assez lacunaire pour l’essentiel de la période allant de 650 à 720. Dans leur traduction de la chronique de Théophane, Cyril Mango et Roger Scott s'appuient sur ces lacunes pour estimer que le récit de Trajan est probablement d'une faible densité narrative et ne commence véritablement au mieux qu'en l'année 668 voire plus tard. En effet, le Breviarium de Nicéphore de Constantinople est presque muet sur le règne de Constant II et Théophane est assez confus sur le règne de Constantin IV[4].
Sur la base des écrits de Théophane le Confesseur, les historiens modernes estiment le plus souvent que Trajan le Patricien se montre hostile à Justinien II mais qu’il est favorable à son père, Constantin IV. Par ailleurs, l'importance accordée à sa piété, soulignée par la Souda, est à rattacher à son rejet du monothélisme, une doctrine considérée comme hérétique à l'occasion du troisième concile de Constantinople convoqué par Constantin IV. Son rejet transparaît d'ailleurs des écrits de Théophane le Confesseur et de Nicéphore de Constantinople, peu favorables par exemple à Philippicos, empereur qui tente de rétablir cette doctrine[5].